Les conditions du vote de la loi visant à légaliser l’euthanasie interrogent, fait remarquer le père Benoist de Sinety, curé-doyen de la ville de Lille, de même que le silence sur ses conséquences.
Il y a des gens qui ne sortent de l’anonymat qu’à leur détriment. La maxime vaut bien pour le ministre chargé des Relations avec le parlement, M. Panifous. Celui-ci avait envoyé, via le Conseil économique, social et environnemental (CESE), une invitation pour une réception au soir du 15 juillet, aux membres de la Convention citoyenne sur la fin de vie. Il s’agissait de clore ce moment surréaliste ouvert en décembre 2022 qui vit un président de la République déléguer à 184 de nos concitoyens, tirés au sort, la possibilité d’une parole d’autorité à propos de la fin de vie de 70 millions d’individus.
Un incroyable entêtement
Le principe n’est pas, juridiquement, illégitime. Mais il est déroutant dans une démocratie si fière de son histoire, de considérer que le travail parlementaire ne puisse trouver en lui-même une légitimité suffisante. Contrairement au jury populaire des Assises, la décision de cette Convention touche durablement l’ensemble de la société. Il ne s’agit plus de juger un acte criminel, éclairé par le droit, mais de préconiser des règles à toute une société, tout en érigeant un droit inédit.
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On peut penser que confier ceci à moins de deux cents inconnus, sans s’être assuré avant qu’il n’y eût parmi eux ni "platistes" ni croyants en la réincarnation d’Elvis Presley ou de Michael Jackson, était un peu léger. On peut aussi s’interroger sur l’incroyable entêtement d’un homme, chef de l’État en exercice, de s’attacher à ce que passe ce texte dans un contexte de crises générales et de tensions inouïes. On répondra qu’il l’avait promis. On aura alors loisir de s’interroger sur laquelle de ces deux promesses il aurait fallu qu’il s’agrippe : "Nous pouvons à hauteur d’une génération, éradiquer la grande pauvreté de notre pays" avait-il annoncé en 2018, avant de promettre lors de la campagne pour un second mandat le triste texte sur l’euthanasie.
Espérer à haute voix
Les derniers efforts du Sénat et de son président risquent d’être infructueux. Il est probable que le texte devienne loi. La fameuse réception de ce bon M. Panifous, décommandée depuis, anticipait avec peu de risque les résultats d’un scrutin qu’on nous dit acquis d’avance. Même si les députés sont de moins en moins indécis et de plus en plus nombreux à manifester leur réticence : ils étaient, en mai 2025, 305 à voter pour le texte et 199 "contre", puis en février 2026, 299 "pour" et 226 "contre". Les voici au 1er juillet dernier 295 "pour" et 232 "contre". Les navettes parlementaires et les débats qui jaillissent, de plus en plus vifs, semblent faire réfléchir.
Des chaînes de prières se déploient un peu partout, des appels à la raison se multiplient. Il n’est pas interdit, Dieu soit loué, d’espérer à haute voix que des élus croyants ou de "bonne volonté" gardent, et trouvent parfois, le courage de proposer d’autres chemins que celui d’une mort "douce".
Un précieux paravent
La Coupe du monde de football, témoignage sidérant de la corruption à haute intensité de notre société mondialisée qui se voue à l’argent-roi, est un précieux paravent. Si le 14 au soir, les Bleus font de la fête nationale un jour de victoire, alors le brouhaha du vote du lendemain sera bien étouffé par les "hourras" unanimes. Et chacun aura beau jeu d’invoquer le rassemblement nécessaire d’un peuple tandis que ses élus lui donnent les moyens de s’autodétruire. La loi sur l’euthanasie, on le voit déjà sur le terrain, effacera très vite celle sur les soins palliatifs. La première fait gagner de l’argent et l’autre en coûte beaucoup. Or les caisses sont vides nous répète-t-on à l’envi, au point de persuader doucement mais sûrement nos aînés les plus scrupuleux, qu’il serait de bon ton de ne pas alourdir la charge de leurs petits-enfants.
Quelles seront les grimaces que nos responsables politiques proposeront au Saint Père lors de son voyage en France en septembre prochain ? L’annonce de l’annulation de la visite de la maison de soins palliatifs Jeanne-Garnier est d’ores et déjà très regrettable. À moins qu’elle ne soit remplacée par une autre visite en un autre lieu tout aussi symbolique ?





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