La loi française contre l'ultra-fast fashion, qui entrera en vigueur le 1er septembre, provoque une vive réaction de Pékin. La Chine a dénoncé mercredi 22 juillet un texte discriminatoire et menace de prendre des mesures de rétorsion.
La Chine a averti, mercredi 22 juillet, que la France s'exposait à de possibles mesures de rétorsion après l'adoption de sa loi contre l'ultra-fast fashion, qui entend contrer l'essor de la mode jetable. Entrant en vigueur le 1er septembre, ce texte prévoit notamment un malus financier sur les vêtements de mode éphémère et cible les grandes plateformes asiatiques de commerce en ligne, telles que Shein, Temu et AliExpress.
Visées par cette législation, les entreprises de l'ultra-fast fashion reposent sur un modèle fondé sur la vente de très gros volumes de vêtements de faible qualité à des prix cassés. Une pratique régulièrement pointée du doigt pour son impact environnemental, l'industrie textile étant l'un des principaux secteurs émetteurs de gaz à effet de serre.
Bienvenue sur le nouveau site d'Aleteia !
Nous sommes heureux de vous accueillir sur un site entièrement repensé, réalisé grâce au soutien de nos généreux donateurs.
Si vous appréciez cette nouvelle expérience de lecture, vous pouvez, vous aussi, nous aider à faire vivre Aleteia.
Ainsi ce mercredi, un porte-parole du ministère chinois du Commerce a déclaré que la nouvelle loi française, "sous couvert de fixer de prétendues normes de protection de l’environnement et de durabilité, mettait en réalité en œuvre des mesures d’exclusion", rapporte l’AFP. Selon le porte-parole, cette réglementation serait "suspectée de violer le principe de non-discrimination de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et constitue une barrière commerciale à l’encontre de la Chine".
"Nous exhortons la France à respecter les règles de l’OMC et à corriger immédiatement ces pratiques discriminatoires."
"Nous exhortons la France à respecter les règles de l’OMC et à corriger immédiatement ces pratiques discriminatoires", a poursuivi le responsable chinois, avertissant que des "mesures nécessaires de rétorsion" pourraient être prises "si les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises venaient à être bafoués".
Les principales mesures de la loi
Adoptée par le Parlement français à la fin du mois de juin, la loi contre l’ultra-fast fashion prévoit l'application d'un malus financier sur certains produits textiles fabriqués en série. Son montant augmentera progressivement jusqu'en 2030, pour atteindre jusqu'à 20 euros par vêtement, dans la limite de 50% du prix hors taxe. Le texte interdit également la publicité pour les marques de vêtements bon marché produites en masse, y compris lorsqu'elle est réalisée par des influenceurs sur les réseaux sociaux.
Le mois dernier, le ministre français du Commerce, Serge Papin, avait déclaré que les trois entreprises asiatiques étaient les principaux acteurs visés par cette législation, estimant qu’elles étaient à l'origine de l'essor de l'ultra-fast fashion. Si le gouvernement assume ce ciblage, la loi ne fait pas l'unanimité. En France, certains lui reprochent d'épargner des enseignes européennes et françaises de mode à bas prix, comme Zara ou Kiabi. De son côté, la Commission européenne a également émis des réserves sur la conformité des dispositions relatives à la publicité avec le droit de l'Union européenne.












