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Née en 2024 de l'intuition d'une bande d'amis, la Joëlette Chantante propose à des jeunes valides et à des personnes handicapées moteur, surnommées les "capitaines", de parcourir ensemble les sentiers alpins grâce à des joëlettes, ces fauteuils roulants handisports qui permettent la pratique de la marche et de la randonnée.

La Joëlette Chantante, bien plus qu’une randonnée

En montagne, il n'y a plus de différence entre valides et handicapés. C'est la conviction qui anime la Joëlette Chantante, cette aventure née en 2024 où jeunes et personnes en situation de handicap randonnent ensemble, portés par le chant polyphonique et la prière. Cet été, du 12 au 19 juillet et du 9 au 16 août, deux routes alpines arpentent les sommets jusqu'à Notre-Dame du Laus et Notre-Dame de la Salette.

7 min de lecture

Source: Joëlette Chantante

Née en 2024 de l'intuition d'une bande d'amis, la Joëlette Chantante propose à des jeunes valides et à des personnes handicapées moteur, surnommées les "capitaines", de parcourir ensemble les sentiers alpins grâce à des joëlettes, ces fauteuils roulants handisports qui permettent la pratique de la marche et de la randonnée.

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"Les volontaires ne vivaient pas cela comme une bonne action. C'était quelque chose de naturel. Très vite, il n'y avait plus de différence entre les personnes en situation de handicap et les autres." Un an après avoir découvert la Joëlette Chantante, Béatrice Hamel, 23 ans, en parle encore avec émotion. Atteinte de paralysie cérébrale depuis sa naissance, l'étudiante en master de politiques publiques de santé est aujourd'hui coorganisatrice de la route d'août 2026. Une manière de transmettre ce qu'elle dit avoir reçu lors de cette semaine de marche, de chant et de prière en montagne.

Née en 2024 de l'intuition d'une bande d'amis, cette aventure propose à des jeunes valides et à des personnes handicapées moteur, surnommées les "capitaines", de parcourir ensemble les sentiers alpins grâce à des joëlettes, ces fauteuils roulants handisports qui permettent la pratique de la marche et de la randonnée. Cet été, deux routes sont organisées : la première, du 12 au 19 juillet, rejoint Notre-Dame du Laus ; la seconde, du 9 au 16 août, conduit les marcheurs jusqu'à Notre-Dame de La Salette. À chaque étape, une même conviction anime les participants : ici, personne n'est mis de côté.

Objectif joëlette

À l'origine du projet : Augustin Guigou, 31 ans, ingénieur à Annecy et président de l'association. "Tout le monde mettait son effort physique au service d'un objectif commun : faire monter la joëlette. Ça donnait un sens incroyable à l'effort sportif", raconte-t-il. L'idée lui vient grâce à sa sœur Amélie, atteinte d'une hémiplégie. Passionné de montagne, il découvre la joëlette en l'emmenant sur les sentiers alpins, avant de renouveler l'expérience avec deux jeunes rencontrés à Lourdes. "Ils étaient tellement heureux d'être là-haut. Et nous aussi. Je me suis dit qu'il fallait vivre cela pendant une semaine entière." 

La première édition voit le jour à l'été 2024. Une dizaine d'amis s'investissent dans l'organisation. L'année suivante, devant l'enthousiasme suscité par l'aventure, une deuxième route est créée.
La première édition voit le jour à l'été 2024. Une dizaine d'amis s'investissent dans l'organisation. L'année suivante, devant l'enthousiasme suscité par l'aventure, une deuxième route est créée.

Amoureux du chant polyphonique, Augustin imagine alors une route qui ne soit pas seulement sportive. Avec quelques amis, il bâtit un projet où la montagne, la fraternité, la musique et la foi se nourrissent mutuellement. "On s'est dit que partir sur une route chantante donnerait quelque chose de beau en plus." La première édition voit le jour à l'été 2024. Une dizaine d'amis s'investissent dans l'organisation. L'année suivante, devant l'enthousiasme suscité par l'aventure, une deuxième route est créée. Chacun prenant une responsabilité : logistique, itinéraire, hébergement, liturgie, musique, communication, trésorerie ou encore accompagnement des personnes à mobilité réduite.

"Malgré la fatigue de ceux qui portaient les joëlettes, il y avait toujours une bonne humeur incroyable. Je crois sincèrement qu'elle ne pouvait venir que de la grâce et de la Providence."

Une aventure exigeante portée par la joie

Chaque journée commence par plusieurs heures de marche. Entre 10 et 15 kilomètres sont parcourus, avec parfois jusqu'à 600 mètres de dénivelé positif. Autour de chaque joëlette, toute une équipe se relaie : deux personnes devant, deux derrière, d'autres sur les côtés pour stabiliser l'engin grâce à des cordes et des élastiques dans les passages les plus escarpés. L'effort est bien réel.

"C'est une route qui demande beaucoup d'énergie", reconnaît Béatrice. "Pourtant, malgré la fatigue de ceux qui portaient les joëlettes, il y avait toujours une bonne humeur incroyable. Je crois sincèrement qu'elle ne pouvait venir que de la grâce et de la Providence." L'après-midi, le rythme ralentit. Après l'installation dans les lieux d'hébergement, campings, salles paroissiales ou maisons prêtées par des habitants, viennent les répétitions de chant, un enseignement spirituel, la messe puis une veillée. Pour accueillir les personnes en situation de handicap dans les meilleures conditions, les organisateurs recherchent systématiquement des hébergements adaptés : couchages en dur, accès à des prises électriques pour les appareils médicaux, matériel spécifique si nécessaire. “On essaie vraiment que chacun puisse vivre la semaine sereinement”, explique Béatrice.

"Chacun avait sa place dans le groupe. Certains donnaient davantage physiquement, d'autres autrement. Mais tout le monde comptait. On s'occupait les uns des autres sans même y réfléchir."
"Chacun avait sa place dans le groupe. Certains donnaient davantage physiquement, d'autres autrement. Mais tout le monde comptait. On s'occupait les uns des autres sans même y réfléchir."

"Pendant une semaine, j'oublie complètement mon handicap"

Pour Augustin, l'un des plus beaux retours est celui de Juliette, cheffe de chœur et utilisatrice d'un fauteuil roulant. "Après les deux premières éditions, elle nous a dit : "Pendant cette semaine, j'oublie complètement mon handicap."" Une phrase qui l'a profondément marqué. Et de poursuivre : "Elle disait surtout qu'elle avait vécu une semaine entre amis. Et ce n'est pas toujours évident, quand on est porteur de handicap, de pouvoir partir ainsi dans une aventure partagée."

"Si quelqu'un appréhende le monde du handicap, il repart avec un regard complètement différent."

Béatrice ressent la même chose. "Chacun avait sa place dans le groupe. Certains donnaient davantage physiquement, d'autres autrement. Mais tout le monde comptait. On s'occupait les uns des autres sans même y réfléchir." C'est sans doute là que réside l'originalité de cette route : le service finit par disparaître derrière la relation. "Si quelqu'un appréhende le monde du handicap, il repart avec un regard complètement différent", poursuit-elle. "On découvre qu'on est tous pareils."

Une trentaine de participants est attendue sur chacune des deux routes cet été. Selon les disponibilités des joëlettes, deux ou trois personnes à mobilité réduite participeront à la route d'août, quatre à celle de juillet.
Une trentaine de participants est attendue sur chacune des deux routes cet été. Selon les disponibilités des joëlettes, deux ou trois personnes à mobilité réduite participeront à la route d'août, quatre à celle de juillet.

Une fraternité nourrie par la foi

Si la marche soude le groupe, les organisateurs sont convaincus que la vie spirituelle en est le véritable moteur. Chaque jour, un prêtre accompagne les participants pour célébrer la messe et proposer un enseignement. "Sans l'Eucharistie, je pense qu'on serait découragés", affirme Béatrice. "La messe quotidienne nous nourrit. La route est ouverte à tous, mais cette dimension spirituelle est un immense soutien."

Le chant occupe lui aussi une place centrale. Les participants répètent chaque jour un répertoire polyphonique qu'ils interprètent à l'arrivée de la route, avant d'animer un concert à leur arrivée au sanctuaire. "Je ne chante pas particulièrement bien", sourit Béatrice. "Mais ce n'est pas le plus important. Tant qu'on chante avec le cœur, on est porté par le groupe. C'est cela, l'esprit de la chorale."

Chaque jour, un prêtre accompagne les participants pour célébrer la messe et proposer un enseignement. "Sans l'Eucharistie, je pense qu'on serait découragés"
Chaque jour, un prêtre accompagne les participants pour célébrer la messe et proposer un enseignement. "Sans l'Eucharistie, je pense qu'on serait découragés"

"Si vous aimez la montagne, le chant, la fraternité et la prière, cette semaine rassemble tout cela."

Il manque encore quelques bras

Une trentaine de participants est attendue sur chacune des deux routes cet été. Selon les disponibilités des joëlettes, deux ou trois personnes à mobilité réduite participeront à la route d'août, quatre à celle de juillet. Les organisateurs lancent toutefois un dernier appel. "Il nous manque surtout des garçons pour la route d'août", explique Béatrice. "Porter une joëlette en montagne demande de la force et nous avons encore besoin de quelques bras." Augustin le reconnaît volontiers : davantage de porteurs permettraient d'accueillir plus de personnes handicapées. Mais au-delà du besoin logistique, il espère surtout faire découvrir une expérience qui dépasse largement le défi sportif. "Si vous aimez la montagne, le chant, la fraternité et la prière, cette semaine rassemble tout cela. Mais ce que les participants retiennent avant tout, c'est cette impression d'avoir vécu, simplement, une semaine entre amis."

Pratique :

Du 12 au 19 juillet vers ND du Laus
Du 9 au 16 août vers ND de la Salette
Inscriptions route de juillet
Inscriptions route d'août