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Ils ont ouvert leurs portes aux sinistrés de la Gironde

“Une solidarité exceptionnelle” : ils ouvrent leurs portes aux sinistrés

Face aux incendies en Gironde, la solidarité brûle plus fort que les flammes. Alors que la région est en proie aux flammes depuis le 22 juillet, une autre réalité s’impose sur le terrain : celle des portes qui s'ouvrent aux sinistrés, de canapés improvisés en lits, de repas partagés entre voisins, amis, famille et parfois même de parfaits inconnus, devenus hôtes le temps de quelques jours. 

5 min de lecture

Source: S.

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En Gironde, dans les communes encerclées par les flammes, les habitants n'ont souvent eu que quelques minutes pour préparer une valise, attraper leurs animaux, réveiller leurs enfants et partir. Derrière les colonnes de fumée et les images spectaculaires des incendies qui ravagent la région depuis le 22 juillet, une autre histoire s'écrit pourtant, plus discrète mais tout aussi marquante : celle d'une solidarité spontanée qui se propage plus vite que le feu, de maison en maison, de commune en commune, jusque bien au-delà du département.

Sur les réseaux sociaux, les groupes d'entraide se remplissent à une vitesse folle. "Chambre disponible", "Nous pouvons accueillir une famille", "J'ai de la place pour accueillir des animaux"… Les publications se multiplient, les commentaires aussi. Des inconnus proposent spontanément un toit, un repas, des vêtements ou simplement une oreille attentive. Une vague de générosité qui rappelle que, face à l'urgence, la solidarité prend souvent le dessus.

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Un élan de fraternité face aux flammes…

"Le Bassin d'Arcachon est un territoire de solidarité", résume Patricia, 52 ans. Originaire de la région parisienne, elle vit depuis cinq ans à Andernos-les-Bains. Lorsque les premières évacuations tombent à Arès, la commune voisine de la sienne, elle n’hésite pas à ouvrir ses portes à ses amis. "Vendredi 24 juillet, ils ont eu l'ordre d’évacuer. Je suis immédiatement venue aider à déménager", se souvient-elle. Mais la situation prend une tout autre tournure lorsque, au milieu de la nuit du samedi soir, c'est à son tour d’être évacuée. Avec ses deux enfants, âgés de 10 et 11 ans, dont un en situation de handicap, accompagnée de ses amis et de leurs quatre chats, impossible de rejoindre un gymnase. C'est alors que les réseaux sociaux font leur œuvre. "Je suis membre depuis longtemps de HomeExchange, une communauté d'échange de maisons. J’ai donc rapidement publié un message sur Facebook pour demander de l’aide", raconte encore la sinistrée. En quelques minutes, une femme rencontrée lors d'un échange de maison au Barp en août dernier lui répond. "Elle nous a rappelés tout de suite pour nous dire de venir", se souvient Patricia. Mais à peine installée, une nouvelle alerte d'évacuation la contraint à reprendre la route. Cette fois-ci, direction Villeneuve-sur-Lot. Là encore, une nouvelle chaîne de solidarité se met en place : "Un gîte de France nous accueille gratuitement. On nous apporte des vivres. Comme il fait très chaud, on nous a même proposé un climatiseur et un ventilateur. Il y a une solidarité exceptionnelle qui se propage. C'est fantastique !". Cette fois, à l’abri des incendies, elle peut enfin se reposer mais reste néanmoins en alerte quant à l'évolution de la situation. 

À La Lande-de-Fronsac, à une trentaine de minutes de Bordeaux, Séverine, 35 ans, voit elle aussi défiler les appels à l'aide sur les réseaux sociaux et dans les groupes WhatsApp depuis plusieurs jours. "Nous avons accueilli un couple d’amis d'Arès, partis se réfugier d’abord à Bordeaux car la femme est enceinte et l’air dans la ville est difficilement respirable", raconte-t-elle. En même temps, l’alerte tombe aussi pour ses parents qui habitent à Cestas. "Ils ont dû partir de chez eux dans la nuit du samedi au dimanche après avoir préparé quelques valises", raconte encore Séverine qui précise que "tout le monde autour d’elle cherche à aider les autres comme il peut". "C’est tout à fait naturel", assure la jeune femme.

Une mobilisation qui rayonne bien au-delà de la Gironde 

Une chaîne de solidarité ne s'arrête d'ailleurs pas aux frontières de la Gironde. Dans les départements voisins aussi, des habitants ont ouvert leur porte à des sinistrés ou à des vacanciers pris de court par les évacuations. En Dordogne, Gilles, 65 ans, en a fait l'expérience. Quelques jours avant les incendies, il recevait avec son épouse une famille de touristes suisses chez lui, à Audrix. "Ils devaient poursuivre leur chemin vers Cestas mais la commune était en cours d’évacuation. Tous leurs plans tombaient à l’eau, ils avaient deux filles en bas âge et ne savaient que faire", se souvient-il. Avec son épouse, il prend la décision de rester encore quelques jours, sans aucuns frais, le temps de trouver une autre solution. "C'était la moindre des choses. On n'allait quand même pas leur dire d'aller à l'hôtel. Si cela nous était arrivé, nous aurions espéré que quelqu'un fasse la même chose pour nous", raconte-t-il. Finalement, la famille trouvera un autre hébergement en Corrèze, près de Brive, loin du littoral qu'elle était venue découvrir.

Si les flammes continuent de détruire des hectares de forêt, de bouleverser des milliers de vies et de contraindre des familles entières à partir sans savoir quand elles pourront rentrer, elles révèlent aussi quelque chose de plus difficile à mesurer : une formidable capacité à tendre la main à son prochain. Une conviction que rappelle aussi l'Église : en se mettant au service des plus fragiles, c'est toute la société qui grandit.