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Associations et Église au chevet des sinistrés

6 min de lecture
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Crédit : AFP

Des bénévoles distribuent des denrées à des sinistrés réfugiés dans un centre d'accueil de Bordeaux.

Alors que les incendies ravagent la Gironde et contraignent des milliers d’habitants à quitter leur domicile, une vaste chaîne de solidarité s’organise. Secouristes, bénévoles associatifs et Église locale se mobilisent pour accueillir, accompagner et soutenir les sinistrés.

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Déclenché le 22 juillet dans le nord du bassin d’Arcachon, l’incendie qui ravage la Gironde a déjà parcouru environ 42.000 hectares et entraîné l’évacuation de plus de 220.000 personnes. Pendant que les pompiers luttent contre les flammes, une autre chaîne de solidarité s'organise pour accompagner les milliers de personnes contraintes d'évacuer leur domicile. Associations de secours, bénévoles et Église sont mobilisés pour accueillir, écouter et soutenir les sinistrés.

À l'Ordre de Malte France, une cinquantaine de bénévoles se relaient sur le terrain. Depuis le siège parisien, Camille Le Henaff, salariée à la direction déléguée au secourisme, coordonne les équipes déployées en Gironde et dans les Landes.

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"Nous intervenons à la fois sur le secours et sur l'aide aux populations", explique-t-elle à Aleteia. À Bordeaux, les bénévoles travaillent avec d'autres acteurs associatifs engagés sur les missions d'accueil et de soutien aux sinistrés comme la Croix Blanche, le SAMU33… Ils orientent les personnes évacuées, assurent une présence auprès des familles et participent aussi à l'évacuation de personnes vulnérables, notamment des résidents d'Ehpad, transportés vers le CHU de Bordeaux ou le Parc des expositions.

Dans les Landes, l'Ordre de Malte s'occupe de quatre centres d'hébergement parmi ceux qui ont été ouverts après les incendies de Biscarrosse. "Il s'agit de permettre aux personnes de dormir à l'abri, mais aussi d'échanger avec elles, de les accompagner." Si les températures plus clémentes ont offert un léger répit, les bénévoles restent confrontés à une intervention qui dure. "Les personnels sont engagés depuis le début. La fatigue est forcément présente, même si les renforts arrivent progressivement." Les fumées imposent aussi une vigilance particulière pour préserver la santé des équipes.

Au-delà de l'aspect logistique, c'est surtout la dimension humaine qui marque les secouristes. "Ce sont des missions difficiles et inhabituelles. Cette situation exceptionnelle nous touche aussi beaucoup."

Pour faire face, les associations coordonnent leurs moyens. Croix Blanche, Protection civile, Croix-Rouge ou encore Ordre de Malte travaillent de concert avec les services de l'État. "Beaucoup d'acteurs sont présents. La question, désormais, c'est de tenir sur la durée afin de continuer à accueillir les sinistrés", souligne Camille Le Henaff.

Parmi les personnes évacuées figure le père Volta, administrateur de la paroisse Cap-Ferret Sud-Médoc et vicaire général du diocèse de Bordeaux. Son territoire a été le premier touché par les flammes. "Nous avons été évacués dans la nuit de jeudi à vendredi. Il y a beaucoup de colère et de tristesse", confie-t-il. Dans le secteur du Porge, au cœur de sa paroisse, le bilan humain et matériel est particulièrement lourd : au moins 170 maisons ont été détruites par les flammes, avec des habitants qui ont tout perdu.

Ouverture de centres d'accueil

Dispersés aux quatre coins du département, les fidèles gardent le contact grâce aux réseaux sociaux, aux groupes WhatsApp ou au téléphone. "L'essentiel, c'est que tout le monde soit en sécurité. Maintenant, on espère pouvoir se retrouver rapidement."

Le diocèse s'est lui aussi organisé pour accueillir les personnes déplacées. À la maison diocésaine de Bordeaux, une vingtaine de sinistrés, parmi lesquels des femmes seules avec leurs enfants et des personnes âgées, sont hébergés. D'autres presbytères et salles paroissiales ont également ouvert leurs portes. "Nous avons reçu beaucoup de propositions d'hébergement, de la part des paroisses mais aussi de particuliers. La solidarité s'est manifestée très spontanément", souligne le père Volta, même si le principal défi reste désormais de mettre en relation les offres et les besoins.

Au-delà de l'aide matérielle, l'Église entend aussi assurer une présence spirituelle. Des prêtres se sont rendus au centre d'accueil de Bordeaux-Lac pour proposer écoute et réconfort aux évacués, tandis que plusieurs célébrations ont été organisées pour les sinistrés et les pompiers mobilisés, relate le père Volta. Hier, dimanche 26 juillet, deux messes ont été célébrées à la cathédrale de Bordeaux spécialement à l’intention des sinistrés, et pour les deux pompiers morts au feu à Mérignac.

"Dans ces situations dramatiques, les gens s'interrogent sur le sens de ce qu'ils vivent. Notre rôle est d'être présents, d'écouter et de redonner confiance, et de porter dans la prière aussi tous ceux qui se battent contre le feu, les élus locaux qui se démènent, les bénévoles", conclut le père Volta.

Alors qu'une partie de la France ploie sous la violence du feu, une autre fait face à des orages d'une intensité rare, notamment avec des épisodes de grêle d’une violence exceptionnelle. Le sud-est a été particulièrement touché pendant le weekend. "En quelques minutes, des récoltes entières sont anéanties, laissant des agriculteurs démunis face à la disparition de leurs cultures, de leurs vignes, de leurs vergers ou de leurs champs", rappelle un communiqué publié par la Conférence des évêques de France dimanche 26 juillet. "À toutes les personnes touchées par ces catastrophes et contraintes d’évacuer leur maison, à celles qui ont perdu leurs biens ou le fruit de leur travail, aux pompiers blessés, ainsi qu’aux familles de ceux qui ont offert leur vie, nous voulons exprimer notre proximité. Nous les assurons de notre prière", poursuit la CEF, qui appelle à la mobilisation de tous les catholiques. "La fidélité à l’Évangile nous pousse à nous engager. Elle passe parfois par des gestes aussi simples qu’offrir un verre d’eau (Marc, 9, 41). Dans ces circonstances éprouvantes, demeurons attentifs les uns aux autres et ayons à cœur de témoigner de la charité du Christ pour tous."

Le pape Léon XIV a lui-même tenu à exprimer sa proximité avec les populations touchées par ces violents phénomènes. "Face aux incendies dévastateurs qui, ces derniers jours, ont ravagé plusieurs localités en France et en Espagne, j’exprime ma proximité et j’invite tous à prier pour les personnes touchées ainsi que pour le travail des secouristes", a-t-il affirmé.