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La fascinante énigme de la reine de Saba

5 min de lecture
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Crédit : Domaine public

"Salomon et la reine de Saba", par Piero della Francesca.

Entre légende et réalité, les multiples récits concernant la reine de Saba invitent le croyant à réfléchir sur son propre rapport à la grandeur divine. Marchons sur les pas de celle qui sut ouvrir son cœur à Dieu malgré toutes ses richesses et sa beauté…

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C’est au Livre des Rois que nous pourrons trouver la première référence à un personnage aussi mystérieux qu’appelé à une longue destinée, à savoir la reine de Saba, régnant sur la riche Arabie du Sud et sur les terres au nord de l’actuelle Ethiopie. Légende pour certains, personnage ayant réellement existé pour d’autres, la reine de Saba appartient incontestablement au domaine de la foi pour les chrétiens, et même plus pour les Ethiopiens qui la nomment Makedo et la revendiquent comme fondatrice de la dynastie des Négus, souverains jusqu’à Hailé Sélassié au XXe siècle.

La Bible nous apprend que la reine de Saba, réputée pour sa beauté et l’immensité de ses richesses, avait été interpellée par la réputation de Salomon, connu en effet pour sa proverbiale sagesse. Celle qui possédait tout, se devait d’aller voir qui pouvait encore rivaliser avec elle… C’est ainsi qu’elle se mit en marche avec sa suite en un long voyage de Saba à Jérusalem dont la Bible nous livre le récit détaillé : "Elle arriva à Jérusalem avec une escorte imposante : des chameaux chargés d’aromates et d’une énorme quantité d’or et de pierres précieuses" (1R 10, 1-13).

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"L'adoration du Bois sacré et la rencontre de la reine de Saba et du roi Salomon", de Piero della Francesca.

Le texte précise que la reine fit présenter au roi deux cent vingt lingots d’or, sans oublier les aromates et les pierres les plus précieuses, ainsi que du bois de santal pour l’édification du Temple et d’autres instruments de musique. Que pouvait dès lors en retour offrir le roi Salomon face à une telle surabondance de richesses et de splendeurs que nul n’avait vue jusqu’alors et ne verrait après, souligne la Bible ? 

Après que le roi Salomon eut répondu à toutes les questions et autres énigmes qu’avait préparées la reine, cette dernière proclama cette confession de foi passée à la postérité : "Béni soit le Seigneur ton Dieu, qui t’a montré sa bienveillance en te plaçant sur le trône d’Israël. Parce que le Seigneur aime Israël pour toujours, il t’a établi roi pour exercer le droit et la justice" (1R 10,9). 

La reine païenne reconnut ainsi, non seulement la sagesse proverbiale de Salomon, mais également l’origine de cette renommée, à savoir le Dieu d’Israël. Le Nouveau Testament dans l’évangile de Luc confirme également cet évènement : "Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon".

Une reine légendaire

Si le judaïsme, le christianisme, et l’islam qui la nomme Balkis, reconnaissent la reine de Saba comme une reine incontournable, la culture a su également se saisir très tôt de ce merveilleux personnage. La légende voudrait ainsi que la reine de Saba se soit unie au roi Salomon et qu’ils aient eu un enfant, symbole de la conversion de la reine à la foi en un Dieu unique. Cette femme décidément enchanteresse sera appelée Sibylla par les Grecs et Regina Sibilla dans l’Occident médiéval, et sera même associée à la reine Pédauque, représentée sur les portails de nombreuses églises.

Des fouilles archéologiques ont même été menées au siècle passé jusqu’en 2008 par des archéologues de l’université de Hambourg, chacune de ces missions pensant avoir trouvé le palais de la légendaire souveraine…

Une reine biblique devenue une icône

Au-delà de ces recherches archéologiques, il demeure que la reine de Saba est devenue depuis des siècles un personnage mythique incontestable, dont la réalité est gravée définitivement dans la pierre des églises, tout autant que sur les toiles des plus grands maîtres de la peinture. Il suffira pour s’en convaincre d’apprécier la délicatesse de cette rencontre de la reine et de Salomon par Piero della Francesca au XVe siècle ou encore d’admirer les détails de cet embarquement de la reine évoqué par Claude Lorrain au XVIIe siècle Le compositeur Charles Gounod au XIXe siècle lui a même consacré un opéra entier "La Reine de Saba". De même, cette envoûtante reine a également su inspirer écrivains et penseurs du XXe siècle, on songe à Romain Gary ou encore à Malraux qui n’hésita pas à partir en avion chercher le Royaume de la reine de Saba au péril, selon son récit, de sa vie… Soulignons encore le 7e art qui a immortalisé définitivement la souveraine sous les traits de la comédienne Gina Lollobrigida dans le film Salomon et la Reine de Saba de King Vidor en 1959, signe que la reine de Saba n’a pas fini de faire parler d’elle...