Frustrations, jalousie, différences… Les vacances que l’on imaginait allègres peuvent vite tourner au vinaigre. Voici quelques clés pour des vacances en famille réussies à découvrir dans le numéro spécial été d’Aleteia Magazine.
Elles sont enfin là, ces vacances d’été tant attendues ! Pour beaucoup, elles sont l’occasion de retrouvailles familiales, toutes générations confondues, pendant plusieurs jours. Si elles concourent généralement à la joie d’être ensemble, il arrive aussi qu’elles soient ternies par les tensions ou les disputes. Blessures d’enfance non guéries, susceptibilité exacerbée par la fatigue ou la vie en communauté, attentes démesurées et donc généralement déçues, différences de caractères, de modes de vie ou tout simplement d’avis… Les vacances que l’on imaginait allègres peuvent vite tourner au vinaigre. Plusieurs personnes, habiles dans l’art de maintenir la paix familiale pendant les vacances, livrent à Aleteia leurs petits secrets.
Astuces d’une pro de l’organisation
"Nous essayons de rassembler nos enfants et petits-enfants pendant une semaine, au mois d’août. Nous sommes une vingtaine, de 0 à 70 ans, sous le même toit, et cela se passe bien !", s’exclame Elisabeth, 65 ans, mère de quatre enfants et grand-mère de dix petits-enfants, installée en Vendée depuis la retraite. "Cette semaine tous ensemble est suffisamment rare pour veiller à sa bonne organisation", confie-t-elle, "non pas parce que je suis particulièrement organisée mais parce que je veux me dégager un maximum de temps pour pouvoir profiter de ma famille quand elle est réunie. Et je me rends compte aussi qu’organiser contribue à une meilleure ambiance, les choses sont claires et il y a moins de frustrations me semble-t-il."
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Le secret d’Elisabeth ? L’anticipation. "Je prépare un maximum de choses à l’avance, les menus de la semaine, les courses, je congèle des desserts, des quiches ou des plats familiaux pour n’avoir plus qu’à les réchauffer le jour J", explique cette femme aguerrie. Quelques jours avant l’arrivée de ses enfants, elle envoie un message sur le groupe WhatsApp familial avec l’affectation des chambres. "Comme les chambres ne sont d’ordinaire pas attribuées nominativement, cela évite un petit moment de flottement qui n’était agréable pour personne." Et le nec plus ultra, elle accueille toujours ses enfants et petits-enfants en glissant dans leur lit un petit cadeau, un livre ou "au moins un bouquet de fleurs sur la table de nuit".
Si elle aime prévoir, elle s’appuie aussi sur les forces vives le moment venu. "Depuis plusieurs années, nous faisons un tableau des services, ainsi ce ne sont pas toujours les mêmes qui mettent la main à la pâte et cela permet aussi de ne "rien faire" sans culpabiliser", affirme Elisabeth, qui veille néanmoins à ce qu’un service soit assuré par deux personnes. "C’est quand même plus sympa d’éplucher les pommes de terre en papotant que tout seul ! Je crois même que mon moment préféré des vacances, c’est de faire la cuisine avec un petit-enfant, c’est un moment où nous sommes juste tous les deux et où il raconte plein de choses !"
Un maître-mot : la liberté
Néanmoins, anticiper ne signifie pas emprisonner ! Tout l’enjeu de l’organisation est de savoir s’en détacher pour accueillir l’imprévu. Un état d’esprit qui n’est pas facile à acquérir mais qui favorise un esprit de détente bienvenu pendant les vacances. Claire, trentenaire Parisienne, mariée et mère de trois enfants, a pour habitude de passer quinze jours avec sa famille élargie - ils sont 23 au total - dans une maison louée au Pays basque. Ses amies n’en reviennent pas. "Mais comment faites-vous pour tenir pendant deux semaines sous le même toit ?", lui demande-t-on régulièrement. Pour Claire, la clé réside dans la grande liberté laissée à chacun. "On ne fait pas tout ensemble, chacun dépend un peu du rythme de ses enfants, il n’y a pas de pression, on est ravi de se retrouver à la plage ou le temps d’une balade, mais libre à chacun de faire autre chose !"

Une liberté que Françoise, 70 ans, veuve et à la tête d’une famille très nombreuse, projette même pour le déjeuner : "Chez nous, il y a des bébés, des ados, des adultes, personne n’a le même rythme, je me rappelle avoir souffert moi-même d’horaires que je trouvais trop stricts quand nous étions en vacances chez mes beaux-parents. Donc ici, pour le déjeuner l’été, c’est open bar !", raconte la septuagénaire qui accueille chez elle une trentaine d’enfants et de petits-enfants aux alentours du 15 août. "Je prépare un buffet avec des plats froids, et chacun déjeune à l’heure qui lui plaît, les seules consignes sont d’avoir tout rangé avant 15 heures et d’être là pour les olympiades !"
Du recul en toutes choses
En dépit d’une organisation bien huilée et d’une liberté éprouvée, les vacances peuvent être ternies par des remarques blessantes, de l’indélicatesse ou de l’injustice, survenant parfois de manière involontaire, mais plus ou moins bien tolérées selon son degré de fatigue ou de susceptibilité. Tout l’art est alors de prendre du recul, de renoncer à répondre, voire, pour les plus courageux, d’en rire !
"Mon père est beaucoup sur son téléphone, même quand nous sommes tous réunis, pour regarder les informations, la météo, ses messages… même à table ! Un véritable ado alors qu’il est à la retraite !", s’exclame Jean, la quarantaine. "Ça m’énerve, je me bats déjà avec mon fils pour faire la guerre aux écrans, je ne vais pas aussi me battre avec mon père ! J’ai pris le parti de me moquer gentiment de lui."

"Ma belle-mère critique ouvertement ma manière d’élever nos enfants", confie de son côté Audrey, mère de deux filles âgées de 4 et 6 ans. "Selon elle, je les couve trop, je les materne trop, elle a peur qu’elles deviennent "empotées". À chaque période de vacances, elle trouve un moyen de me le faire remarquer. Au début, ça me blessait, ça me stressait, je ne voulais même plus aller chez elle. Maintenant, j’ai pris le parti d’en rire et je lui réponds sur le ton de l’ironie."
Certains renoncements sont plus difficiles. L’humour laisse alors la place à l’humilité. C’est le cas de Virginie, 35 ans, qui souffre depuis longtemps d’une relation toxique avec sa mère. "Elle passe son temps à me critiquer, mais je prends sur moi le temps d’une semaine, je ne veux pas priver mes enfants de ces vacances avec leurs cousins et des supers souvenirs qu’ils se forgent." Même souffrance chez Catherine, 73 ans, qui redoute avant chaque séjour de sa belle-fille chez elle son caractère colérique et impétueux. "Je fais le dos rond, je ne réponds pas à ses critiques, j’essaie de ne jamais perdre de vue l’essentiel qui est pour moi de continuer à voir mes petits-enfants grandir, s’épanouir, et de maintenir coûte que coûte cet esprit de famille que mon mari et moi affectionnons tant." Un essentiel partagé par Elisabeth : "J’essaie d’avoir au moins une conversation profonde avec chacun avant qu’il ne reparte."
Pratique




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