Chaque été, les noyades rappellent que l'eau peut devenir un danger en quelques secondes. Si la vigilance reste la meilleure protection, les chrétiens invoquent depuis des siècles saint Adjutor de Vernon, le patron des nageurs.
Chaque été, les mêmes drames se répètent. Selon Santé publique France, 1.418 noyades ont été recensées entre juin et septembre 2025, dont 409 ont été mortelles. Les enfants de moins de 6 ans représentent à eux seuls près d'un quart des victimes. Depuis le 19 juin 2026, 139 personnes sont déjà mortes par noyade, soit 18% de plus qu'à la même période l'an dernier, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sur BFM Politique le 12 juillet. Une hausse notamment favorisée par les épisodes de canicule. Ces chiffres rappellent une réalité implacable : la noyade est un accident aussi silencieux que fulgurant, qui peut survenir en quelques secondes, en piscine, en rivière comme en mer.
Face à ce risque bien réel, la vigilance demeure la meilleure protection. Mais, au fil des siècles, marins, pêcheurs et nageurs ont aussi confié leur sécurité à des saints invoqués contre les périls des eaux. Parmi eux figure saint Adjutor de Vernon, traditionnellement considéré comme le patron des nageurs et protecteur des personnes menacées de noyade.
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Le chevalier qui a traversé la Méditerranée à la nage
Né vers 1070 à Vernon, en Normandie, Adjutor était un chevalier qui répondit à l'appel de la Première Croisade lancé par le pape Urbain II en 1095. Après de longues années de combats en Terre sainte, il fut prisonnier sous les murs de Jérusalem et chargé de lourdes chaînes. La tradition rapporte que, durant sa captivité, il invoqua sainte Marie-Madeleine. Ses liens se seraient alors brisés miraculeusement, lui permettant de s'évader. Selon l'hagiographie, il regagna ensuite la Normandie à la nage, traversant la Méditerranée avant de rapporter ses chaînes comme témoignage de la protection divine.
De retour à Vernon, il fit construire une chapelle dédiée à sainte Marie-Madeleine sur les rives de la Seine. Non loin de là, un dangereux tourbillon aurait déjà causé de nombreuses noyades. Adjutor y jeta les chaînes de sa captivité en déclarant : "Il est aussi facile pour Dieu de libérer les gens de ce tourbillon qu'il l'a été de me délivrer de mes chaînes." La légende raconte que les eaux s'apaisèrent aussitôt. Il termina sa vie comme moine à l'abbaye bénédictine de Tiron, où il mourut en 1131. L'Église le célèbre le 30 avril. Ses reliques sont toujours conservées à Vernon et il est traditionnellement invoqué par les nageurs, les plaisanciers, les marins et tous ceux qui redoutent les dangers des eaux.
Si la prudence, l'apprentissage de la nage et la surveillance des plus jeunes restent les meilleurs remparts contre la noyade, il peut être bon, avant de se jeter à l'eau, d'ajouter à ces précautions une prière à saint Adjutor.













