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Paris, Lourdes, Metz… Depuis quand un pape ne s’y était-il pas rendu ?

7 min de lecture
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Crédit : Shutterstock | Riccardo De Luca

Léon XIV.

Léon XIV doit effectuer son premier voyage apostolique en France du 25 au 28 septembre prochains. Au cours de ce déplacement, il se rendra à Paris, Lourdes et Metz, trois villes qui ont déjà accueilli certains de ses prédécesseurs. L’occasion de revenir sur ces visites papales et sur les messages que les pontifes y ont adressés aux fidèles.

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Dans quelques mois, le pape Léon XIV foulera à son tour le sol français. Les contours de ce premier voyage apostolique en France se précisent, avec au programme des étapes à Paris, Lourdes et Metz. Mgr Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des évêques de France, a dévoilé le 9 juin les principaux rendez-vous de cette visite qui se déroulera du 25 au 28 septembre prochains. Si les grandes célébrations sont désormais connues, quels sont les derniers papes à s’être rendus dans les lieux qui accueilleront le souverain pontife américain, et quels messages y ont-ils laissés ? Retour sur les moments marquants des visites papales dans ces trois villes et l’empreinte qu’ils ont laissée dans la mémoire des fidèles.

1Paris

Benoît XVI au au collège des Bernardins, le vendredi 12 septembre 2008.
Benoît XVI au collège des Bernardins, le vendredi 12 septembre 2008.

La dernière visite d’un pape à Paris remonte à septembre 2008. Pendant quatre jours, Benoît XVI y a laissé une empreinte durable, marquée par une réflexion profonde sur les liens entre foi, culture et société. Lors de son arrivée dans "cette Nation bien-aimée", le 12 septembre, le souverain pontife allemand présentait le sens de son voyage : "C’est une foi, c’est un amour que je viens célébrer ici", déclarait-il lors de son allocution à l’Élysée devant les autorités françaises. Interrogé dans l’avion sur la laïcité, spécificité française souvent perçue comme un défi pour l’Église, il soulignait au contraire sa compatibilité avec la foi chrétienne . "Il me semble évident aujourd’hui que la laïcité en soi n’est pas en contradiction avec la foi. Je dirais même qu’elle est un fruit de la foi parce que la foi chrétienne était, dès le commencement, une religion universelle."

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"N’ayez pas peur !"

C’est toutefois son discours au Collège des Bernardins, prononcé le 12 septembre devant les représentants du monde de la culture, qui demeure l’un des moments les plus marquants de cette visite. À partir de l’histoire du monachisme médiéval, Benoît XVI y montrait comment la quête de Dieu des moines avait contribué à façonner la civilisation européenne. "Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu, serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc l’échec de l’humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves. Ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à l’écouter, demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable", affirmait-il.

Le séjour parisien fut également ponctué par une grande messe célébrée aux Invalides et par une rencontre avec les jeunes sur le parvis de Notre-Dame de Paris. Après les vêpres célébrées avec les consacrés dans la cathédrale, Benoît XVI encouragea la jeunesse avec force à témoigner de sa foi. "L’Église vous fait confiance", leur assurait-il, avant de poursuivre, "vous êtes à l’âge de la générosité. Il est urgent de parler du Christ autour de vous, à vos familles et à vos amis, sur vos lieux d’études, de travail ou de loisirs. N’ayez pas peur !"

2Lourdes

Benoit XVI Lourdes
Le pape Benoît XVI couronnant la statue de Notre-Dame de Lourdes.

Comme pour la capitale, le dernier Pape à s’être rendu à Lourdes est Benoît XVI. Au sanctuaire marial, où il acheva son voyage apostolique en septembre 2008, Benoît XVI se fit avant tout pèlerin. Venu célébrer le 150e anniversaire des apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirous, il plaça son séjour sous le signe de la prière, du silence et de l’adoration. Si son passage en France est souvent associé à son discours au Collège des Bernardins, il consacra également une large part de sa visite à encourager les catholiques français dans leur foi et à prier avec les malades devant la grotte de Massabielle.

Point d’orgue du voyage, la messe de la fête de l’Exaltation de la Croix, qui a été pour lui l'occasion de revenir sur le cœur du message chrétien. Reprenant les paroles adressées aux jeunes quelques jours plus tôt, il rappelait : "C'est par sa Croix que nous sommes sauvés. L'instrument de supplice qui manifesta, le Vendredi saint, le jugement de Dieu sur le monde, est devenu source de vie, de pardon, de miséricorde, signe de réconciliation et de paix." Devant les milliers de pèlerins rassemblés dans la cité mariale, il confiait également les fidèles à la Vierge Marie afin qu’elle devienne pour eux une "confidente".

L’un des temps forts de cette visite a été la procession eucharistique. Se mêlant à la foule des pèlerins, Benoît XVI a participé à cette démarche de foi populaire pour adorer le Christ présent dans l’eucharistie. Avant lui, Jean-Paul II s’était aussi rendu à Lourdes en 1983 puis en 2004. Très éprouvé par la maladie lors de ce dernier voyage, il avait souhaité se présenter comme un "malade parmi les malades" venus en pèlerinage dans le sanctuaire marial.

3Metz

Giscard et pape Jean Paul II
Valéry Giscard d’Estaing et Jean Paul II, 1980.

Le dernier Pape à s’être rendu à Metz est Jean Paul II, le 10 octobre 1988. Dans la cathédrale Saint-Étienne, surnommée la "Lanterne du Bon Dieu" en raison de ses immenses vitraux, il présida une messe pontificale célébrée en français et en allemand. Des milliers de fidèles participèrent à cette journée qui reste l'un des événements religieux les plus marquants de l'histoire récente de la ville. Dans son homélie, Jean Paul II s’attardait notamment sur la beauté de l’édifice gothique et de sa nef baignée de lumière. La visite a laissé un souvenir durable dans la mémoire des Messins. Après sa mort, le parvis situé devant l’entrée principale de la cathédrale a d’ailleurs été rebaptisé place Jean Paul II.

Plus largement, les visites de Jean Paul II en France sont associées à plusieurs interventions marquantes. Lors de son premier voyage, en 1980, il lançait au Bourget cette question demeurée célèbre : "France, Fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ?" Dix-sept ans plus tard, lors des Journées mondiales de la jeunesse à Paris, il invitait les jeunes, "espérance du monde", à poursuivre leur mission.  "Le temps ne s’arrête pas ici. Partez sur les routes du monde, sur les routes de l’humanité, en demeurant unis à l’Église du Christ… vous serez éclairés pour hâter la civilisation de l’amour."