François, Anthony, Anne-Laure… Ils témoignent des bienfaits de faire une pause spirituelle durant l’été, que ce soit en prenant un bâton de pèlerin ou en se retirant dans un monastère.
"Si je n’ai pas ma semaine annuelle dans un monastère, ça me manque !", s’exclame François, 39 ans. François n’a pourtant rien d’une grenouille de bénitier. Marié, Parisien amoureux des Pyrénées, féru de randonnées, il travaille au ministère des Armées. "Depuis 20 ans, je passe une semaine par an dans un monastère ou une abbaye, seul. J’ai fréquenté au moins une dizaine de lieux : Solesmes, Lérins, Tamié…", explique-t-il. Une habitude héritée de son père qui l’emmenait passer des week-ends chez les moines à Saint-Benoît-sur-Loire lorsqu’ils habitaient Orléans.
François n’est pas le seul à apprécier le calme et la solitude qu’offre une pause spirituelle durant l’été. Pour Anthony et Anne-Laure, pèlerins chevronnés, le ressourcement spirituel passe par les pieds. Désireux de transmettre leur passion des pèlerinages, ce sont eux qui, en 2020, ont créé la Via Ligeria, une voie de raccordement de 800 km reliant Nantes à Besançon et qui rejoint la Via Francigena vers Rome. Cet été, ils visent Istanbul ! "Nous n’avons pas pris de vacances pendant trois ans et avons cumulé nos jours de congés sur des comptes épargne temps afin de pouvoir marcher 15 semaines", confient Anthony, 53 ans, personnel civil à la gendarmerie, et Anne-Laure, 55 ans, cardiologue hospitalière, mariés depuis septembre 2025 et installés en Vendée. "Après Rome, nous avons voulu mettre nos pas dans ceux des chrétiens d’Orient et de saint Paul en particulier, et rallier l’ancienne Constantinople." Le couple est parti de Rome à pied début avril 2026 et prévoit d’arriver à Istanbul début juillet après avoir traversé l’Italie, l’Albanie, la Macédoine et la Grèce.
Bienvenue sur le nouveau site d'Aleteia !
Nous sommes heureux de vous accueillir sur un site entièrement repensé, réalisé grâce au soutien de nos généreux donateurs.
Si vous appréciez cette nouvelle expérience de lecture, vous pouvez, vous aussi, nous aider à faire vivre Aleteia.

Les lieux empreints de spiritualité ont la cote et semblent répondre à une quête de transcendance partagée par bon nombre de nos contemporains. Les chemins de pèlerinages, mais aussi les sanctuaires et les retraites spirituelles connaissent un net regain d’intérêt ces dernières années. En 2025, alors qu’à Paris, la réouverture de la cathédrale Notre-Dame a attiré plus de 11 millions de visiteurs, Lourdes a enregistré près de 4 millions de pèlerins, un chiffre sans précédent dans l’histoire de la cité mariale. Les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, battant également tous les records, ont accueilli plus de 520.000 pèlerins l’année dernière.

Parmi eux, Constance, Nicolas et leurs quatre enfants âgés de 10 à 17 ans. Partis il y a quatre ans du Puy-en-Velay, ils marchent une semaine chaque été. "L’avantage des chemins de Saint-Jacques, c’est que c’est assez facile à organiser avec des enfants, les itinéraires sont bien balisés, les hébergements sont réservables à l’avance et on est toujours hyper bien accueillis !", se réjouit Constance qui s’apprête à rejoindre Moissac cette année. Ce qu’elle apprécie tout particulièrement durant cette semaine hors du temps ? La progression lente de la marche, qui permet de "voir évoluer les paysages à leur rythme", la disponibilité totale qu’elle peut offrir à sa famille et les conversations qui en découlent, l’effort à fournir mêlé de joie simple, et enfin la spiritualité qui se dégage de ce chemin de pèlerinage. "Tout à coup, on a du temps ! Pour réfléchir, parler, jouer, prier, faire des rencontres… Même si on ne chante pas des Ave Maria tout au long du chemin, je suis convaincue que les enfants développent leur vie intérieure."
Repos et paix intérieure
La première chose que vient chercher François dans ses retraites, c’est le repos. "Souvent, les deux, trois premiers jours, je dors beaucoup ! J'essaie au maximum de m'imprégner de la vie des moines, elle est très rythmée, offices, lectures, balades, jardinage ou ménage… On ne se pose pas de questions, c'est très reposant", confesse-t-il. Un repos qui se mue parfois en une véritable paix intérieure. C’est l’expérience qu’a faite Sixtine, 26 ans, Nantaise à l’époque et travaillant dans le BTP. L’été dernier, elle a marché plusieurs jours à la suite de sainte Anne, dans le cadre de la Troménie, ce grand pèlerinage qui a sillonné pendant quatre mois le diocèse de Vannes. La veille du départ, elle a appris qu’elle était licenciée pour raisons économiques. Au lieu de se morfondre, elle a pris son bâton de marche et a rejoint comme prévu la petite colonne de pèlerins bretons. "Marcher permet de se vider la tête et de mettre les problèmes de côté. J’ai confié à la Vierge et à sainte Anne mes soucis professionnels et cela m’a beaucoup apaisée."

Même constat chez Anthony et Anne-Laure. "Marcher est bénéfique, on lâche prise, on se concentre sur l’essentiel, on fait l’expérience de la sobriété et cela fait beaucoup de bien, on se rend compte de la richesse que représente une douche chaude ! Nous n’avons qu’une tenue de rechange, nous logeons dans des lieux assez spartiates mais nous sommes heureux !"
Un cadre propice à la prière et au discernement
Marcher ou se retirer dans un monastère est l’occasion de confier des intentions de prière, de rendre grâce pour un évènement ou tout simplement de prendre du temps avec Dieu, dans une attitude d’ouverture et de disponibilité au Seigneur qu’il est difficile d’atteindre dans le rythme effréné du monde. "Les chemins offrent toujours des endroits où s’arrêter pour prier, des églises, des abbayes, des oratoires…", raconte Anthony. Lui qui se rangeait dans la catégorie des "cathos tièdes" s’en défend désormais : "Je ne suis plus un tiède ! Avant j’étais catholique mais pas très pratiquant, mais à force de marcher de cathédrales en basiliques, de sanctuaires en prieurés, cela renforce la foi". "On prie aussi beaucoup en chantant, durant la marche, et puis nous remercions Dieu pour les paysages, les rencontres… Les pèlerinages sont des “accélérateurs de foi” dit souvent une amie et c’est vrai !", abonde Anne-Laure.

Le couple confie également que la proximité avec les saints s’accroît pendant un pèlerinage. "Saint Jacques est important dans notre vie", assurent Anthony et Anne-Laure qui ont emprunté plusieurs fois "El Camino de Compostella". "Marcher jusqu’à Rome nous a permis de mieux connaître saint Pierre, et désormais, en route pour Constantinople, nous avons à cœur de mieux cerner la personnalité de saint Paul."
Un temps de grâces
Sixtine, elle, confie s’être lancée sur les chemins de la Troménie avec deux demandes en tête : "J’ai demandé deux choses à sainte Anne : un job et un mari !" Sainte Anne l’a entendue, tout du moins pour sa recherche d’emploi, et visiblement la sainte patronne de la Bretagne voulait la garder près d’elle. Après la Troménie, Sixtine a commencé à chercher du travail. Son premier entretien a donné lieu à une embauche… à Auray ! Elle a pris son poste en novembre dernier dans une entreprise située rue Bocéno, du nom du champ où Yvon Nicolazic a découvert la statue de sainte Anne au soir du 7 mars 1625. Si d’aucuns y voient une simple coïncidence, Sixtine y perçoit plutôt l’une des innombrables grâces de la grand-mère de Jésus.

Quant à François, ses retraites régulières lui donnent l’occasion de faire le point sur sa vie et, à certains moments charnière de son existence, de discerner ce que le Seigneur attend de lui. "Faire une retraite permet de faire le vide en soi et de se mettre dans de bonnes dispositions pour prendre une décision importante. Je me rappelle notamment ma réflexion sur le fait de quitter Grenoble et partir à Paris pour rejoindre celle qu'allait devenir ma femme. Dans ce cas-là, discerner était vraiment l'objectif de la retraite."
De Nantes à Rome par la Via Ligeria et la Via Francigena, Anne-Laure Timmel et Anthony Grouard, éditions Salvator, janvier 2025, 248 pages, 18,50 euros.
Pratique




![[VIDÉO] À 16 ans, Ryder Williams devient le héros de Santa Cruz](https://wp.fr.aleteia.org/wp-content/uploads/sites/6/2026/07/Un-sauvetage-heroique-a-santa-cruz-1.jpg?resize=150,150&q=75)







