Deux jeunes Iraniens ont été exécutés en place publique pour leur participation aux manifestations antigouvernementales, a annoncé ce mardi 28 juillet la justice iranienne. D'autres jeunes âgés de 18 à 26 ans pourraient être exécutés à tout moment, a alerté l'ONU la veille.
Au moins deux Iraniens, nommés Abolfazl Siahi et Amirhossein Safari, ont été exécutés par pendaison en place publique le 19 juillet, ont annoncé ce mardi 28 juillet les autorités iraniennes. Leur crime : avoir participé aux manifestations qui ont secoué la République islamique durant les mois de décembre et janvier. Depuis ce soulèvement populaire contre le régime des Mollahs, de nombreux Iraniens ont été condamnés à la peine de mort sans même avoir bénéficié d'un jugement équitable.
L'agence Mizan Online, organe du pouvoir judiciaire, a fait valoir que les deux condamnés étaient coupables de "moharebeh (guerre contre Dieu) pour avoir brandi des armes et semé la peur et la terreur" et de "corruption sur terre pour avoir commis des actes qui ont gravement perturbé l'ordre public et la sécurité dans le pays".
24 personnes exécutées en 2026
Douze autres jeunes hommes ont eux aussi été condamnés, âgés de 18 à 26 ans. Leur exécution semble imminente bien qu'elle n'ait pas encore été confirmée par les médias étatiques. Plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des Iraniens tentant de s'approcher du lieu où doivent advenir les pendaisons pour les empêcher malgré le risque très élevé de répression. Le 27 juillet 2026, les Nations Unies ont exhorté le régime à suspendre les exécutions : "Condamner 12 personnes à mort lors d'une seule audience, dans une salle d'audience fermée et sans clarification de la responsabilité individuelle de chaque accusé, viole les normes établies en matière de procès équitable". Ces jeunes seraient âgés d'une vingtaine d'années et ont été enlevés après leur participation aux manifestations avant d'être maltraités en détention, alertent les Nations Unies. Le régime les accuse d'implication dans le meurtre de quatre membres des forces de sécurité, ainsi que d'incendies criminels et de vandalisme; mais "les charges retenues contre eux restent floues" alors que les audiences ont eu lieu à huis clos.
En 2026, au moins 24 personnes ont été exécutées en lien avec les manifestations de janvier. Parties fin décembre du Grand Bazar de Téhéran, où les commerçants dénonçaient le coût de la vie, elles ont en réalité visé ouvertement le pouvoir islamique en place, dénonçant le régime actuel, le manque de liberté et la corruption des figures dirigeantes. Le pouvoir en place a reconnu plus de 3.000 morts, mais le bilan réel serait bien plus élevé, avec des estimations montant à plus de 30.000 morts selon diverses ONG.












