Une délégation de représentants du Saint-Siège doit se rendre discrètement en France à partir du 22 juillet afin de préparer la visite du pape Léon XIV en France fin septembre.
À partir du 22 juillet 2026, une délégation de représentants du Saint-Siège se rendra discrètement en France, a appris I.MEDIA. Elle viendra régler les derniers détails du programme officiel de la visite du Pape à Paris, Lourdes et Metz du 25 au 28 septembre prochains. Dans cette perspective, I.MEDIA fait découvrir les coulisses de la préparation d'un voyage papal.
Au Vatican, le terme "précurseur" ne désigne pas uniquement saint Jean-Baptiste, le cousin de Jésus qui a annoncé sa venue. Sont en effet aussi nommés "précurseurs" les représentants – une dizaine – discrètement envoyés par le Saint-Siège dans un pays quelques mois avant que ne s’y rende le Pape. Une délégation de ce type est ainsi attendue à Paris le 22 juillet prochain, deux mois en amont de la visite de Léon XIV.
La mission des précurseurs est de vérifier minutieusement que tous les paramètres, protocolaires, logistiques comme sécuritaires, sont respectés en vue de la visite du pontife.
En France, les préparations du voyage ont commencé il y a de long mois : une première délégation du Saint-Siège était déjà venue en mai dernier, suivie d'une délégation française au Vatican en juin, visites qui ont permis de prendre plusieurs décisions importantes. En France, des groupes de travail ont été établis dans chacun des trois diocèses concernés – Paris, Tarbes-Lourdes et Metz – et travaillent quotidiennement avec le Vatican et les autorités publiques françaises.
La semaine prochaine, la délégation vaticane sera emmenée par Mgr José Salas Castañeda, le coordinateur des voyages du pape. Ce Mexicain de 48 ans dirige une petite équipe au sein de la Première section de la secrétairerie d’État qui coordonne tout les aspects du déplacement côté Vatican. Il viendra en France accompagné de responsables des forces de sécurité et de la communication du Saint-Siège. Ils seront rejoints par Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise et président du comité d’organisation de la visite du pape en France, mais aussi par des équipes du gouvernement, notamment du ministère de l’Intérieur et des préfectures locales.
"La mission des précurseurs est de vérifier minutieusement que tous les paramètres, protocolaires, logistiques comme sécuritaires, sont respectés en vue de la visite du pontife", explique une source romaine. Révélé à grand traits en juin dernier par les évêques français, le programme final est déjà très largement établi, même s’il n’a pas encore été officialisé par le Saint-Siège et qu’il ne le sera qu’au retour de cette dernière inspection. Au Vatican, on estime que des changements significatifs sont très improbables, le programme ayant été décidé par le nonce apostolique, Mgr Celestino Migliore, avec une forte implication du président de la conférence des évêques de France (CEF), le cardinal Jean-Marc Aveline.
Selon des sources vaticanes et françaises, le 25 septembre, Léon XIV devrait d’abord se rendre à l’Élysée dans la matinée, à l’UNESCO dans l’après-midi, puis rejoindre le centre de la capitale en papamobile pour célébrer des Vêpres à Notre-Dame, avant une veillée de prière au Stade de France. Le lendemain, il se rendrait toute la matinée à l’Institut catholique de Paris, avant une messe célébrée sur la place de la Concorde face aux Champs Élysées. Ensuite, il rejoindrait Lourdes, où le pape resterait deux nuits, et enfin Metz pour une journée centrée sur les origines chrétiennes de l’Union européenne.
Sécurité, logistique et protocole
Dans la délégation des précurseurs, un soldat de la Garde suisse pontificale et un membre de la gendarmerie vaticane auront pour mission de s’assurer qu’aucun aspect sécuritaire n’a été oublié. "Il n’y a pas de doutes sur les compétences françaises en la matière, contrairement à certains voyages dans d’autres pays, mais le Saint-Siège sait que la France est un pays concerné par les risques terroristes", indique une source vaticane. "Il n’y a pas d’inquiétude particulière ressentie au niveau de la sécurité", assure-t-on côté français, soulignant la bonne collaboration avec le ministère de l’Intérieur.
Le but de cette ultime visite sera aussi de refaire le parcours du Pape minute par minute pour s’assurer que les horaires choisis tiennent la route. Un représentant de la Salle de presse du Saint-Siège contrôle aussi tous les détails concernant la venue des journalistes qui accompagneront le pape durant tout son périple, tandis qu’un technicien du dicastère pour la Communication vérifie les conditions de retransmission des événements par les médias du Vatican. "Cette mission peut parfois être délicate sur le plan sécuritaire comme du point de vue de la couverture médiatique, notamment face à des gouvernements autoritaires", souligne-t-on à Rome.
En parallèle de cette visite, un travail de préparation sur la liturgie et le déroulement des cérémonies religieuses est en cours. Un prêtre parisien est chargé de cet aspect (veillée, vêpres, messe), en lien avec la Maison pontificale, a appris I.MEDIA. La venue en France d’un expert liturgique du Saint-Siège devrait avoir lieu fin août.












