La tapisserie de Bayeux, appelée initialement la "Telle du Conquest" ("Toile de la Conquête"), est une broderie commandée par l’évêque Odon au XIème siècle pour sa cathédrale qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant. Elle est parvenue le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an. La ministre française de la Culture, Catherine Pégard, l’a admirée ce 17 juillet à Londres.
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard, s'est réjouie ce 17 juillet de voir la tapisserie de Bayeux "en très bon état" au British Museum, où la broderie millénaire est arrivée la semaine dernière après un voyage à hauts risques pour sa conservation.
Cette œuvre aurait été commandée en 1077 à des artisans par l'évêque Odon de Bayeux, le demi-frère de Guillaume le Conquérant, pour décorer sa cathédrale. Elle décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066. La plus ancienne mention directe de la tapisserie est un inventaire du trésor de la cathédrale de Bayeux, dressé en 1476, qui en mentionne l'existence et précise qu'elle était suspendue autour de la nef, de pilier en pilier, pendant quelques jours chaque été, sans doute du 1er juillet (jour de la Fête des reliques) au 14 juillet (jour de la Dédicace). Une coutume qui aurait persisté jusqu'à la Révolution.
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Conservée jusqu'à la fin du XVIIIe siècle dans le trésor liturgique de la cathédrale de Bayeux, elle échappe de peu à la destruction lors de la Révolution française. Depuis 1983, elle est présentée au public au Musée de la Tapisserie de Bayeux au sein du Centre Guillaume, ancien Grand séminaire de Bayeux, qui lui est entièrement consacré. Elle est parvenue le 10 juillet au musée londonien pour un prêt d'un an décidé en juillet 2025 par Emmanuel Macron. Elle y sera exposée du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027. À son retour en France courant 2027, cette œuvre regagnera le musée de Bayeux et devra faire l'objet en 2028 d'une restauration plusieurs fois repoussée par le passé.
Transfert historique
Ce transfert historique depuis Bayeux, dans l'ouest de la France, avait donné des sueurs froides à des experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient une dégradation irréversible de cette tapisserie très fragile. "Elle est très bien arrivée, en très bon état. On est en train d'opérer toutes les investigations pour vérifier que tout ce voyage s'est bien passé", a déclaré Catherine Pégard, interrogée par l'AFP au British Museum.
La ministre a salué "un travail titanesque" ainsi qu'un "exploit technique". Des équipes françaises vont rester au British Museum "jusqu'à la mi-août pour accompagner tout le travail d'installation de la tapisserie", a-t-elle précisé.
70 mètres de long
La broderie de près de 70 mètres a été extraite jeudi du caisson dans lequel elle avait été acheminée, conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.
L'œuvre a été déposée sur la table où elle sera exposée, en une seule ligne, à plat, dans une longue salle aux murs sombres. Elle va être placée dans les prochains jours sous une vitrine scellée. Cette installation a été "vraiment formidable à voir", a confié à l'AFP le conservateur de l'exposition, Michael Lewis. "Je suis soulagé et content que tout se soit déroulé comme prévu".
Une question demeure néanmoins en suspens : où a été réalisée la tapisserie ? Des spécialistes anglais jugent probable qu'elle ait été brodée dans la région de Canterbury en Angleterre. "Ils sont assez catégoriques sur cette information », affirme Catherine Pégard. "Mais apparemment il n'y a aucune preuve totalement intangible qui permette de dire qu'elle a été faite ici. Donc on gardera le mystère", a conclu la ministre.











