Le 13 juillet 1917, la Vierge Marie apparaît pour la troisième fois à Fatima. Dans ses apparitions reconnues par l’Église, la Vierge Marie est une très jeune femme. Pour quelle raison ? Parce qu’elle vit, au Ciel, dans un Royaume où ce sont les humbles, les petits et les pauvres qui sont à honneur et occupent les premières places.
Dieu est Dieu, le Ciel est le Ciel. Généralement, on emploie ces tautologies pour marquer la très grande distance, la très grande différence, entre Dieu et nous, entre le Royaume céleste et la terre — autrement dit, pour signifier la transcendance de Dieu et de son royaume.
Jésus donne un exemple de la transcendance du Royaume
En ce qui concerne le Royaume des cieux, les Évangiles rapportent une parole de Jésus qui signale cette grandeur incommensurable du Royaume. Parlant de Jean-Baptiste, Jésus affirme : "En vérité, je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean-Baptiste ; et cependant, le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui" (Mt 11, 11). Étonnante assertion ! Mais ne dit-elle pas, à elle seule, que le Royaume subvertit toutes les mesures humaines selon lesquelles nous jugeons nos semblables ?
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Dans le monde de Dieu, prévalent des critères qui ne sont pas les nôtres. Plus globalement, si le plus petit, dans le Royaume, est plus grand que Jean-Baptiste, cela signifie que la grâce du Christ est capable d’élever le dernier des hommes au-dessus de la sainteté la plus éblouissante à laquelle les hommes peuvent atteindre par leurs propres efforts. Non seulement le Ciel dépasse infiniment la terre, mais surtout il est d’une autre nature, de même que Dieu est différent de nous.
Une jeune femme, reine de l’univers !
Cette différence entre le Ciel et la terre, rien ne la signale davantage que l’aspect sous lequel la Vierge Marie se présente aux voyants durant ses apparitions reconnues par l’Église. En effet, les voyants décrivent une jeune femme, presque une jeune fille, de taille plutôt petite. Mais surtout, c’est l’âge de l’Apparition qui est le plus remarquable. La Vierge apparaît toujours très jeune.
Ainsi, la reine de l’univers est une jeune fille, de taille modeste. Celle qui règne sur les anges a l’apparence d’une enfant ! La reine des prophètes, Celle que Dieu introduit dans son conseil, à qui Il révèle les événements futurs qui touchent l’avenir de notre monde (en 1917, elle prophétisa à Fatima la Seconde Guerre mondiale et ses effets terrifiants), cette femme est de dimension corporelle sans commune mesure avec son pouvoir et son rôle dans l’histoire de l’univers ! Et que dire de son âge ! Comment ? C’est à cette jeune femme que Dieu a confié la maternité spirituelle des hommes, en dépendance bien sûr de la royauté céleste de son Fils ? Est-ce aux soins de cette gamine qu’une partie de notre destinée éternelle est commise ? Comment une telle responsabilité peut-elle échoir à une personne en apparence si juvénile ? Ainsi, le regard de cette jeune femme percerait les secrets de l’histoire — non par une clairvoyance qui lui serait propre mais parce que Dieu l’introduit dans le conseil de sa Providence ! Voilà de quoi dégonfler les baudruches du sérieux de tous les universitaires, philosophes et autres prévisionnistes qui pérorent doctement sur la marche de l’histoire.
L’univers est commis aux soins des humbles
L’exemple de la royauté de la Vierge Marie nous fait toucher du doigt la transcendance du monde divin par rapport au nôtre. Non pas que Marie soit une déesse : elle est une créature comme nous. Mais dans le monde divin où elle vit depuis son assomption, la puissance peut se conjuguer avec la jeunesse. Dieu n’est pas comme nous et son Royaume n’est pas comme les royaumes terrestres. Aux Cieux, ce sont les petits, les humbles, les cœurs purs qui règnent. De cette vérité évangélique, l’apparence de la Vierge Marie, dans ses apparitions, est la démonstration physique. Comme dira l’abbé Michel Guérin, curé de Pontmain, le jour même de l’apparition de la Vierge dans ce village de Mayenne, le 17 janvier 1871 : "S’il n’y a que les enfants à voir (l’apparition), c’est qu’ils en sont plus dignes que nous."
Le choix de la petitesse
Décidément, Dieu ne fonctionne pas comme nous ! Il plaît à la femme la plus puissante de l’univers d’apparaître aux enfants plutôt qu’aux personnes respectables ou aux réputations bien assises. Comme si les grandeurs humaines étaient subverties du tout au tout et que c’était désormais la petitesse qui décidait des affaires vraiment sérieuses ! Tel est l’un des enseignements que l’on peut tirer des apparitions mariales et de l’aspect sous lequel la Vierge se donne à voir aux enfants qu’elle a choisis pour délivrer ses messages.
On est loin des gérontocrates qui veillent sur le sort de la plupart des pays de la terre, loin des potentats de ce monde, engoncés dans leur raideur hiératique ! Comme l'écrit saint Paul aux Corinthiens : "Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort" (1 Co 1, 27). Oui, Dieu est Dieu et le Ciel est le Ciel !






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