Malgré 2.300 lits fermés en 2024, les hôpitaux et cliniques français ont augmenté leurs capacités d'hospitalisation de jour et à domicile. Un bilan qui contraste avec la hausse des passages aux urgences et les critiques croissantes des soignants face à la saturation des services.
Les hôpitaux et cliniques ont perdu 2.300 lits en 2024, un nombre en baisse continue depuis plus de 20 ans, tandis que les capacités d'hospitalisation de jour et à domicile ont continué de progresser, selon des données officielles consolidées, publiées ce 9 juillet.
À la fin 2024, les 1.330 hôpitaux publics, 977 cliniques privées et 655 établissements privés non lucratifs totalisaient 367.100 lits d'hospitalisation complète et 91.000 places d'hospitalisation partielle, selon ce panorama des services statistiques des ministères sociaux (Drees). En 2024, 2.300 lits ont été fermés (-0,6%), une diminution cependant "moindre que celle des trois années précédentes (-1,2% en 2023, -1,8% en 2022, et -1,4 % en 2021)" mais aussi qu'avant la crise sanitaire née du Covid (-0,9% en moyenne annuelle entre 2013 et 2019). Parallèlement, 2.600 places d'hospitalisation partielle ont été ouvertes en 2024 (+2,9%), "à un rythme plus soutenu qu'avant la crise sanitaire (+2,5% par an de 2013 à 2019). Contrairement à un lit, une "place" de jour peut généralement accueillir plusieurs patients quotidiens.
Bondissement du nombre de passages aux urgence
Les capacités de prise en charge en hospitalisation à domicile ont également continué d'augmenter (+5,5%), permettant de prendre en charge 25.400 patients simultanément sur le territoire. Si l'activité a crû "fortement" en hospitalisation partielle en 2024 (+5,7%), bien au-delà du niveau d'avant Covid, elle a augmenté "plus modérément" en hospitalisation complète (+1,4%), où le nombre de séjours est resté nettement inférieur à l'avant-pandémie, selon l'étude. Quant à l'activité d'hospitalisation à domicile, elle s'est accentuée (+10,4%, après +8,4% en 2023).
Après avoir diminué en 2023, le nombre de passages aux urgences a bondi en 2024 (+2,5%) pour atteindre 21,3 millions sur l'année. "Cette hausse a lieu en dépit de la généralisation en cours du service d'accès aux soins (Samu-SAS), parmi d'autres mesures mises en place pour limiter l'afflux de patients ou en raison d'un manque de personnel", a constaté la Drees. Ces chiffres sont publiés alors qu'une troisième canicule frappe la France en moins de deux mois, et que la deuxième a déjà mis les soignants hospitaliers et les patients à rude épreuve, entre manque de climatisation, épuisement et sous-effectifs. Les soignants critiquent régulièrement les fermetures de lits, qui selon eux saturent les services d'urgence, incapables de trouver des "solutions d'hospitalisation" pour leurs patients, et mettent les équipes sous pression.












