Tout au long de la semaine, le numéro spécial été d'Aleteia Magazine vous invite à découvrir, à travers des récits fictifs, différentes façons de vivre les vacances. Aujourd'hui, plongez dans l'atmosphère des vacances en pèlerinage, sur les routes de la foi (3/7)
C’est étrange. Voilà deux heures que je l’ai quitté. Et pourtant, je ne me sens pas seul. À vrai dire, je ne me suis jamais senti aussi bien. Ma fatigue de la veille s’est comme endormie, et ma tendinite m’a abandonné aux abords de Mailly-le-Château. Au loin, j’aperçois la colline de Vézelay. La chaleur qui accable la région depuis quelques jours est torride. Le vent du Morvan ne parvient plus à déplacer la chape brûlante. Mais je n’en souffre pas. L’homme avec qui j’ai marché quelques kilomètres ce matin m’a fait boire à sa gourde. Et je n’ai plus soif.
C’est drôle, jamais je n’aurais dû rencontrer ce grand-père que j’ai un temps pris pour Hugues Aufray. À Paris, je lui aurais mis une pièce en sortant du métro. Pour être honnête, je n’y aurais même prêté aucune attention. Mais ce matin, alors que débutait mon onzième jour de marche vers Saint-Jacques-de-Compostelle, je me suis retrouvé, sans trop savoir comment, à marcher dans ses pas. Malgré son âge, il avait le pied sûr. Son bâton de pèlerin, sculpté par le temps, manifestait une sage expérience du chemin.
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À ses côtés, sans plus savoir pourquoi, je me suis mis à déballer ma vie, mes joies, mes peines, mes remords. Sur le sentier qui traversait un champ paré pour la moisson, je crois avoir pleuré. Cela faisait des années que je n’avais pas parlé de ma femme, de cet amour que j’avais fait échouer par ma paresse et mes mensonges. Oui, des larmes avaient coulé, comme une réaction à l’incendie de mon cœur brûlant.
Les yeux du vieillard, eux aussi, avaient brillé . Entre ses mains calleuses, l’homme avait glissé un chapelet. Ces mains… Elles m’avaient saisi de curiosité. " Par quel métier ont-elles été façonnées ? ", m’étais-je enquis. Le grand-père m’avait souri. " Oh… Disons que j’ai été jardinier ".
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