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“Dieu m’a confié cette mission” : Samuel, 12 ans, fabrique des chapelets pour les enfants malades

Avec sa guitare et ses chapelets faits main, Samuel Hoffmann, 12 ans, rend visite aux enfants malades à l'hôpital au Brésil pour leur apporter un peu de joie et d’espérance. Pour Aleteia, le jeune garçon raconte comment cette mission a transformé sa vie.

7 min de lecture

Source: Maristela G. Hoffmann

Porté par sa foi, Samuel Hoffmann, 12 ans, apporte un peu de réconfort aux enfants hospitalisés avec sa guitare et les chapelets qu’il confectionne lui-même.

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Dans les couloirs de l’hôpital, guitare et chapelet à la main, Samuel Hoffmann apporte un peu de lumière aux enfants malades. À seulement 12 ans, ce jeune Brésilien originaire de Brusque, ville du sud du Brésil située dans l’État de Santa Catarina, consacre une partie de son temps libre à visiter des patients hospitalisés pour chanter avec eux, prier et leur offrir des chapelets qu’il confectionne lui-même. Une humble mission qui touche aujourd’hui de nombreux cœurs bien au-delà des murs de l’hôpital.

"Tout a commencé quand j’avais neuf ans", confie Samuel à Aleteia. Il y a trois ans, sœur Terezinha, une religieuse engagée auprès des malades, l’invite à l’accompagner dans le service de pédiatrie d’un hôpital. Le jeune garçon accepte et décide d’apporter sa guitare. "Au début, je jouais de la musique pour les enfants. Puis j’ai voulu leur laisser un souvenir, quelque chose qui puisse leur rappeler de prier", raconte-t-il. C’est alors que Samuel commence à fabriquer de petits bracelets avant d’avoir une autre idée : offrir des chapelets.

Samuel Hoffmann et ses chapelets fabriqués à partir des graines de "Larmes de Notre-Dame", la plante visible à gauche.

À ses débuts, Samuel confectionne ses premiers chapelets à partir de petites perles colorées, jusqu’au jour où un proche lui rapporte des graines d’une plante connue au Brésil sous le nom de "Larmes de Notre-Dame". Le garçon décide alors de les planter dans le jardin de la maison familiale, de les cultiver lui-même, puis d’utiliser les graines récoltées pour confectionner ses propres chapelets. "Il me faut environ dix minutes pour en confectionner un", explique-t-il simplement.

"Cela illumine leur journée… et la mienne aussi"

Aujourd’hui, Samuel poursuit sa mission en essayant de se rendre chaque samedi matin à l’hôpital. Peu à peu, plusieurs amis l’ont rejoint dans cette belle aventure. "J’ai d’abord invité un ami, puis un autre, jusqu’à former un groupe de sept enfants", raconte-t-il. Ensemble, ils visitent les jeunes patients, jouent de la musique et leur offrent ces petits chapelets faits à la main. La joyeuse petite troupe passe également dans les couloirs du service des adultes, où ils distribuent aussi les créations de Samuel. Pour le jeune garçon, ces rencontres sont devenues une véritable école de vie. "Je me sens bien lorsque je fais cela, parce que je vois qu’en apportant un chapelet et une chanson aux personnes malades, cela illumine leur journée… et la mienne aussi. Ça me rend heureux", témoigne-t-il.

Autour de Samuel (deuxième enfant à gauche), un groupe d’amis s’est formé pour partager des moments de joie, de musique et de prière avec les enfants hospitalisés.

Au fil des années, Samuel découvre combien un simple chapelet peut toucher le cœur de ceux qui le reçoivent. "Il y a plus de deux mois, nous avons offert un chapelet à un homme dans le service des adultes. Récemment, à la messe, une femme est venue me raconter que ce chapelet l’avait poussé à s’interroger sur la foi", partage Samuel. La femme lui aurait alors également confié que cet homme, jusque-là athée, commençait à s’interroger sur le baptême. "Cela m’a beaucoup touché", ajoute le jeune garçon, encore ému par cette rencontre.

Une foi née autour du chapelet

Si Samuel consacre aujourd’hui une partie de son temps aux personnes malades, c’est aussi grâce à une foi profondément ancrée depuis son plus jeune âge. Un cheminement spirituel qui a commencé aux côtés de sa grand-mère. "Petit, j’allais tous les jours chez ma grand-mère à 19h pour prier le chapelet. C’est comme ça que mon chemin de foi a commencé", explique-t-il.

Après avoir commencé à prier le chapelet, j’ai amené ma famille à la conversion.

Né d’une mère catholique et d’un père luthérien, Samuel a grandi dans un foyer où la foi se vivait de manière différente. Sa mère fréquentait parfois l’Église catholique tandis que lui accompagnait son père à l’Église luthérienne. Mais sa découverte du chapelet a peu à peu transformé la vie spirituelle de sa famille. "Après avoir commencé à prier le chapelet, j’ai amené ma famille à la conversion", confie-t-il avec humilité. Un cheminement qui a marqué ses proches et encouragé ses parents à se marier dans l’Église catholique par la suite. De son côté, Samuel s’est engagé dans sa paroisse, où il est aujourd’hui servant de messe et fait partie du groupe de musique paroissial.

S’il partage désormais ses visites avec les malades sur les réseaux sociaux, où ses vidéos suscitent beaucoup d’émotion, Samuel assure ne pas rechercher la notoriété. "Dieu m’a confié cette mission. Je ne m’attendais même pas à ce que cela prenne une telle ampleur. Je fais cela par amour pour les autres", insiste-t-il.

Il n’y a pas d’âge pour se mettre au service des autres

Comme tous les enfants de son âge, Samuel aime jouer et profiter de son temps libre. Mais le jeune garçon a aussi choisi d’en consacrer une partie aux autres.  "On peut faire tout ce qu’un enfant ou un adolescent fait, tout en faisant le bien et sans se laisser influencer par de mauvaises choses. Le temps que j’utilise pour jouer, je l’utilise aussi pour faire les visites à l’hôpital", explique-t-il. Si certains enfants peuvent penser qu’ils sont trop jeunes pour faire la différence, du haut de ses 12 ans, Samuel en est convaincu : même les plus petits gestes peuvent avoir une grande portée. "Quand j’ai commencé les visites, ma mère pensait que j’étais trop petit. Mais j’ai insisté et elle a accepté", sourit-il. "Lorsqu'un enfant rend visite à un autre enfant malade, cela peut le rendre encore plus heureux que si c’était un adulte, parce qu’il voit quelqu'un qui lui ressemble être présent à ses côtés."

Si le jeune Brésilien espère apporter un peu de joie, ces rencontres lui ont aussi beaucoup appris. Elles l’ont notamment aidé à prendre conscience de la valeur des petites choses du quotidien. "Nous nous plaignons trop. Souvent, nous nous plaignons pour de petites douleurs, mais nous devons nous rappeler qu’il y a des personnes qui vivent des situations bien plus difficiles que les nôtres." Ainsi, pour lui, ces moments sont avant tout une manière de partager l’espérance qu’il puise lui-même dans la prière. À travers ses chapelets et ses visites à l’hôpital, le garçon espère transmettre aux autres cette confiance en la Vierge Marie qui l’accompagne au quotidien. "Souvenez-vous toujours de prier le chapelet, souvenez-vous que vous avez une maman au Ciel. Quel que soit le moment que vous traversez, tournez-vous vers Notre Dame", conclut Samuel.