L'évêque du diocèse de Coutances, Mgr Grégoire Cador, s'apprête à promulguer les nouveaux statuts canoniques du sanctuaire du Mont-Saint-Michel ce 23 juillet 2026. Une démarche qui vient graver dans le marbre la vocation du lieu et son message spirituel, porté depuis plus de 1.000 ans.
Le sanctuaire du Mont-Saint-Michel va connaître ce jeudi 23 juillet 2026 un petit événement : à l'occasion du pèlerinage des Grèves, l'évêque de Coutances, Mgr Grégoire Cador, va officiellement promulguer ses nouveaux statuts canoniques. Une première en treize siècles, puisque les règles de droit canoniques n'avaient jamais fait l'objet de statuts écrits pour le Mont.
"Le nouveau code de droit canonique de 1983 exige que tous les sanctuaires qui n’avaient pas de statut canonique officiel s’en dotent, explique le recteur du sanctuaire don Pierre Doat, prêtre de la communauté Saint-Martin. Pour plusieurs raisons, ces statuts n’ont jamais été rédigés au Mont-Saint-Michel. Mais ce ne veut pas dire que la réalité qu'ils portent n’était pas déjà vécue." Mais de quoi s'agit-il ? "Ils rappellent un certain nombre de droits et de devoirs", répond don Pierre Doat, ainsi qu'une règle, - "la plus marquante" - concernant la délimitation. "Le sanctuaire est une réalité spirituelle avant d’être un territoire géographique, précise le recteur. La mission d’une paroisse reste dans les limites de son territoire, quand le sanctuaire porte un message au-delà de ses limites géographiques." Pour le Mont-Saint-Michel, il recouvre donc le prieuré d'Ardevon, situé à 5 km du mont, l'église Saint-Pierre, mais aussi l'abbaye (qui reste la propriété de l'État).
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Une grâce particulière
Au-delà des questions juridiques et administratives, les nouveaux statuts canoniques du sanctuaire sont une opportunité pour graver dans le marbre la vocation du Mont-Saint-Michel. "L’ambition est de rappeler que le Mont n’est pas qu’un lieu patrimonial, précise don Pierre Doat. Ces statuts visent à encourager le sanctuaire et ses acteurs à conduire les âmes au Christ, notamment à travers la grâce singulière de ce lieu." Une grâce profondément liée à la mission des anges, en particulier de l'archange saint Michel. "Le message du sanctuaire n’a pas été défini par saint Michel ni par l’Église, mais par la dévotion des fidèles, ajoute le recteur. Il tient en quatre points, en lien avec l'histoire du lieu" Au Mont, saint Michel est prié comme témoin de la miséricorde divine, comme ange du combat spirituel, mais aussi comme veilleur des défunts et enfin comme "tête de pont du monde invisible". "Depuis sa fondation, le lieu témoigne de la proximité du monde angélique et céleste. Le Rocher est le signe visible de la présence invisible des anges et de saint Michel."
Paradoxalement, cette vocation singulière du Mont-Saint-Michel associée aux anges est assez peu connue chez les catholiques. "Par exemple, un évêque originaire de Normandie m'a confié avoir fait une trentaine de pèlerinages au Mont, sans qu'aucun d'eux n'ait eu pour thème saint Michel et les anges", raconte don Pierre Doat, qui se dit impressionné par la bienveillance des visiteurs à cet égard.
Un lieu d'évangélisation
Pour témoigner de ce message aux quelque 3 millions de personnes qui viennent chaque année au Mont-Saint-Michel, la présence monastique et la vie de prière sont essentielles. Malgré le départ prochain des deux moines de la Fraternité monastique de Jérusalem, présente depuis vingt-cinq ans au Mont, la branche féminine de la communauté est maintenue. "C’est inenvisageable de ne pas avoir de présence monastique dans ce lieu, insiste don Doat. Elle est parallèle à la présence des anges ; les moines et moniales incarnent, par leur prière et leur consécration, ces êtres désincarnés que sont les anges." Aux côtés des moines et moniales, les pèlerins participent à l'évangélisation des visiteurs, qui sont dans leur grande majorité des touristes. "On peut proposer plein de choses, mais ce qui les fait s’arrêter, c’est un groupe en train de prier. Le Mont est minuscule, il suffit qu’il y ait 50 pèlerins parmi les milliers de visiteurs pour que cela change l’ambiance."
La mission d'évangélisation est particulièrement renforcée en juillet en août, deux mois durant lesquels les groupes de pèlerins sont moins nombreux. Autre première pour le Mont-Saint-Michel, une quinzaine de bénévoles est chargée cet été de témoigner et d'aller à la rencontre des visiteurs sur le parvis de l'abbaye.




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