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“Aucune prière n’est délaissée” : la conversion de Laurence après une rupture d’anévrisme

Après une grande épreuve en 2002, Laurence Genet, boulonnaise, mariée et mère de quatre enfants, fait une expérience de l’amour de Dieu qui transforme sa vie et entraîne progressivement toute sa famille sur le chemin de la foi.

6 min de lecture

Source: Laurence Genet et son mari.

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"Maman, c'est le ballon d'hélium, et papa, c'est la ficelle qui essaie de la faire redescendre sur terre". C’est ainsi que Nicolas, 30 ans, décrit avec humour la vie spirituelle de ses parents. Aujourd'hui, sa mère, Laurence, a une foi débordante et un amour incommensurable pour Dieu et la Vierge Marie. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Autrefois, sa pratique religieuse se résumait essentiellement à la messe du dimanche et elle se définissait comme catholique de tradition. Jusqu’à ce qu’un événement terrible vienne tout bouleverser. 

Une épreuve bouscule sa vie 

"C’était le 16 février 2002. Je me souviens avoir appelé mon médecin en lui disant : “Faites quelque chose, je vais mourir”. J’avais un mal de tête épouvantable. Et le médecin m'avait dit : “Oh Madame, vous êtes toujours aussi excessive”", raconte Laurence à Aleteia. Cependant, une semaine plus tard, elle est victime d’une rupture d’anévrisme et tombe dans le coma. Transportée d’urgence à l’hôpital, elle est immédiatement prise en charge par les médecins. Au cours de l’intervention, elle fait une embolie pulmonaire et un arrêt cardiaque. Son état est très grave, au point que les médecins craignent qu’elle ne passe la nuit. 

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À la maison, sa fille Astrid, 16 ans, voit son père profondément ébranlé par cette situation. Alors qu’il est  le roc de la famille et qu’il se veut toujours rassurant, Astrid comprend dans son regard que c’est très grave. Elle repart dans sa chambre, attrape son chapelet et se met à le réciter avec force comme jamais elle ne l’avait fait auparavant et de manière presque continue. Elle supplie de pouvoir revoir sa mère et de lui dire qu’elle l’aime. "À ce moment-là, elle a eu l’impression que la Vierge Marie la prenait dans ses bras", confie aujourd’hui Laurence. Elle a eu le sentiment d’être consolée par la Sainte Vierge, en sentant sa présence physique, à côté d’elle dans cette chambre, et qui la consolait. À la suite de cela, Astrid commence à faire prier ses petits frères qui avaient 6 et 8 ans, en se disant que la prière des enfants était très écoutée. 

Pendant une longue semaine, Laurence demeure dans le coma. Puis, elle se réveille. Elle reconnaît son mari et ses enfants, mais ses paroles sont totalement décalées par rapport à la réalité. Après quelques semaines, Laurence retrouve ses esprits et toutes ses facultés. Une infirmière lui dit alors : "Madame Genet, enfin ! Vous n’allez plus nous ennuyer !". Étonnée, Laurence lui demande ce qu’elle veut dire : "Mais parce que vous nous obligiez à réciter le chapelet. Sinon, vous ne vouliez pas qu’on vous touche ! On doit toutes réciter le chapelet, et cela nous ennuie bien !". Laurence est surprise, car elle ne se souvient de rien. 

Une certitude qui ne l’a plus quittée

À partir de son réveil, quelque chose a changé en profondeur. "J'avais l'impression - et cette impression ne me quitte pas - d'être dans une bulle d'amour. J'éprouvais un amour incommensurable pour Dieu et pour toutes les personnes qui m'entouraient", raconte Laurence. "Depuis, j’ai vraiment dans le cœur cette certitude de la présence de Dieu dans nos vies". Elle commence alors à avoir une vie de foi intense. 

Quelques mois plus tard, elle souhaite retourner voir le médecin qui l’avait opérée, pour le remercier. Lors de cette visite à l’hôpital, une infirmière croise son mari dans un couloir. "J'imagine que votre femme est décédée", lui dit-elle. "Pas du tout, elle est assise juste derrière vous", lui a-t-il répondu. L’infirmière reste sans voix. Plus tard, même le médecin qui l’avait opérée lui dira : "Madame Genet, en fait, il y a une erreur avec vous. Nous n'y sommes pas pour grand-chose dans cette histoire. Vous aviez un protecteur spécial." Laurence lui demande s’il parle de Dieu. "Oui. Je n’y croyais pas vraiment. Mais là, je dois reconnaître qu’il y a quelque chose qui nous échappe."

La conversion de Laurence et de toute sa famille

"L’accident a été la source de la conversion de toute la famille. Chacun à son rythme, chacun à sa manière", confie-t-elle aujourd’hui. "Le Seigneur a travaillé le cœur de chacun d’entre nous". Sa fille Astrid est la première à vivre ce chemin avec elle. De son côté, Laurence retourne se confesser après des années, commence à aller à la messe tous les jours et se met à accompagner des malades ou des personnes en fin de vie à l’hôpital.   

Pour rendre grâce, elle a aussi un grand désir dans son cœur : aller remercier la sainte Vierge à Medjugorje avec toute sa famille. Mais son mari tempère son enthousiasme : "Tu es gentille, mais va à la Médaille Miraculeuse, ça nous coûtera moins cher", lui dit-il. Laurence gardera ce désir jusqu’à ce que, cinq ans plus tard, sans qu'elle n'ait rien demandé, un ami de la famille leur offre à tous un pèlerinage à Medjugorje. "Lorsque nous sommes arrivés là-bas, au sommet du mont Krizevac, je me suis effondrée en larmes. Je sentais profondément que c'était là que je devais remercier la Sainte Vierge. Pourquoi précisément à Medjugorje ? Je n'en sais rien. Mais pour nous, ce pèlerinage fut le début d’un chemin de foi pour chacun d’entre nous. Ce fut un cadeau de Marie."

Aujourd'hui, sa vie est transformée. "Il y a des choses que j’ai éjectées de ma vie", dit-elle. "J’ai un amour pour Marie que je n’avais absolument pas avant. J’ai un amour incommensurable pour Dieu. Aujourd’hui, pour moi, il n'y a que l’Amour avec un grand A qui compte. L’Amour que l'on donne aux autres, l'Amour que l’on reçoit des autres et qui n'est possible qu'en s'alimentant par le haut. C’est-à-dire par l'Amour de Dieu. Et puis j’ai une foi dans la puissance de la prière. Je sais qu’aucune prière n'est délaissée. Avant mon accident, je n'avais pas du tout ce sentiment ancré si profondément dans mon cœur". 

Après cet accident, il lui reste une petite cicatrice sur le front, et chaque fois qu’elle la voit, elle se souvient que le Seigneur l’a sauvée. Le 24 février 2002, le jour de sa rupture d’anévrisme, est vraiment devenu pour Laurence celui de sa "re-naissance en Dieu".