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Ces religieuses font des réseaux sociaux un nouveau terrain de mission

Soeur Pia, soeur Jeanne-Victoire et soeur Pierre Emmanuel. (De gauche à droite).

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Laura Marchais - publié le 07/07/26
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Au monastère de Rimont, en Saône-et-Loire, sœur Pia, sœur Jeanne-Victoire et sœur Pierre Emmanuel utilisent les réseaux sociaux pour annoncer l’Évangile autrement. Pour Aleteia, elles partagent les coulisses de cette mission numérique devenue un chemin vers la rencontre.

Entre les vidéos de danse, les tendances virales et les contenus humoristiques qui défilent en scrollant sur les réseaux sociaux, une présence inattendue se fait une place... Celle de religieuses venues parler de foi, de Bible et d’espérance. Depuis le monastère de Rimont, en Saône-et-Loire, les sœurs apostoliques de Saint-Jean ont décidé d’investir les réseaux sociaux pour parler de foi, de vocation et de leur quotidien. Avec des vidéos simples et spontanées, certaines atteignant plusieurs centaines de milliers de vues, ces religieuses souhaitent aller à la rencontre de ceux qui ne pousseraient pas forcément la porte d’une église.

Tout est parti d’une question simple : comment parler aux jeunes aujourd’hui ? Engagées auprès du diocèse d’Autun, sœur Jeanne-Victoire et sœur Pia ont rapidement constaté combien il était difficile de toucher les nouvelles générations dans un territoire aussi étendu. "Nous avions du mal à rejoindre les jeunes à cause de l’extension du diocèse. Nous nous sommes alors demandé comment renouveler cette mission, et nous avons pensé aux réseaux sociaux !", raconte sœur Jeanne-Victoire à Aleteia.

Sœur Pia et Sœur Pierre Emmanuel utilisent les réseaux sociaux pour toucher un public plus large et témoigner de leur vie religieuse.

D’abord imaginée sur Instagram ou Facebook, l’idée s’oriente finalement vers le réseau social TikTok. "On nous a expliqué que, pour toucher les jeunes générations, TikTok était aujourd’hui l’un des meilleurs moyens d’aller à leur rencontre", poursuit la religieuse. Une intuition partagée par sœur Pierre Emmanuel, chargée de la communication de la congrégation des sœurs de Saint-Jean, qui avec une équipe de religieuses fait vivre la page Instagram pour partager les événements qui rythment la vie de la communauté, mais aussi proposer des contenus autour de la foi et de la vie religieuse. "Nous devons rejoindre les gens là où ils sont aujourd’hui. Les réseaux sociaux sont un lieu habité, notamment pour rejoindre des personnes qui ne viendraient pas spontanément à l’église, mais qui se pose quand même des questions."

"Le but est de montrer quelque chose d’authentique"

Pas de grandes mises en scène, ni de formats trop élaborés. Sur leurs réseaux sociaux, les sœurs parlent de la Bible, expliquent la vocation religieuse, répondent aux questions des internautes et ouvrent une fenêtre sur leur vie quotidienne, entre prière, fraternité et simplicité. "Le but est de pouvoir faire passer un message chrétien, parler du Christ, mais aussi montrer quelque chose d’authentique de notre vie, qui est aussi de la joie et de la simplicité", confie sœur Pierre Emmanuel.

Chaque semaine, les religieuses proposent différents formats pour rendre la foi accessible au plus grand nombre. Dans sa rubrique "Mardi, ouvre ta Bible", sœur Pia encourage les internautes à découvrir la Parole de Dieu. De son côté, sœur Jeanne-Victoire répond aux interrogations autour de la vocation chaque vendredi dans "Vendredi vocation", en abordant des interrogations concrètes que les internautes peuvent avoir, telles que "Pourquoi les religieuses portent-elles un habit ?", "Est-ce qu’un prêtre est payé ?" ou encore "C’est quoi les fiançailles ?".

@dioceseautun

Est-ce que les religieuses ont des vacances ? ✈️ La réponse dépend en partie de leur mode de vie 😊 👉 Les religieuses apostoliques, qui travaillent au cœur du monde (écoles, paroisses, hôpitaux, accompagnement...), prennent généralement des temps de vacances comme beaucoup d'autres personnes. 👉 Les religieuses contemplatives, qui vivent en monastère, ont plutôt des temps de repos et de détente intégrés à leur rythme de vie, même si cela ne ressemble pas forcément aux vacances que l'on imagine. Mais même en vacances, elles restent religieuses Prendre soin de soi permet aussi de mieux prendre soin des autres et de vivre pleinement sa vocation. Tu imaginais les religieuses partir en vacances ? 💬 #jeunes #catholique #catholiques #catholiquesdefrance #chrétien #chrétienslife #saoneetloire #autun #chalon #macon #étudiants #étudiantes #lycéen #lycéens #lycéenne #lycéennes #jeunespro #jeunesprofessionnels #dioceseautun #église #églisecatholique #églisedefrance #vocation #vocations #bourgogne #vendredisvocation #mavocation #trouversavoie #foietvie #jeunesetesperance

♬ son original - Diocèse d'Autun

Des questions simples, mais essentielles pour toucher un public parfois très éloigné de l’Église. "Au début, j’ai voulu faire des vidéos sur la vocation à la sainteté, sur comment réfléchir à sa mission… mais ça ne fonctionnait pas vraiment", sourit sœur Jeanne-Victoire. "Alors nous avons essayé de partir sur des questions plus basiques, des questions que les gens se posent réellement. Aujourd'hui, nous remarquons que ça les intéresse." Car, en effet, sur TikTok, les religieuses ont découvert un nouvel exercice, celui de transmettre un message profond en quelques secondes seulement, tout en s’adaptant à un public très large. "Nous avons un vrai désir d’annoncer l’Évangile, d’annoncer ce trésor que nous portons. Parfois, nous avons envie de développer davantage la Parole de Dieu, mais il faut accepter de revenir à quelque chose de plus simple", reconnaît la religieuse.

"Les gens sont touchés par une sœur qui a l’air heureuse"

Si TikTok est souvent critiqué pour sa superficialité, les religieuses y découvrent au contraire un espace de dialogue inattendu. Leur public dépasse largement les jeunes catholiques. De fait, des personnes éloignées de la foi, des retraités, mais aussi des croyants d’autres religions suivent leurs vidéos. "Nous avons des musulmans qui nous regardent. Au début du carême, qui tombait en même temps que le ramadan, certains nous écrivaient : "Bon carême mes sœurs". C’était très touchant", raconte sœur Jeanne-Victoire. Au fil des publications, les sœurs apostoliques de Saint-Jean reçoivent également de nombreux messages d’encouragement d’internautes touchés par leur manière de témoigner. "Les retours qui nous touchent le plus sont ceux des personnes qui nous remercient pour ce message d’espérance et de confiance", confie sœur Pierre-Emmanuel. "Lire que des personnes se sentent moins seules et peut-être moins éloignées de l’Église qu’elles ne le pensent est précisément ce qui donne du sens à notre présence sur les réseaux."

Avec simplicité et joie, Sœur Pia et Sœur Jeanne-Victoire utilisent TikTok pour partager leur foi et répondre aux questions des internautes.

Mais ce qui semble attirer le plus les internautes n’est pas seulement le contenu des vidéos. Au-delà du message transmis, c’est aussi une vie religieuse joyeuse, simple et fraternelle qu’elles donnent à entrevoir. "J’ai l’impression que ce qui touche le plus les gens, plus que notre message, c’est nous-mêmes. Les gens sont touchés par une sœur qui a l’air heureuse !", témoigne soeur Pia. Une manière aussi de casser certains clichés sur la vie consacrée. "Les gens ont beaucoup de questions sur la vie religieuse. Ils nous voient de loin et peuvent avoir certains préjugés. Le fait de partager notre quotidien est une porte ouverte sur notre vie", poursuit-elle.

"Les réseaux sociaux sont un moyen, pas une fin"

Malgré leur succès, les religieuses gardent une certaine distance avec les réseaux sociaux. Leur objectif n’est pas de courir après les vues, mais de créer une première rencontre. "Je préfère faire une vidéo qui va toucher les gens, même s’il n'y a que 100 vues. Ce n’est pas le nombre de vues qui importe, ni la popularité", insiste sœur Jeanne-Victoire.

Cela (les réseaux sociaux) doit leur servir de moteur pour vivre leur foi de manière concrète.

Ainsi, pour ces soeurs apostoliques de Saint-Jean, les réseaux sociaux ne remplaceront jamais la rencontre réelle. "La foi ne se réduit pas à 30 secondes de vidéo", rappelle sœur Pia. "C’est seulement un moyen que nous essayons de donner pour que tous puissent ensuite atteindre quelque chose de bien plus grand."

C’est cette conviction qu’elles souhaitent aujourd’hui transmettre aux jeunes chrétiens, en les invitant à faire des réseaux sociaux un point de départ plutôt qu’un lieu où s’arrêter. "C’est sympathique de regarder des vidéos sur TikTok, mais il faut vraiment sortir de son canapé. Les jeunes chrétiens ne doivent pas s’arrêter à lire des textes ou regarder des vidéos. Cela doit leur servir de moteur pour vivre leur foi de manière concrète", souligne sœur Jeanne-Victoire. Un regard que partage sœur Pierre-Emmanuel, pour qui les réseaux sociaux doivent rester une porte d’entrée vers une rencontre plus profonde. "Les réseaux sociaux sont un moyen, une étape, mais pas une fin. La fin, c’est la relation avec les autres, avec l’Église et avec Dieu."

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