Quand on assiste à un mariage dans une église, tout porte à croire que c’est le prêtre qui marie les époux. Pourtant, la réalité est tout autre : dans l’Église catholique, ce sont les époux eux-mêmes qui se donnent le sacrement du mariage, signe de l’alliance d’amour entre le Christ et son Église.
La première réponse à cette question paraît évidente : c’est le prêtre qui marie les époux. Après tout, c’est lui qui est devant l’autel, qui pose les questions, qui bénit les alliances et qui prononce les prières. Pourtant, la réponse de l’Église catholique est tout autre : ce ne sont pas le prêtre ni le diacre qui donnent le sacrement du mariage mais les époux eux-mêmes. "Le mariage est une réalité naturelle, élevée par Jésus-Christ au rang de sacrement. Ce sont donc les époux eux-mêmes qui se donnent le sacrement du mariage en échangeant leur consentement devant Dieu et devant l’Église. Le prêtre (ou le diacre) est présent pour recevoir officiellement le consentement des époux au nom de l’Église, après avoir vérifié leur liberté et leur intention de se marier. Il donne ensuite la bénédiction nuptiale", répond le père Gaspard Craplet, prêtre de la Société Jean-Marie Vianney. Ainsi, lorsque les futurs époux se disent librement "oui" l’un à l’autre, ils se donnent mutuellement le sacrement du mariage.
Signe de l’amour du Christ pour son Église
Cette particularité fait du mariage un cas unique parmi les sept sacrements de l’Église. Pourquoi cette exception ? "Parce que le mariage repose sur une réalité naturelle qui existe depuis l’origine de l’humanité. Avant même l’institution des sacrements, Dieu avait déjà voulu l’union de l’homme et de la femme, comme le montre le récit d’Adam et Ève", note le père Gaspard Craplet, qui rappelle par ailleurs que cette vision s’appuie sur un lien profond entre le mariage et l’amour du Christ pour l’Église. L’apôtre Paul l’évoque clairement dans sa lettre aux Éphésiens (5, 25-32) :
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"Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle, afin de la rendre sainte en la purifiant par le bain de l’eau baptismale, accompagné d’une parole ; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel ; il la voulait sainte et immaculée. C’est de la même façon que les maris doivent aimer leur femme : comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime soi-même. Jamais personne n’a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C’est ce que fait le Christ pour l’Église, parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l’Écriture : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église."
De même que le Christ a aimé l’Église jusqu’à donner sa vie pour elle, les époux sont appelés à vivre un amour fondé sur le don de soi, la fidélité et le service mutuel. Le mariage chrétien n’est donc pas seulement un engagement humain, il devient le signe visible d’un amour plus grand. "C’est aussi pour cette raison qu’une messe est célébrée au cours du mariage. Dans l’Eucharistie s’actualise le sacrifice du Christ qui se donne pour son Église. L’union du Christ et de l’Église est ainsi le modèle et la source de l’union des époux. La bénédiction nuptiale est d’ailleurs donnée après la consécration et l’Eucharistie, pour signifier que le mariage chrétien est assumé et soutenu par l’amour du Christ", conclut le père Gaspard Craplet.













