Menacé par l'un des plus importants incendies de l'été dans le Var, le sanctuaire Notre-Dame de Grâce de Cotignac a été sauvé au terme d'une nuit de prière et de lutte acharnée. Un immense panache de fumée a obscurci le ciel du Var ce 21 juillet. Un incendie de grande ampleur prend naissance dans un champ situé à Pontevès, dans le secteur de Brignoles. Il se propage rapidement en direction de Cotignac et de Sillans-la-Cascade, ravageant sur son passage plus de 2.500 hectares. Au sanctuaire de Cotignac, la menace semble d’abord lointaine. Depuis le site, les flammes ne sont pas encore visibles. Mais au-dessus du Mont Bouillon, un immense panache de fumée s’élève dans le ciel. Le signe avant-coureur d’un danger qui, en quelques heures seulement, va se rapprocher du sanctuaire. "Nous voyions la fumée, mais pas les flammes", raconte le frère Vincent, recteur du sanctuaire Notre-Dame de Grâce. Pourtant, la situation évolue rapidement. Attisé par des conditions particulièrement favorables à sa propagation, l’incendie progresse vers le sud de la colline et franchit bientôt la ligne de crête. À midi, par mesure de précaution, les sœurs présentes au monastère Saint-Joseph du Bessillon sont évacuées. Quelques heures plus tard, le feu dépasse la colline et encercle le monastère.
Plus bas, au sanctuaire de Notre-Dame de Grâce, les frères suivent avec attention l’évolution de l’incendie. Les familles accueillies dans la session au sanctuaire sont prévenues. Les 35 guides d’Europe ainsi que les scouts unitaires de France (SUF) sont également informés qu’une évacuation pourrait devenir nécessaire. "Nous avons attendu les consignes officielles des autorités", explique à Aleteia le frère Vincent. Dans l’après-midi, chacun se prépare au départ. Les affaires sont rassemblées, les véhicules chargés. Vers 20 heures, l’ordre d’évacuation est donné. Mais malgré l’urgence, l’atmosphère reste étonnamment paisible. Avant de quitter les lieux, familles, guides et religieux prennent même le temps de vivre les derniers moments de prière : l’adoration, les vêpres et la prière du soir. Puis vient le départ. "À ce moment-là, nous étions sous une colonne de fumée impressionnante, presque monumentale. Le spectacle était saisissant. En descendant vers le village, nous avons vu les flammes arriver sur la colline", témoigne le frère Vincent.
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Dans l’urgence, la solidarité s’organise. Les sœurs du monastère Saint-Joseph du Bessillon rejoignent d’abord la mairie avant d’être accueillies dans une famille, qui devra elle aussi malheureusement quitter son logement dans la nuit face à la progression de l’incendie. Elles trouvent finalement refuge, tout comme les frères de Saint-Jean, chez des paroissiens. Quant aux guides, scoutes et aux pèlerins, un hôtel du village leur ouvre ses portes. Et pendant ce temps, une question demeure : le sanctuaire de Notre-Dame de Grâce pourra-t-il être épargné ?
Un sanctuaire encerclé par les flammes
Durant cette nuit d’incendie, de nombreux catholiques se mobilisent. Des chaînes de prière sont lancées pour demander la protection du sanctuaire, notamment par l’intercession de saint Joseph. Dans un communiqué, Pierre Brottier, représentant national du pèlerinage des pères à Cotignac, invite les fidèles à s’unir par la prière pour tous ceux qui affrontent cette épreuve : les sapeurs-pompiers et l’ensemble des secours engagés sur le terrain, les religieux et religieuses évacués, ainsi que les habitants de Cotignac, Montfort-sur-Argens et Correns touchés par l’incendie. "Que Notre-Dame de Grâce veille sur ces terres et sur celles et ceux qui les habitent et les servent. Que saint Joseph intercède pour la préservation de son sanctuaire et la sécurité de tous", écrit-il. Au cœur de cette épreuve, Mgr François Touvet, évêque de Fréjus-Toulon, reste également en lien étroit avec les religieux évacués, leur assurant soutien et prières.
Nous rendons grâce à la Providence pour cette protection et remercions les pompiers pour leur travail remarquable.
De son côté, le frère Vincent, qui assiste depuis le village au triste spectacle, se dit malgré tout confiant. Il sait que d'importants travaux ont été menés il y a quatre ans pour limiter le risque incendie. "Deux immenses réserves d’eau, des citernes de 10 m³, avaient été installées spécifiquement pour la protection incendie, en plus du travail de coupe des arbres et de débroussaillage. Une véritable barrière de protection a été créée", explique-t-il à Aleteia. Cette coupure joue alors pleinement son rôle. Le feu ne retrouve plus cette continuité végétale qui lui permet de progresser d’arbre en arbre. Une véritable zone de rupture avait été aménagée autour du sanctuaire. Pendant des heures, les pompiers luttent pour protéger Notre-Dame de Grâce. "Ils nous ont expliqué que les langues de feu avaient entouré Notre-Dame de Grâce. Ils ont combattu pendant des heures pour protéger le sanctuaire, avec beaucoup d’eau déployée", raconte le frère Vincent.
Au matin, le soulagement est immense : l’église et les maisons du sanctuaire n’ont pas été touchées. Quelques dégâts sont néanmoins constatés, notamment sur les canalisations d’eau. "Nous rendons grâce à la Providence pour cette protection et remercions les pompiers pour leur travail remarquable", confie le frère Vincent.
Une communauté réunie au lendemain de l’épreuve
Après cette nuit d’incertitude, Cotignac retrouve peu à peu son calme. Le lendemain matin, mercredi 22 juillet, les religieux, les familles et les guides se retrouvent dans l’église paroissiale du village pour célébrer la messe de la Sainte Marie-Madeleine. Un repas est proposé par un hôtel du village. Chacun tente désormais de s’organiser après cette journée hors du commun. Dans un message posté sur Facebook, Mgr Touvet, qui devait s'y rendre dans l'après-midi, a remercié les sapeurs pompiers le Préfet du Var et le maire de Cotignac. "Nous prions pour les personnes ayant perdu leur maison, leur vendange à venir…", a-t-il écrit, annonçant qu’il célébrerait la messe du 15 août sur place en action de grâce aux pieds de Notre-Dame.
Si le feu a laissé derrière lui des paysages profondément marqués et plusieurs familles durement touchées, une immense reconnaissance demeure chez ceux qui ont vu les flammes s’approcher du sanctuaire. Ce mercredi, jour qui lui est dédié, saint Joseph est plus que jamais remercié pour son intercession en faveur du lieu de son apparition.





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