separateurCreated with Sketch.

Pourquoi le pape Léon XIV revient-il si souvent sur la santé mentale ?

individualismo
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Cerith Gardiner - Aline Iaschine - publié le 06/07/26
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Les récents discours du pape Léon XIV révèlent un refus répété de réduire la souffrance de l’homme à des explications simplistes.

La santé mentale n'est généralement pas un sujet que l'on associe aux discours des papes.  Pourtant, ces dernières semaines, le pape Léon XIV y est revenu à plusieurs reprises, l'évoquant dans différents contextes et devant différents publics, des étudiants de l'université La Sapienza de Rome aux centaines de milliers de jeunes réunis lors de sa visite en Espagne.

Ce qui est frappant, c'est qu'il aborde rarement le problème sous le même angle. À l'université La Sapienza de Rome, il a évoqué les pressions auxquelles sont confrontés les jeunes, constatant que "beaucoup d'entre eux souffrent d'anxiété". Plutôt que de considérer ce problème comme passager, il a invité les enseignants à jouer un rôle actif auprès de leurs élèves, afin de les orienter dans un monde de plus en plus complexe.  Pour lui, "il est primordial de croire en ses élèves".

"Mais je crois que nous ne pouvons pas y arriver seuls"

Quelques semaines plus tard, à Barcelone, le sujet a été abordé sous un autre angle. Lors d'une veillée rassemblant des centaines de milliers de jeunes, une femme a témoigné ouvertement de son combat contre la dépression et de la difficulté à trouver un sens à sa vie lorsque tout semble devenir insurmontable. La réponse du Pape a révélé la même préoccupation, mais sous un autre éclairage : "Face aux situations les plus difficiles et les plus douloureuses, lorsque Dieu semble absent, nous devons lui confier une fois de plus les fardeaux que nous portons dans nos cœurs, allant jusqu'à crier vers lui, voire à protester comme Job, confiants qu'il est d'une manière ou d'une autre présent et proche, même lorsqu'il paraît silencieux."

Une autre réflexion du Pape, prononcée à Barcelone, mérite d’être retenue. Évoquant ceux qui accompagnent les personnes en souffrance, il a souligné l’importance de ne pas "se précipiter pour expliquer cette douleur". Quelle intuition précieuse ! 

Mais il a aussitôt ajouté une phrase tout aussi importante : "Mais je crois que nous ne pouvons pas y arriver seuls." Cette phrase toute simple est peut-être l'une des plus révélatrices de son jeune pontificat. C’est précisément ce qui rend son approche de la santé mentale si intéressante. Plutôt que de réduire la santé mentale à un seul problème, il l’aborde sous des angles multiples, tantôt suis le prisme de l’éducation, tantôt en rappelant l’importance de la communauté, ou encore en le reliant aux questions sur le sens à la vie, la solitude ou la foi. S’il aborde autant de thématiques, c'est pour souligner  que les êtres humains sont complexes, tout comme les difficultés qu’ils rencontrent.

Des raisons multiples

Sur ce sujet si actuel de la santé mentale, la tentation est grande de chercher un bouc émissaire. Souvent, les réseaux sociaux et les smartphones sont instinctivement désignés comme les principaux responsables du mal-être contemporain. Pourtant, bien d’autres facteurs peuvent entrer en jeu : les ruptures familiales, la pression scolaire, la solitude, l'incertitude économique, l'instabilité mondiale, ou encore la perte de sens et de repères spirituels. Selon la personne qui s’exprime, l’un ou l’autre de ces éléments peut expliquer sa souffrance psychologique. 

En effet, les êtres humains n’entrent pas dans des cases, et leurs souffrances encore moins. Même  s’il serait rassurant de pouvoir désigner un seul responsable, la vie est rarement aussi simple. C’est pourquoi une autre réflexion du Pape, prononcée à Barcelone, mérite d’être retenue. Évoquant ceux qui accompagnent les personnes en souffrance, il a souligné l’importance de ne pas "se précipiter pour expliquer cette douleur". Quelle intuition précieuse ! 

À travers ses récentes interventions, Léon XIV semble rappeler que certaines blessures demandent plus qu’une réponse hâtive. La santé mentale semble en faire partie. Toutes les difficultés ne peuvent pas être résolues immédiatement, toutes les blessures ne peuvent pas être expliquées de manière nette et claire. Parfois, le plus beau cadeau est simplement une personne prête à nous écouter et à marcher avec nous.

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)
Pourquoi Léon XIV revient-il souvent sur la santé mentale ?