Aller au contenu principal

La médecine ne remplacera jamais l’amour

3 min de lecture
benoist-de-sinety-tribune-aleteia

Crédit : Aleteia

Ces deux femmes meurtries dans leur corps et dans leur âme, qui les sauvera ? Si la médecine guérit les corps, rien ne remplace l’amour pour apaiser les détresses humaines, observe le père Benoist de Sinety.

Partager sur :

C’est une salle d’attente comme il en existe beaucoup d’autres : un peu froide, bien que réchauffée par les naïfs dessins d’enfants. Il arrive toujours un moment où la foule devient trop dense pour que chacun puisse être distancié de son voisin par un siège vide. On se rapproche, bien malgré soi. On se serre, histoire d’augmenter la température ambiante. Beaucoup de femmes qui sont là coiffent un foulard. D’autres les regardent, rêvant au fond du cœur que leurs cheveux parviendront à s’agripper plus longtemps. C’est le silence. 

"Tout va bien se passer"

Il y en a deux qui occupent l’attention du groupe : une mère et sa fille, âgées peut être de 70 et 50 ans, ou de 80 et 60. Peu importe en fait. La mère semble de plus agitée, elle tremble, murmure, comme saisie par une angoisse qu’elle ne peut contenir. Sa fille lui tient la main, lui caresse la joue : "Ça va aller Maman... Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer..." L’autre ne répond plus, l’entend-elle seulement ?

Bienvenue sur le nouveau site d'Aleteia !

Nous sommes heureux de vous accueillir sur un site entièrement repensé, réalisé grâce au soutien de nos généreux donateurs.

Si vous appréciez cette nouvelle expérience de lecture, vous pouvez, vous aussi, nous aider à faire vivre Aleteia.

Faire un don

Une voix appelle du fond de la pièce. À son nom, la fille se lève. Elle dit : "Je vais revenir vite. Surtout ne t’inquiète pas." La mère gémit. En face, une autre femme les interrompt : "Si vous voulez Madame, je vais rester avec votre mère." L’accent est allemand, la voix est douce, incroyablement douce. "Oui, je veux bien." "Vous voulez bien, Madame, que je vous tienne la main ?" demande alors l’étrangère. "Oui, bien sûr." "Regardez, Madame, je vais respirer avec vous afin que vous retrouviez un peu de calme. Suivez mon rythme." Et les voici qui expirent et soupirent de concert. Des minutes passent, éternelles. "Vous voyez Madame, ça va mieux maintenant. Vous permettez que je vous touche ?" Elle lui caresse la joue.

Une âme guérie

"Vous savez, moi aussi j’ai un cancer. Vous, vous accompagnez votre fille. C’est magnifique de venir avec elle. Moi, mon mari il a trop peur, alors je viens toute seule. Je le comprends vous savez, c’est difficile de venir ici. Je vous trouve très courageuse Madame, de venir. C’est beau. C’est bien."

Pour moi, je suis assis en leur tournant le dos sans pouvoir les regarder. Mais en fait je les vois. Je la vois, cette femme allemande qui caresse doucement sa sœur de malheur. Je la vois cette vieille femme perdue devant la maladie de sa fille et qui se sent tellement impuissante et seule. Je les vois l’une et l’autre mêler leurs cœurs et leurs espoirs. La médecine et la science cherchent avec passion à guérir les corps. L’amour sauve les âmes.