Plus de 5.000 personnes ont perdu la vie dans les séismes qui ont frappé le nord du Venezuela. Pour accompagner la reconstruction d'un pays durement touché, le FMI a débloqué une aide de 346 millions de dollars.
Le bilan des deux puissants séismes qui ont frappé le nord du Venezuela continue de s'alourdir. Trois semaines après la catastrophe, les autorités ont annoncé, vendredi 17 juillet, que plus de 5.000 personnes avaient perdu la vie, tandis que des milliers d'autres demeurent sans abri. Pour soutenir la reconstruction, le Fonds monétaire international (FMI) a débloqué une enveloppe de 346 millions de dollars.
Le dernier bilan communiqué par le président du Parlement, Jorge Rodriguez, fait état d'au moins 5 069 morts après les deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont frappé le nord du Venezuela à 39 secondes d'intervalle, touchant particulièrement l'État de La Guaira. Les secousses ont également fait 16 740 blessés. Aucun bilan officiel des disparus n'a encore été communiqué par les autorités. L'ONU estimait toutefois, au surlendemain de la catastrophe, que leur nombre pourrait atteindre 50 000.
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La violence des secousses a gravement endommagé plusieurs centaines d'immeubles, dont beaucoup sont désormais inhabitables, tandis que d'autres se sont totalement effondrés. À La Guaira, près de 20 000 personnes sans abri vivent désormais dans des camps de fortune installés dans des stades, sur des places publiques ou même le long des trottoirs de cette station balnéaire située à proximité de Caracas.
L'enveloppe de 346 millions de dollars débloquée par le FMI provient de fonds jusqu'alors gelés, l'institution ne reconnaissant pas la légitimité de l'ancien président vénézuélien Nicolas Maduro. Le FMI et la Banque mondiale avaient toutefois annoncé en avril la reprise de leurs relations avec le Venezuela, interrompues depuis 2019 après le renversement de Nicolas Maduro lors d'une opération militaire menée par les États-Unis en janvier. Cette aide permettra notamment "de soutenir les familles" touchées par la catastrophe "en matière de logement, d'infrastructures, de services publics essentiels", a précisé vendredi la présidente par intérim, Delcy Rodriguez.
Entre recherches, détresse et solidarité
Sur place, les recherches se poursuivent dans des conditions extrêmement difficiles. À La Guaira, familles et bénévoles continuent de fouiller les décombres pour tenter de retrouver leurs proches. "Il y a énormément de gens là-dessous, personne ne veut toucher les morts", déplore auprès de l'AFP Hildegar Mujica, un économiste de 60 ans à la recherche de son ex-épouse, ensevelie sous les décombres d'une tour de douze étages.
"À aucun moment les organismes de l'État n'ont manifesté d'intérêt pour les corps qui se trouvent dans toute cette structure de pierre."
Pour tenter de retrouver leurs proches, certaines familles ont dû louer elles-mêmes des engins pour soulever les blocs de béton et tenter d'accéder aux victimes ensevelies. "À aucun moment les organismes de l'État n'ont manifesté d'intérêt pour les corps qui se trouvent dans toute cette structure de pierre", regrette Hildegar Mujica. "En fait, il y a des corps visibles et, s'il n'y a pas de familles pour les reconnaître, on ne les prend pas en compte." Début juillet, Delcy Rodriguez, avait assuré que "personne n'irait dans des fosses communes".
Face au manque de moyens, certains se tournent vers des "taupes", des particuliers qui proposent, contre rémunération, d’aider les familles à récupérer leurs morts. Une pratique dénoncée par Johan Torumo, bénévole de 45 ans originaire de La Guaira. "J'ai un témoin à qui ils ont pris 1.300 dollars", affirme le bénévole. "Nous n'avons même pas vu une meuleuse, rien", assure-t-il. Selon lui, ces "taupes", contactées dans la plus grande discrétion, facturent environ 300 dollars par personne retrouvée. "Une fois qu'ils ont trouvé ton proche, ils te demandent un sac poubelle noir et ils te le mettent dedans", raconte-t-il.
Dans ce contexte de catastrophe, l'Église catholique locale s'est rapidement organisée pour soutenir les sinistrés. À Caracas, l'archevêché a créé une commission spéciale, dirigée par le père Nelson Molina, afin de coordonner l'aide matérielle et l'accompagnement spirituel des victimes, en lien avec les paroisses et les équipes présentes sur le terrain.












