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La joie entraînante de l’Assomption

5 min de lecture
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Crédit : Shutterstock I Adam Jan Figel

Vice-recteur du sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, don Jean-Xavier Salefran commente les lectures de la solennité de l’Assomption de la bienheureuse Vierge Marie. L’Assomption nous révèle que notre existence a un but qui donne une orientation à toute notre vie.

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L’élan joyeux de la Vierge Marie donne le ton de la solennité de ce jour de l’Assomption : "En ce jour-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée" (Lc 1, 39). Ces quelques mots de l’évangile présentent une synthèse du parcours terrestre de la Vierge. Portant en son sein le Sauveur du monde, elle inaugure un pèlerinage qui la conduira de hauteur en hauteur jusque dans "le sanctuaire de Dieu qui est dans le ciel" (Ap 11, 19a). 

Un avant-goût de la Résurrection

Beaucoup de saints ont contemplé la course de la jeune femme enceinte. Saint Ambroise y discerne l’effet de la grâce. Il y voit "l’allégresse du désir" et "l’empressement de la joie". D’où vient cette joie entraînante ? Si l’on se réfère à l’original grec de l’évangile on pourrait traduire ainsi : "Marie se leva et se rendit en hâte…" Le verbe anastasa est celui de la résurrection. C’est déjà la Vie divine qui anime le cœur de Marie. En elle, l’humanité connaît déjà un avant-goût de la résurrection. L’humanité commence à se relever et à se déployer sous l’action de la grâce. La grâce et la liberté humaine ne sont pas concurrentes en Marie. La sainte Vierge a décidé en pleine liberté de se rendre chez sa cousine. Mais c’est aussi pleinement la grâce qui l’anime. Avec Marie, en elle, la grâce commence à libérer la liberté humaine. C’est ainsi que l’humanité peut se relever et se mettre en route.

Le pèlerinage de Notre-Dame l’a conduit chez sa cousine Élisabeth. La route qui mène au ciel passe par le service concret de l’humanité. En recevant le Verbe en elle, Marie est comblée de son amour. Elle apprend à aimer l’humanité à la manière de son Fils. Elle épouse sa dilection pour les pécheurs et sa volonté de les sauver. Plus elle est proche de Jésus, plus elle prie pour l’humanité. C’est ainsi qu’au calvaire, Jésus la désigne comme la mère du disciple bien-aimé. Elle fut la première à suivre son fils jusqu’à la croix. Dans l’ardeur de sa charité, Marie ne s’est pas dérobée face à l’épreuve. Elle offre son Fils et s’offre avec lui par amour. Le chemin de foi de Marie lui fait traverser l’épreuve dans l’espérance de la résurrection. 

Rejoindre celui que son cœur aime

Plus tard, au cénacle, elle accompagne le pèlerinage terrestre de l’Église naissante en priant pour les disciples dans l’attente de l’Esprit saint. Désormais, dans le secret, Marie se retire, pour entamer la dernière étape de son parcours. Elle aspire de tout son être à rejoindre celui que son cœur aime. L’Assomption de la Vierge Marie, dans l’unité de son âme et de son corps, est le terme de sa pérégrination : "Enfin la Vierge Immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du Ciel, et exaltée par le Seigneur comme reine de l’univers" (Pie XII, constitution apostolique Munificentissimus Deus).

La collaboration de la grâce et de la liberté

En Marie, nous contemplons l’admirable collaboration de la grâce et de la liberté dans un cœur humain parfaitement pur. L’Assomption nous révèle que notre existence a un but qui donne une orientation à toute notre vie. Avec Marie, nous aspirons au ciel, à la communion d’amour avec la Trinité Sainte. Nous savons bien que par nous-mêmes, ce but est inaccessible. Mais Marie se tourne vers les pécheurs, les appelle et les attire. Contemplant la Vierge déjà parvenue au terme de la route, faisons nôtre ces paroles de saint Bernard :

Marie, notre reine, nous a précédés, elle nous a précédés et elle a été reçue avec tant de gloire que nous pouvons, nous ses humbles serviteurs, suivre notre souveraine en toute confiance en criant : Entraînez-nous à votre suite. Nous courrons à l’odeur de vos parfums ! Voyageurs sur la terre, nous avons envoyé en avant notre avocate, mère de miséricorde, pour plaider efficacement notre salut. (Sermon 1 sur l’Assomption).

Lectures de la solennité de l’Assomptiuon de la bienheureuse Vierge Marie :