Raconter sa jeunesse, décrypter l’actualité, distiller quelques perles de sagesse… Les vacances peuvent être l’occasion de belles conversations entre grands-parents et petits-enfants, la clé consiste simplement à trouver le sujet qui fédère !
Les grandes vacances incluent souvent un passage chez les grands-parents. De quoi les petits-enfants pourront-ils bien parler avec leurs grands-parents, malgré le fossé générationnel et technologique? Voici quelques pistes pour des échanges chaleureux et constructifs.
Raconter sa jeunesse
Aux vacances de Pâques, les deux petites-filles de Monique, 82 ans, ont joué aux journalistes et l’ont interviewée sur son quotidien quand elle avait leur âge (9 et 11 ans) : Où partait-elle en vacances ? Avec quel moyen de transport ? Avait-elle des animaux de compagnie ? Quelle était sa matière favorite à l’école ? Quel professeur l’a le plus marquée ? Quel était son sport préféré ? Son livre de chevet ? À quoi jouait-elle ? Avait-elle de l’argent de poche ? Avait-elle une meilleure amie ? Que possèdent les enfants d’aujourd’hui qu’elle aurait aimé avoir ? Quelle est la chose la plus importante que les parents de Monique lui ont apprise ? S’entendait-elle bien avec ses frères et sœurs ? Quelles épreuves a-t-elle surmontées ? Les petites-filles ont scrupuleusement noté les réponses dans leur carnet secret. Pour illustrer son époque, Monique a sorti un album photos, prouvant que, dans sa jeunesse, les téléphones portables n’existaient pas, mais qu’il y avait tout de même l’électricité et des voitures !
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Pour Marie-Odile, 80 ans, ces échanges n’ont nullement besoin d’être formalisés dans une interview. Au milieu d’une séance de jardinage ou en rangeant la cuisine, elle pose des questions ouvertes à ses petits-enfants Margot et Hugo, à propos de leur école, leurs loisirs, le choix de leurs amis. Elle prend soin de ne pas être intrusive. Elle leur raconte avoir été elle aussi peinée quand sa grande amie d’enfance avait déménagé ou quand une institutrice l’avait prise en grippe. Ses petits-enfants comprennent que les histoires de relations sociales ont des constantes. Ils ne se sentent pas seuls, car ils sont ancrés dans une suite de générations. Margot, Hugo et leur grand-mère discutent aussi de leurs plats préférés, du poke bowl pour les jeunes à la charlotte aux fraises pour Marie-Odile. Tiens, si on en préparait cela ensemble pour le dîner de ce soir ?
Prendre ensemble du recul sur l’actualité
Les grands-parents partagent leur histoire familiale, loin du « dépêche-toi » des parents soumis à des contraintes de temps. Ils peuvent dire, sans enjeu, ce en quoi ils croient et ce qu’ils aiment. Henri aime parler des événements historiques avec son petit-fils Lucas, collégien. Il lui explique les réformes sociales qui ont changé ses conditions de travail et les grandes peurs circulant dans sa jeunesse (la bombe atomique, l’enrôlement pour faire la guerre en Algérie…). Quand Lucas lui demande quel épisode de l’Histoire l’a particulièrement marqué, son grand-père décrit sa joie quand il a assisté à la chute du mur de Berlin à la télévision. Henri conseille des livres et des films à Lucas contribuant à rendre concrètes ses évocations. Il lui montre des objets rapportés de ses voyages. À 78 ans, Henri a pris du recul sur les événements géopolitiques et partage ses « leçons de vie » après avoir regardé le journal du soir, sans attendre de reconnaissance ni d’adhésion de la part de Lucas.
Distiller subtilement des conseils
Les grands-parents ne sont pas disqualifiés pour conseiller leurs petits-enfants dans leur choix de vie, au contraire leur expérience n’a pas de prix ! Les petits-enfants de Gisèle, âgée de 69 ans, lui ont demandé comment elle se faisait des amis à son époque et comment elle avait choisi son métier. Gisèle souligne qu’à côté de sa carrière professionnelle, la maternité a été une source d’épanouissement et qu’elle a toujours tenu à garder du temps pour sa famille. Quand son petit-fils de 15 ans, Mattéo, lui a demandé ce qu’elle aurait aimé qu’on lui dise quand elle était petite, elle lui a fait cette réponse : "saisis les opportunités, essaie différentes voies, la vie est une aventure, amuse-toi et reste fidèle à toi-même". À chacun d'exprimer ce qui lui paraît essentiel dans la vie.

À l’intention de ses petites-filles maintenant adultes, le mari de Gisèle insiste sur l’importance de se battre pour leurs choix, leurs salaires et leur liberté. Pour leur part, elles l’interrogent parfois sur la vie amoureuse. Alors le témoignage se passe de mots, l’observation du quotidien suffit. Le couple uni de Gisèle et son époux est la preuve discrète d’une vie apaisée.












