Joshua Colin, 22 ans, étudiant et auteur, fait partie des 17.000 adultes baptisés à Pâques 2025 en France. Dans son livre "Nous les nouveaux baptisés", paru en mars 2026, il raconte son propre chemin de conversion mais aussi celui d’une jeunesse qui redécouvre la foi chrétienne à l’âge adulte. Pour Aleteia, il revient sur cette quête de sens qui a bouleversé sa vie.
Ils sont étudiants, jeunes actifs, parfois éloignés de toute culture religieuse… et pourtant de plus en plus nombreux à pousser la porte des églises. Derrière les chiffres records des baptêmes d’adultes en France se dessine une réalité plus discrète mais profonde : celle d’une génération en quête de sens, de vérité et d’espérance. À seulement 22 ans, Joshua Colin incarne ce phénomène. Étudiant à l’université Paris Dauphine, il fait partie des 17.000 adultes baptisés à Pâques 2025. Dans son livre Nous les nouveaux baptisés, confidences d’une génération qui revient au Christ, publié en mars 2026, il raconte son parcours de conversion et tente de comprendre pourquoi tant de jeunes adultes redécouvrent aujourd’hui le christianisme par conviction personnelle, souvent loin des cadres traditionnels de transmission de la foi. Interrogé par Aleteia, l'auteur revient sur cette soif spirituelle ainsi que sur la place et le rôle de l’Église, notamment en France.
Aleteia : Quel rapport entreteniez-vous avec la foi plus jeune, et qu’est-ce qui vous a conduit jusqu’à votre conversion ? Joshua Colin : J’ai grandi dans une famille athée où l’on ne parlait jamais de Dieu. C’est ma grand-mère, catholique pratiquante, qui m’a parlé du Christ pour la première fois. Elle m’a fait comprendre que Noël ne se résumait pas aux sapins et aux cadeaux, mais qu’il célébrait aussi la naissance du Sauveur ; que Pâques n’était pas seulement une fête autour du chocolat, mais aussi celle de la résurrection du Christ. C’est également elle qui m’a emmené à la messe pour la première fois, à l’âge de 8 ans, lors des célébrations de Pâques. Par la suite, j’ai rencontré des amis catholiques dont le parcours de foi m’a beaucoup inspiré. Adolescents, ils préparaient leurs sacrements, première communion, profession de foi, confirmation, tandis que moi, j’étais complètement étranger à tout cela. Puis, j’ai déménagé au Chili, en Amérique du Sud. J’y ai grandi dans une société profondément chrétienne, où la foi se vit de manière très libre et décomplexée. En revenant en France, j’ai été frappé par l’absence de cette atmosphère chrétienne. Le véritable déclic est arrivé le jour de mes 18 ans. Je suis entré un peu par hasard dans une cathédrale, le jour de mon anniversaire, et, pour une raison que je ne m’explique toujours pas, j’y suis resté plus de deux heures. C’est là que j’ai rencontré le Seigneur. En ressortant, je me suis dit : "En fait, tu crois en Dieu." À partir de ce moment-là, j’ai entamé une sorte de grand rattrapage de culture catholique, car je ne connaissais pratiquement rien à la foi. Puis j’ai eu un second déclic lorsqu’un ami m’a encouragé à franchir le pas en rejoignant le groupe de catéchumènes de ma paroisse. Il m’a dit : "Si tu crois en Dieu, tu dois rejoindre une paroisse, parce que la foi ne se vit pas seul." Après deux années de préparation, j’ai finalement été baptisé en 2025.
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"Nous évoluons dans une société très matérialiste, où tout semble devenir commercial, rapide et éphémère. Mais cela ne suffit pas à combler l’âme humaine."
Comment expliquez vous le boom de catéchumènes et qu’est ce que votre génération semble chercher aujourd’hui ? C’est justement ce que j’ai trouvé fascinant, et c’est aussi la raison pour laquelle j’ai décidé de publier ce livre. Au départ, je n’avais pourtant pas l’intention de le rendre public. J’ai commencé à écrire le récit de ma conversion, comme un journal personnel, en me disant qu’un jour j’en ferais peut-être un petit livre destiné à mes futurs enfants, à mon épouse ou à mes proches, pour qu’ils comprennent ce que j'ai vécu. Mais j’ai finalement choisi de le publier parce que très peu de personnes comprennent réellement ce phénomène des baptêmes d’adultes. Ce sont majoritairement des jeunes qui demandent aujourd’hui le baptême, et ce que j’ai découvert dans mon groupe de catéchumènes m’a profondément marqué. Il y avait une immense diversité de profils : certains étaient très aisés, d’autres beaucoup plus modestes ; certains étaient diplômés, d’autres ouvriers ; nous venions d’origines, de cultures et d’histoires très différentes. Pourtant, nous avancions tous vers cette même lumière du Christ. Nous étions réunis par une quête commune, et cela créait quelque chose de très fort. Je pense que cette quête de sens est profondément liée à l’époque dans laquelle nous vivons. Nous évoluons dans une société très matérialiste, où tout semble devenir commercial, rapide et éphémère. Mais cela ne suffit pas à combler l’âme humaine. Nous restons des êtres spirituels, avec le besoin profond de nous tourner vers quelque chose qui nous dépasse.
Qu’est ce que le baptême a concrètement changé dans votre vie depuis un an ?
Quand on se fait baptiser, l’entourage change profondément. Depuis mon baptême, j’ai vu un véritable renouvellement dans ma vie, que ce soit dans mes amitiés ou même certains liens familiaux. On devient en quelque sorte une personne nouvelle. Le baptême représente à la fois une mort et une résurrection. Je me souviens d’un prêtre qui m’a beaucoup marqué juste après mon baptême. Quand on passe deux ou trois ans à préparer ce moment, il peut y avoir une forme de vide une fois qu’il est passé, parce que l’objectif que l’on attendait depuis si longtemps est enfin atteint. Mais ce prêtre m’a dit quelque chose de très juste. Il m’a dit : "Joshua, ce n’est pas une fin, c’est un début. C’est maintenant que ta vie de chrétien commence vraiment." Être catholique aujourd’hui n’est pas toujours facile. Il y a parfois des moqueries ou une certaine hostilité dans la société actuelle. Nous vivons aussi dans un monde d’abondance et de sollicitations permanentes, où il est difficile de lutter contre le péché et de rester fidèle à ses engagements spirituels. Mais malgré cela, je trouve que les communautés chrétiennes demeurent solides en France. Le véritable enjeu aujourd’hui est de réussir à accompagner les nouveaux baptisés sur la durée. Les chiffres sont préoccupants. Beaucoup de catéchumènes disparaissent après leur baptême et décrochent dans les années qui suivent, même si cela reste difficile à mesurer précisément. À mon sens, il faut surtout les enraciner dans l’Église avant même le baptême, pendant les années de catéchuménat. Le problème, c’est que les groupes de catéchumènes et de néophytes vivent souvent un peu à part dans la paroisse. Ils restent entre eux, sans toujours trouver pleinement leur place dans la communauté. Il est donc essentiel d’intégrer les jeunes à la vie paroissiale dès leur arrivée, en animant les messes, en rejoignant une chorale, en participant aux maraudes, à la décoration florale ou aux différentes activités proposées.

Selon vous, quel doit être aujourd’hui le rôle de l’Église et des baptisés dans la société ?
L’Église apporte avant tout une vérité solide et durable. À une époque où tout semble éphémère, où tout se contredit sans cesse et où plus rien ne paraît fait pour durer, l’Église propose une vérité présente depuis deux mille ans, qui a traversé les siècles, les crises et les persécutions. Elle offre également une communauté fondée sur l’amour du prochain. Dans les paroisses, on découvre une véritable solidarité, une attention sincère aux autres. Et puis il y a la beauté. Chacun entre dans l’Église par un chemin différent. Moi, j’y suis entré d’abord par la beauté intellectuelle, à travers la lecture, la réflexion et l’étude de la théologie. D’autres seront touchés par la musique, l’art, la liturgie ou encore la charité. Les chemins sont différents, mais ils conduisent tous au même endroit. Le rôle de l’Église aujourd’hui est d’oser affirmer cette vérité, de défendre la foi chrétienne et de faire entendre l’Évangile dans toutes les sphères de la société. Quant aux baptisés, je pense qu’ils doivent davantage témoigner de leur foi. Pendant longtemps, la culture catholique était profondément ancrée dans la société, si bien qu’il n’était pas nécessaire de parler explicitement de sa foi. Cela allait de soi. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Nous avons donc le devoir de témoigner davantage, non pas en allant imposer notre foi aux autres, mais en montrant l’exemple par notre manière de vivre. Il faut être cohérent, exemplaire dans sa pratique religieuse, et ne pas avoir peur d’évoquer sa foi lorsque l’occasion se présente. Très souvent, des personnes me demandent : "Joshua, comment fais-tu pour rester aussi heureux malgré les épreuves ? Comment arrives-tu à pardonner aussi facilement ?" Et je leur réponds simplement : "Je crois en Dieu." C’est cette foi qui sauve mon cœur.
Pratique :




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