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“Si quelqu’un est obstiné, je vais l’être aussi” : Maël remonte une nouvelle fois la croix de l’Aneto

4 min de lecture
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Crédit : Mael Le Lagadec

Quelques semaines après avoir installé une nouvelle croix au sommet de l’Aneto, Maël Le Lagadec a découvert qu’elle avait à nouveau disparu. Loin de renoncer, le jeune alpiniste de 18 ans a choisi de repartir une autre fois à l’assaut du sommet pyrénéen, le 11 juillet, pour y déposer une nouvelle croix, plus légère mais toujours porteuse du même symbole. Face à cet acharnement, il répond par la persévérance et l’espérance.

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Son initiative avait suscité une large vague d’enthousiasme dans les médias et sur les réseaux sociaux. Après le vandalisme de l'emblématique croix du sommet d'Aneto, Maël Le Lagadec, 18 ans, avait décidé d'en réaliser une nouvelle qu'il avait remontée à pied tout en haut du pic. Mais quelques semaines plus tard, le jeune alpiniste a dû se résoudre à repartir : celle qu’il avait installée le 8 mai a, elle aussi, disparu.

"Un ami est monté sur l’Aneto et m’a dit qu’il n’avait pas vu la croix que j’avais remontée au sommet", raconte Maël à Aleteia. Dans un premier temps, le jeune homme espère encore que les conditions météorologiques puissent expliquer cette disparition. Mais rapidement, les témoignages s’accumulent. "Il m’a envoyé des vidéos, et on ne voyait rien. Ensuite, plusieurs autres personnes m’ont dit la même chose. Ce n’était pas possible que ce soit la météo. J’ai compris que c’était intentionnel."

Cette fois, Maël décide pourtant de ne pas communiquer immédiatement sur cette nouvelle disparition. "Je ne voulais pas trop l’ébruiter. Je me suis dit que j’allais simplement remonter quand j’aurais l’occasion." L’occasion se présente finalement le week-end du 11 juillet.

Croix en épicéa

"J’ai ressenti du dégoût de voir à quel point quelqu’un pouvait s’acharner là-dessus. Je me suis demandé pourquoi une personne pouvait consacrer autant d’énergie à enlever une croix. Mais finalement, je me suis dit que si quelqu’un était aussi obstiné, j’allais l’être aussi. " Pour Maël, il ne s’agit pas d’entrer dans un affrontement, mais de défendre ce que représente ce symbole. "Une croix sommitale, ce n’est pas juste un objet posé au sommet d’une montagne. Pour les croyants, elle a une dimension spirituelle. Pour beaucoup d’alpinistes aussi, elle fait partie de l’histoire des sommets, elle marque un objectif atteint, un lieu de passage."

Cette fois, Maël a choisi de concevoir une croix différente. Plus légère, mais toujours réalisée avec attention. "J’en ai refait une en épicéa. Elle a été vernie et traitée pour mieux résister. On a ajouté des fers plats que j’ai moi-même tordus. J’ai aussi dessiné une petite montagne avec écrit “Aneto” dessous." L’ensemble mesure environ trois mètres et pèse 15 kilos, soit bien moins que la première croix de 35 kilos qu’il avait portée jusqu’au sommet quelques semaines auparavant. Mais pour cette nouvelle ascension, Maël n’a pas choisi la facilité. Accompagné d’un ami, il décide de partir depuis la frontière française, par un itinéraire plus long et plus exigeant. "On monte d’abord 1.300 mètres de dénivelé, puis on redescend 800 mètres avant de remonter vers l’Aneto. Au total, on a fait plus que le Mont-Blanc en dénivelé positif : plus de 4.000 mètres."

Cette fois, pas de neige ni de froid extrême comme lors de sa première montée. Mais l’effort reste considérable. Une nouvelle preuve, pour le jeune paysagiste de Montauban, que ce projet dépasse largement la simple performance sportive. Malgré les deux actes de vandalisme successifs, Maël refuse de transformer cette histoire en conflit personnel. "Forcément, je me dis que ça peut arriver à nouveau. Mais l’idée, c’est aussi de décourager le responsable. Je pense que si je le rencontrais, je lui expliquerais simplement l’importance des croix sommitales. J’aimerais comprendre pourquoi il fait ça."