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Camp scout : “Je n’ai pas de nouvelles de mon enfant, c’est normal ?”

5 min de lecture
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Crédit : Joseph Drouet I Guides et Scouts d'Europe

Scouts d'Europe

Tandis que les camps scouts battent leur plein, certains parents se demandent s’ils vont recevoir des nouvelles de leur enfant. Chez les Guides et Scouts d’Europe, les Scouts unitaires de France (SUF) et les Scouts et Guides de France (SGDF), la réponse est : "pas de nouvelles, bonnes nouvelles". Un principe qui s'inscrit dans la pédagogie scoute.

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Le chauffeur a ouvert les soutes, les scouts font des allers-retours entre le local et le car. Ils s’affairent pour faire rentrer les malles, les sacs à dos et quelques caisses de provisions. Les parents observent ce ballet assez bien réglé, chacun sait ce qu’il doit faire. Puis une mère de famille s’approche du chef qui dirigera le camp pendant trois semaines. Son fils a 12 ans, c’est son premier camp chez les éclaireurs. Elle demande ingénument : "Vous donnerez des nouvelles ?" Le chef est embarrassé, il ne sait que répondre pour rassurer la mère inquiète, puis il se raccroche à l’adage bien connu : "Pas de nouvelles, bonnes nouvelles !"

C’est effectivement le parti pris par l’Association des Guides et Scouts d’Europe (AGSE), les Scouts Unitaires de France (SUF) et les Scouts et Guides de France (SGDF). Contrairement aux voyages de classe ou aux "colos", il n’y a pas de groupe WhatsApp ni d’applications dédiées qui incitent à donner des nouvelles en temps réel. Généralement, les chefs n’envoient ni messages, ni mails, ni photos pendant le camp. "L’idée, lorsque des enfants et des jeunes partent en camp scout, c’est de déconnecter du quotidien. C’est de vivre un temps fort en collectif et de créer cette dynamique", indiquent à Aleteia les Scouts et Guides de France. "Cela signifie qu'il n'y a pas de nouvelles envoyées dans l'immédiat. Néanmoins, les parents ont été informés du programme et de l'organisation du camp bien en amont, ce qui permet de les rassurer", soulignent-ils. En revanche, pour l'ensemble des mouvements, les parents sont bien évidemment prévenus en cas de maladie, de blessure ou autres incidents.

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Guides d'Europe

Une habitude à contre-courant des pratiques de la société actuelle mais qui correspond à une vision bien précise du scoutisme, partagée par les trois grands mouvements du scoutisme français. Tout d’abord celle de la confiance, notamment envers les chefs. Une confiance qui grandit tout au long de l’année au cours des activités et des réunions. "Les chefs sont formés, tout est mis en place pour établir une relation de confiance entre les parents et le chef d'unité", souligne Claire-Marie, formatrice en CEP louvetisme chez les Scouts d’Europe. "Il y a des réunions de parents en début d'année puis avant le camp, les parents peuvent discuter avec les chefs ou les cheftaines au début et à la fin des activités", souligne-t-elle.

Pas de téléphone pendant le camp

Faire confiance, et laisser son enfant vivre pleinement l’aventure scoute, éloigné des écrans. "Le camp, c'est le moment de vivre au jour le jour dans la nature. On aime bien dire : "Il n'y a pas de téléphone dans la Jungle", pour les chefs et cheftaines mais ça vaut aussi pour les parents !", s’exclame Claire-Marie, soulignant que le camp est "l’occasion de redécouvrir les lettres ou les cartes postales, la joie d'en recevoir mais aussi celle d'en écrire".

Même chez les plus âgés, il est généralement demandé aux guides et aux éclaireurs de ne pas prendre leur téléphone portable ou de le remettre aux chefs au début du camp. "Trop souvent, à cause des réseaux sociaux, les familles sont au courant de ce qui est vécu avant même que leurs enfants ne rentrent", regrette Constance de Marne, commissaire nationale des Guides d’Europe. "Laissez les filles vivre pleinement leur aventure et vous la raconter à leur retour à la maison !", engage-t-elle. La règle est légèrement plus souple chez les Scouts et Guides de France, ou tout du moins adaptée selon les chefs de camp : "Chez les 14/17 ans, la place du téléphone est travaillée autour d’une charte de camp pour décider collectivement de ce qui va être fait. La déconnexion est une démarche éducative", explique le mouvement.

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La plupart des maîtrises, tout mouvement confondu, redonnent néanmoins aux jeunes un téléphone lorsqu’ils partent en "raid" ou en "explo", c'est-à-dire quand ils partent marcher quelques kilomètres autour du camp, sans les chefs. "Lors des activités en autonomie, un téléphone est confié aux équipes. Celui-ci est en principe consacré à la communication avec les encadrants du camp", précisent les SGDF. Néanmoins, c'est le moment où, traditionnellement, les jeunes passent un coup de fil bienvenu à leurs parents !