Aller au contenu principal

Ebola en RDC : l’épidémie dépasse le seuil des 1.000 morts

4 min de lecture
Ebola

Crédit : Jospin Mwisha / AFP

L’OMS a déclenché le 17 mai une alerte sanitaire internationale face à la recrudescence des cas d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC).

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda a franchi le seuil des 1.000 morts, a annoncé l'Organisation mondiale de la santé ce 22 juillet. Face à une propagation jugée plus rapide que lors des précédentes flambées, elle alerte sur une flambée sans précédent et appelle à renforcer la riposte sanitaire.

Partager sur :

L'épidémie de maladie Ebola continue de faire rage en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda où elle a déjà fait 1.001 morts, selon un dernier bilan communiqué le 22 juillet par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui s'appuie sur des données des autorités sanitaires congolaises. Au total, 999 décès et 2.473 cas confirmés ont été recensés en RDC depuis le début de l'épidémie, déclarée le 15 mai, a indiqué l'OMS dans un point de situation daté du 20 juillet. Le bilan est maintenu à deux morts pour 20 cas confirmés en Ouganda voisin, où les autorités ont affirmé la semaine dernière ne plus compter de malades. Le pays doit toutefois attendre encore un mois sans nouveau cas pour être officiellement considéré comme débarrassé du virus.

Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. L'épidémie la plus meurtrière en RDC avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades recensés, entre 2018 et 2020. L'épidémie actuelle se propage "plus rapidement que toutes les épidémies précédentes", a alerté la semaine dernière le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

Une province en première ligne face à la flambée d’Ebola

Le foyer de la crise, dont l'ampleur réelle est encore difficile à mesurer et qui pourrait durer plusieurs mois, se situe en Ituri, province du Nord-Est congolais frontalière du Soudan du Sud et de l'Ouganda. La province concentre 89,1% des cas et 83,9% des décès, selon l'OMS. Dans cette région pauvre et en proie à des conflits, le traçage des cas contacts demande d'"énormes moyens", s'inquiète Trish Newport, directrice des programmes d'urgence pour l'ONG Médecins sans frontières (MSF) à Bunia, capitale de l'Ituri. Une parties des malades sont enterrés sans protection par leurs familles dans les zones rurales, accélérant la contamination. "Un seul décès a pu générer jusqu'à 17 cas de transmission", relate Trish Newport. Face à l'urgence, volontaires locaux chargés du suivi des cas contacts et de l'enterrement des malades sont souvent formés à la hâte et particulièrement exposés au virus, ajoute-t-elle. Face au virus, l'Église fait son possible pour contribuer à la sensibilisation de la population, insistant tout particulièrement sur les normes d'hygiène et distribuant des kits sanitaires.

Malgré l'insécurité grandissante, "l'Église continue à aider ces familles avec l'appui de ses différents partenaires", comme l'Aide à l'Église en détresse, avait expliqué en juin à Aleteia l'abbé Nuru, chancelier de la Curie diocésaine. Et d'ajouter : "L'Église catholique est aux côtés des déplacés des guerres pour les réconforter. Elle est prête à accompagner tous ceux qui sont exposés au virus pour la prévention, la prise charge, l'apostolat des familles sinistrées."

Cette 17e épidémie en RDC est causée par le virus Bundibugyo pour lequel il n'existe ni vaccin, ni traitement. Un essai clinique portant sur deux traitements contre cette souche rare a commencé début juillet, selon l'OMS, qui a également accordé une autorisation d'utilisation d'urgence au premier test de diagnostic moléculaire du virus. La semaine dernière, l'OMS a aussi annoncé le premier essai de sécurité du vaccin ChAdOx1, sous la direction de l'université d'Oxford (Royaume-Uni). Le virus est aussi présent dans quatre autres provinces congolaises, dont celles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les capitales provinciales et de larges pans de territoire sont contrôlés par le groupe armé antigouvernemental M23. La transmission humaine du virus se fait par les fluides corporels ou par exposition au sang d'une personne infectée, vivante ou décédée. Les personnes infectées ne deviennent contagieuses qu'après l'apparition des symptômes, la période d'incubation pouvant aller jusqu'à 21 jours.