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Avec la canicule, les fermetures de camps scouts se multiplient

7 min de lecture
TENTE SCOUTE

Crédit : © SGDF

Activités aménagées, camps déplacés, écourtés ou annulés… Alors que les fortes chaleurs bouleversent le début de l'été, Aleteia a recueilli le témoignage de ceux qui, sur le terrain, doivent faire face à une situation inédite.

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Pour certains scouts, l'été s'est arrêté avant même d'avoir commencé. Sous l'effet de deux épisodes caniculaires successifs, de la sécheresse et des risques d'incendie, plusieurs camps scouts ont dû être profondément réorganisés, voire annulés, afin de garantir la sécurité des jeunes. Dans plusieurs départements, les préfectures multiplient les arrêtés limitant les activités en forêt et l'usage du feu, tandis que les autorités appellent à une vigilance accrue face à un risque d'incendie particulièrement élevé. Cet été, plus de 130.000 jeunes, chefs compris, s’apprêtaient à camper pour vivre la grande aventure scoute.

Malgré ces contraintes, les responsables des mouvements scouts mettent tout en œuvre pour préserver les camps. "Dans la mesure du possible, nous essayons de maintenir les camps. C'est vraiment le mot d'ordre", explique à Aleteia Maylis de Magnitot, commissaire de district des Guides et Scouts d'Europe pour la Seine-et-Marne. Avec son mari, Mayeul de Magnitot, responsable de la branche garçons sur le même territoire, elle suit les camps organisés dans le département ainsi que ceux de groupes venant y camper. Dans leur secteur, les conséquences restent limitées mais bien réelles. "Côté garçons, il n'y a pas eu d'annulation ni de changement de lieu. Il y a juste des camps qui se sont décalés dans le temps, explique Mayeul de Magnitot. Par contre côté filles, il y a un camp annulé et un camp déplacé."

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"Lorsque, pendant dix à quinze jours, il fait cette température et qu'il n'y a pas d'eau, ce qui était un risque devient alarmant, tant pour la santé des jeunes que pour le risque d'incendie."

L'un des camps les plus touchés se déroulait en Vendée, explique le couple. Placées en vigilance renforcée à leur arrivée, les guides se sont rapidement retrouvées confrontées à des restrictions très contraignantes. "En Vendée, ils étaient en alerte rouge canicule. Quand les guides sont arrivées sur place, on leur a dit qu'elles ne pouvaient pas faire d'activités ni aller dans les bois de midi à minuit. Comme le principe du scoutisme est tout de même d'être dans les bois, c'était un peu compliqué. [...] Finalement, au lieu de faire quinze jours, elles n'ont fait que six jours", explique Maylis.

À cela s'ajoute l'évolution rapide de la situation sur le terrain. Près de la forêt de Fontainebleau, où un incendie d'une ampleur exceptionnelle fait rage depuis dimanche 12 juillet, un autre groupe a dû quitter au dernier moment le secteur où il devait camper. "Nous avons trouvé à la dernière minute une autre propriété qui a ouvert ses portes très gentiment. Nous cherchons des solutions pour maintenir au maximum les camps", indique la commissaire de district.

Une année "inédite"

Pour permettre aux camps de se poursuivre malgré les fortes chaleurs, les chefs adaptent leur organisation presque heure par heure. Les activités les plus physiques sont décalées, les temps de repos multipliés et les habitudes revues. Pour Maylis, ces adaptations sont devenues indispensables. "Il a fallu s'adapter, notamment pour le feu. Nous ne faisons plus de feu et devons trouver d'autres solutions, comme les réchauds à gaz. Il faut aussi cuisiner dans un local en dur. Souvent, le propriétaire met une petite salle à notre disposition, mais cela signifie que la cuisine ne se fait plus sur le lieu de campement." Une capacité d'adaptation qui fait partie intégrante de la pédagogie scoute selon les responsables. L'objectif reste selon eux de préserver l'esprit du camp, tout en tenant compte des réalités du terrain.

Pour Maylis et Mayeul, l'été 2026 marque un tournant. Si les épisodes de fortes chaleurs ne sont pas nouveaux, leur intensité et surtout leur répétition rendent la situation inédite. "J'ai le souvenir de canicules, mais en août. En général, il y a moins de camps. Là, beaucoup de camps ont lieu début juillet et cela tombe sur cette période de canicule", observe Maylis. Son mari partage ce constat. "Une des spécificités cette année, c'est surtout qu'il n'y a pas eu qu'une seule canicule, mais deux périodes d'affilée. Une seule n'aurait pas du tout posé de problème. Mais lorsque, pendant dix à quinze jours, il fait cette température et qu'il n'y a pas d'eau, ce qui était un risque devient alarmant, tant pour la santé des jeunes que pour le risque d'incendie."

Face aux fortes chaleurs et aux restrictions mises en place pour limiter les risques d'incendie, la décision d'écourter ou d'annuler un camp est prise au cas par cas. Celle-ci se fait en concertation avec les responsables locaux, après une évaluation des conditions sur le terrain, de la fatigue des jeunes et des risques encourus, explique le couple. "Lorsque cela advient, nous allons essayer de discuter avec plusieurs interlocuteurs. Pour nous aider à prendre la décision, nous demandons parfois à une personne sur place d'aller voir la situation sur place, comment les jeunes sont, le moral, etc."

Des jeunes qui tiennent bon

Malgré ces contraintes, les retours des jeunes sont loin d'être négatifs. À la surprise des responsables, beaucoup préfèrent encore camper sous la chaleur plutôt que sous une pluie continue. "Nous avons demandé à nos filles si elles préféraient un camp sous la pluie ou sous la canicule. Elles ont répondu : "On préfère la canicule", raconte Maylis. Selon son mari, le fait de vivre en forêt pourrait atténuer la sensation de chaleur. "Étant donné que les enfants sont en plein air, l'air circule, ils sont dans les bois, donc il y a quand même l'ombre des arbres. Puis, nous utilisons beaucoup d'eau, notamment pour des jeux. Ils ressentent moins la chaleur qu'en ville."

Présent lui-même dans un camp près de Moulins, préfecture de l'Allier en région Auvergne-Rhône-Alpes, Mayeul décrit une expérience plus favorable. "Nous étions très bien sous le couvert du bois. Dès que nous sortions en plaine, la chaleur était écrasante, mais cela nous permettait quand même de pouvoir agir, marcher, discuter. Le moral était très bon." Selon le commissaire de district, la principale difficulté est ailleurs. "Le plus difficile, c'est la fatigue liée à cette chaleur. On dort moins, le corps est un peu éprouvé", rapporte-t-il.

Tous les camps n'ont cependant pas connu les mêmes conditions. Dans celui qui a finalement été écourté en Vendée, "deux ou trois filles par jour ne se sentaient pas bien, faisaient parfois des malaises, et certaines ont même dû être conduites à l'hôpital pour être réhydratées", raconte Maylis. Ce camp est loin d'être un cas isolé. Ailleurs en France, d'autres camps ont également dû être annulés ou interrompus. C'est notamment le cas d'un camp de garçons des Scouts d'Europe dans le Gard, dont l'annulation a laissé les responsables, pour l'heure, sans solution de repli, ainsi que d'un camp de Guides d'Angers, fermé précipitamment en Sarthe.

Au-delà des contraintes imposées par la météo, cet été rappelle surtout la capacité d'adaptation du scoutisme, témoignent les responsables des Guides et Scouts d'Europe de Seine-et-Marne. Changer un lieu de camp, renoncer au feu de veillée ou revoir tout un programme n'est jamais anodin. Mais pour Maylis et Mayeul, l'essentiel demeure de permettre aux jeunes de vivre, en toute sécurité, cette expérience de vie qui constitue le cœur du camp scout.