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Les villages chrétiens du Sud-Liban ont-ils demandé à être annexés à Israël ?

Dans une interview accordée à la chaîne américaine Fox News le 5 juillet, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que certains villages chrétiens du Sud-Liban avaient "demandé à être annexés" par Israël. Un propos largement contesté par plusieurs acteurs présents sur place.  

Dans une interview accordée à la chaîne américaine Fox News le 5 juillet, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que certains villages chrétiens du Sud-Liban avaient "demandé à être annexés" par Israël. Un propos largement contesté par plusieurs acteurs présents sur place.  

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Hortense Leger - publié le 06/07/26
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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré le 5 juillet sur Fox News que certains villages chrétiens du Sud-Liban souhaitent être annexés à Israël afin d'être protégés du Hezbollah. Une affirmation réfutée par plusieurs personnes présentes sur place, les habitants réclamant avant tout le retour de l'autorité de l'État libanais et la fin des violences.

Une déclaration contestée. Dans une interview accordée à la chaîne américaine Fox News le 5 juillet, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que certains villages chrétiens du Sud-Liban avaient "demandé à être annexés" à Israël. Ils requièrent, selon lui, "la protection" de l'État hébreux "contre le Hezbollah". Un propos largement démenti par plusieurs habitants et élus locaux ainsi que par Vincent Gelot, directeur de l'Œuvre d’Orient au Liban, présent sur place. 

Parmi les villages chrétiens au Liban, "certains ont même demandé à être annexés à Israël", parce que "nous les protégeons contre les fanatiques du Hezbollah qui veulent les tuer", a ainsi déclaré dans le détail Benjamin Netanyahu lors de l’émission "The Sunday Briefing" sur Fox News. Une affirmation démentie auprès d'Aleteia par Vincent Gelot, directeur de l’Œuvre d’Orient au Liban et en Syrie. "Pour bien connaître les habitants de ces villages et pour les fréquenter depuis de nombreuses années, je ne crois pas que cette prise de parole soit juste", confie-t-il à Aleteia. "Ils ne veulent pas du Hezbollah, qui est la cause de leur malheur, et en même temps, souhaitent absolument rester libanais et ne pas être annexés à l'État israélien." Et d’ajouter : "Ce propos est faux et d’ailleurs cela a été démenti par les maires et les représentants de ces villages du Sud Liban." 

Fausse interprétation de la détresse des habitants

Hanna al-Amil, le maire du village chrétien de Rmeich, situé à moins de deux kilomètres de la frontière libano-israélienne, a en effet démenti le 5 juillet les affirmations de Benjamin Netanyahu, selon la chaîne de télévision publique libanaise NNA. Déclarant qu’une telle chose était "absolument hors de question", il a ajouté que "quinze villages chrétiens avaient publié un communiqué pour réfuter ces allégations".  

Directrice de l’école des Sœurs Antonines à Rmeich, sœur Rita exprime surtout, auprès d’Aleteia, le souhait des habitants "de voir l’État libanais reprendre pleinement ses responsabilités", notamment "par le déploiement de l’armée libanaise afin d’assurer leur sécurité". Les préoccupations des habitants portent avant tout, pour la religieuse, sur "la sécurité, la liberté de circulation, la reconstruction des villages et le retour à une présence effective de l’État libanais". "Il serait donc inexact, voire très faux, d’interpréter leur détresse ou leurs revendications comme un appel à une annexion par Israël", appuie-t-elle. Et de poursuivre : "Nous voulons retourner à une vie normale qui nous permet de reprendre le cours ordinaire de notre vie dans tous les secteurs et à tous les niveaux. Nous sommes fatigués de vivre dans la crainte et l’incertitude."

Une réalité vécue par les habitants d’autres villages chrétiens du Sud-Liban qui ne correspond pas, selon la religieuse, aux déclarations du Premier ministre israélien. Les villages de Debl et Aïn Ebel, notamment, "traversent une crise humanitaire et sécuritaire très difficile", confie-t-elle. À Debl, les habitants vivent sous de fortes contraintes de déplacement et dépendent largement de l’aide humanitaire. Des atteintes à des symboles religieux chrétiens ont été rapportées. Quant à Aïn Ebel, les restrictions empêchent de nombreux agriculteurs d’accéder à leurs terres. L’économie locale en est largement fragilisée. "Malgré les accords annoncés, conclut sœur Rita, la présence militaire israélienne se poursuit dans plusieurs secteurs, avec des restrictions de circulation, des destructions importantes de maisons, d’infrastructures et de terres agricoles."

4.305 morts

Depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars 2026, la situation humanitaire au Liban s’est rapidement aggravée. Selon le ministère libanais de la Santé, le nombre total de victimes s’élève désormais à 4.305 morts, tandis que 12.203 personnes ont été blessées dans les frappes israéliennes à cette date. Selon ce rapport hebdomadaire, 350 centres d’hébergement restent actuellement opérationnels à travers le pays, accueillant 36.213 personnes déplacées, réparties au sein de 9.351 familles. Dans ce contexte d’escalade militaire et d’exode massif de civils, l’avenir des communautés chrétiennes du sud, historiquement implantées le long de la frontière israélienne, apparaît particulièrement incertain, nombre de leurs villages se retrouvant pris entre les frappes israéliennes et la présence armée du Hezbollah. 

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