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“Le match de rugby, c’est ma deuxième messe” : le père François-Xavier entre foi et mêlées

Ordonné prêtre en 2024 dans le diocèse d’Auch, François-Xavier Branthomme poursuit en parallèle sa pratique du rugby. Une double vocation où le corps, la fraternité et la foi avancent ensemble.

4 min de lecture

Source: © Frédéric Despax

François-Xavier Branthomme, prêtre et rugbyman.

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François-Xavier Branthomme mène de front une double vocation. Prêtre et rugbyman, il incarne une foi qui se vit autant dans l’âme que dans le corps. À première vue, rien ne le distingue des autres joueurs. Même maillot, même engagement au contact. Pourtant, une fois le match terminé, il troque les crampons pour le col romain. Ordonné prêtre en 2024, il poursuit sa pratique du rugby, refusant d’opposer ces deux dimensions de sa vie, qu’il considère au contraire comme profondément liées.

De la garde des brebis à celle des âmes

Huitième d’une fratrie de neuf enfants, le père François-Xavier Branthomme grandit à Castelnau-d'Auzan, dans le Gers. "Fils de berger, j’ai passé mon enfance parmi les brebis et dans la bergerie. Aujourd’hui, je veille sur mes paroissiens", confie-t-il à Aleteia. Sa vie bascule à 12 ans, lors d’un camp scout : "pendant la préparation d’une confession et alors que je réfléchissais à ce que Dieu voulait pour moi, la réponse a jailli : le Seigneur m’appelait à être prêtre". Pourtant, il met cet appel entre parenthèses pendant une dizaine d’années. Après un BTS Production animale puis une licence en agrofourniture, il se destine à reprendre l’exploitation familiale. Finalement, il rentre à l’âge de 22 ans au séminaire de Toulouse et est ordonné prêtre à la cathédrale d’Auch le 9 juin 2024.

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François-Xavier Branthomme lors de son ordination.

Mais loin de laisser le rugby derrière lui, il continue de chausser les crampons, fidèle à un sport qui le passionne depuis toujours. Au séminaire, ce besoin de pratique sportive se confirme. Il initie notamment des séminaristes au rugby. "Ce qui me plaît, c’est la pédagogie du rugby : tout le monde a sa place, on s’entraide, on prend confiance et on vit des moments fraternels", raconte-t-il.

"Le rugby dans le Gers, c’est presque une religion !"

Quand le rugby nourrit le sacerdoce

Aujourd’hui, ce prêtre du diocèse auscitain conjugue vie pastorale et rugby, en tant que troisième ligne au club Montestruc Gers Rugby. "J’ai décidé de continuer le rugby en plus de mon ministère car j’y trouve une unité de vie. Je vais à un entrainement par semaine et le dimanche après-midi, place au match, "ma deuxième messe". Le rugby dans le Gers, c’est presque une religion !", explique-t-il avec enthousiasme. Quelques paroissiens et confrères prêtres viennent parfois le soutenir. "À l’inverse, j’ai parfois la joie de voir des rugbymen dans une église. Un jour, tout mon club était venu assister à l’une de mes messes", se réjouit-il.

François-Xavier Branthomme sur le terrain.

À l’origine, il ne choisit pas le rugby pour témoigner de sa foi. Pourtant, au fil des matchs, sa présence interroge ses coéquipiers et ouvre régulièrement des discussions autour de la religion : "on me pose parfois des questions comme la vie après la mort, ou alors on me demande des sacrements". Et dans les vestiaires, il prie même avec quelques joueurs. Pour lui, la foi catholique et la spiritualité du rugby vont de pair. "Annoncer l’Evangile est facile, car il y a des valeurs communes avec le rugby. Un de mes entraîneurs nous hurlait à chaque fois qu’on prenait le ballon "sacrifice, sacrifice, sacrifice !". Dans le rugby, les passes se font en arrière : pour faire avancer l’équipe, il faut accepter de se donner pour les autres. C’est une image qui me parle profondément comme prêtre, car la messe renouvelle le sacrifice du Christ", développe ce prêtre de 31 ans. Sur le terrain comme dans sa vocation, il retrouve cette même conviction : il y a plus de joie à donner qu’à recevoir.

François-Xavier Branthomme.

En rééducation cette année après une rupture des ligaments croisés, François-Xavier Branthomme a repris les entraînements durant le mois de juillet. Une épreuve qu’il a vécue avec patience, lui qui continue de voir dans le rugby bien plus qu’un simple loisir : un lieu de fraternité, d’engagement et de don de soi. Une école de vie qui nourrit son sacerdoce.