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Il y a des expériences qui marquent une vie. Un camp scout, un pèlerinage en mer, une marche en solitaire : ces aventures, vécues souvent à l'adolescence ou au début de l'âge adulte, laissent souvent une empreinte durable.

Vacances d’été : quand un camp change une vie

Ils étaient adolescents ou jeunes adultes et ont vécu une aventure humaine qui les a profondément bouleversés lors d’un camp d’été. Ils racontent pour Aleteia. 

6 min de lecture

Source: Charlotte Senon

Il y a des expériences qui marquent une vie. Un camp scout, un pèlerinage en mer, une marche en solitaire : ces aventures, vécues souvent à l'adolescence ou au début de l'âge adulte, laissent souvent une empreinte durable.

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Il y a des expériences qui marquent une vie. Un camp scout, un pèlerinage en mer, une marche en solitaire : ces aventures, vécues souvent à l'adolescence ou au début de l'âge adulte, laissent souvent une empreinte durable. Quatre jeunes racontent à Aleteia ces moments fondateurs qui continuent, des années plus tard, d'éclairer leur chemin.

1Éloïse, 24 ans  : "La prière des fous m’accompagne" 

"Cette expérience m’a profondément marquée : j’y ai appris que les plus beaux projets ne sont pas toujours les plus préparés, mais ceux que l’on vit pleinement."
"Cette expérience m’a profondément marquée : j’y ai appris que les plus beaux projets ne sont pas toujours les plus préparés, mais ceux que l’on vit pleinement."

"À l’été 2020, en pleine période de Covid, notre camp Compagnons chez les Guides et Scouts de France a été totalement bouleversé. Nous devions partir pour un grand camp près de Lyon, mais tout a été annulé au dernier moment. Nous avons finalement choisi de nous rendre à Trappes pour aider une paroisse. C’était l’inconnu : un lieu qu’on ne connaissait pas, des enfants dont nous n’avions pas l’habitude, et des activités à improviser presque au jour le jour. Un des moments les plus marquants a été la journée à Paris. Avec très peu de moyens, nous avons simplement pris le RER avec les enfants, dont beaucoup n’étaient jamais allés dans la capitale. Nous avions imaginé un grand jeu sur le thème de Star Wars, en leur faisant croire qu’ils partaient en mission. Arrivés sur un pont avec vue sur la Seine, ils étaient émerveillés. Certains n’avaient jamais vu ça. Leur joie, leur surprise, leur regard… c’était incroyable. Cette expérience m’a profondément marquée : j’y ai appris que les plus beaux projets ne sont pas toujours les plus préparés, mais ceux que l’on vit pleinement. Depuis, je garde en tête "La prière des fous", texte du père Louis-Joseph Lebret, qui commence et finit ainsi "Ô Dieu, envoie-nous des fous !" Elle m’accompagne au quotidien et m’invite à oser, faire confiance, et avancer sans tout maîtriser." 

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2Charlotte, 23 ans : "L’ambiance a basculé" 

"L’ambiance a basculé en quelques minutes : du froid, de la fatigue, on est passées à une paix profonde, presque inexplicable."
"L’ambiance a basculé en quelques minutes : du froid, de la fatigue, on est passées à une paix profonde, presque inexplicable."

"Je me souviens des Feux de Toussaint 2019, le rassemblement annuel des guides aînées des Scouts Unitaires de France, au sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray. J’y allais sans envie : il faisait froid, il pleuvait sans arrêt, et honnêtement, je rêvais surtout d’une douche chaude. Le soir, trempées, on attendait dans un grand gymnase avant une veillée d’adoration. Les lumières se sont éteintes, on nous a donné des bougies. Et puis, quelque part dans la salle, quelques filles ont commencé à entonner un Ave Maria. Peu à peu, les 500 guides aînées l’ont repris à l’unisson. L’ambiance a basculé en quelques minutes : du froid, de la fatigue, on est passées à une paix profonde, presque inexplicable. Ce soir-là, j’ai vraiment ressenti une foi commune qui nous dépassait. C’était la première fois que je percevais aussi fortement la présence de Dieu dans un moment scout. Et ça a changé quelque chose en moi."

3Alban, 25 ans : "J’étais allé au bout"

"Dans cet instant, j’ai compris que cette longue piste n’était pas seulement une marche : c’était une étape fondatrice."
"Dans cet instant, j’ai compris que cette longue piste n’était pas seulement une marche : c’était une étape fondatrice."

"En 2021, juste après le Covid, j’ai vécu ma "longue piste", une étape clé chez les routiers scouts d’Europe. Pendant trois jours, j’ai marché seul vers Vézelay, avec pour but de me dépasser, de réfléchir et de grandir intérieurement, loin du confort et du bruit du quotidien. Je me souviens surtout de l’arrivée. Après près de 90 kilomètres, j’étais épuisé, les pieds en feu, presque vidé. La montée vers la basilique m’a paru interminable. Je la voyais au loin, sans jamais vraiment m’en rapprocher. Dans les rues, des gens m’encourageaient : "Courage, vous y êtes presque". Moi, je répétais presque machinalement : "C’est où ? C’est où ?", comme porté par une seule idée : arriver. Et puis, en l’apercevant enfin, une joie immense m’a envahi. J’étais allé au bout. Dans cet instant, j’ai compris que cette longue piste n’était pas seulement une marche : c’était une étape fondatrice, où j’ai appris à me connaître et à me dépasser." 

4Jeanne, 24 ans : "La mer est devenue un lieu particulier"

"Quelque chose s'est apaisé en moi. Je crois que cette semaine m'a permis d'avancer dans le deuil, simplement, portée par la mer, la prière et la vie fraternelle."
"Quelque chose s'est apaisé en moi. Je crois que cette semaine m'a permis d'avancer dans le deuil, simplement, portée par la mer, la prière et la vie fraternelle."

"À l'été 2025, j'ai participé aux Voiles de saint Vincent Ferrier avec les frères dominicains, dans le golfe du Morbihan. Nous naviguions en flottille, de port en port. Un grand voilier transportait les reliques du saint. Nous accostions chaque soir dans une ville différente pour chanter et rencontrer les habitants. Je m'étais inscrite presque sans réfléchir. Mais dès le premier enseignement, j'ai eu un choc : j'ai réalisé que le saint portait le même prénom que mon parrain, disparu quelques années plus tôt. Il était lui-même marin et breton. Je ne m'en étais même pas rendu compte en m'inscrivant. Les reliques étaient sur notre bateau. J'avais l'impression de vivre avec saint Vincent Ferrier, c'était très concret et profondément apaisant. Depuis la mort de mon parrain, la mer est devenue un lieu particulier. Et pendant cette semaine, tout y faisait écho : la navigation en Bretagne, la vie en équipage, ce grand voilier qui ressemblait à ceux qu’il connaissait, et ce prénom, Vincent, omniprésent. Quelque chose s'est apaisé en moi. Je crois que cette semaine m'a permis d'avancer dans le deuil, simplement, portée par la mer, la prière et la vie fraternelle."