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Espaces “no kids” : la Commission nationale consultative des droits de l’homme sonne l’alarme

Dans un avis rendu le 6 juillet 2026, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a plaidé pour donner plus de place aux jeunes dans l'espace public.

Dans un avis rendu le 6 juillet 2026, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a plaidé pour donner plus de place aux jeunes dans l'espace public.

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Hortense Leger - avec AFP - publié le 06/07/26
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Alors que la natalité atteint son plus bas niveau depuis 1945, les enfants sont de plus en plus exclus de l'espace public. Dans un avis rendu ce 6 juillet, la Commission nationale consultative des droits de l'homme appelle à interdire les zones "no kids" et à repenser la place des mineurs dans la démocratie.

Pas d'espaces "no kids" mais des "villes à hauteur d'enfant". Dans un avis rendu le 6 juillet 2026, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a plaidé pour donner plus de place aux jeunes dans l'espace public.

Ces dernières années, l'apparition dans des pays européens d'espaces interdits aux enfants ou "adults only", réservés aux adultes, dans des secteurs tels que l'hôtellerie, la restauration et les transports, a suscité des polémiques. "La présence des enfants dans l'espace public s'est considérablement réduite depuis une quarantaine d'années", constate ainsi la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH). Dans un avis, l'institution souligne un paradoxe entre "l'intolérance croissante" envers les plus petits et "l'inquiétude croissante par rapport à la baisse de la natalité", à son plus bas niveau en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

"Un enfant n'est ni une nuisance, ni un problème à tenir à distance"

Encore peu répandu en France, le phénomène "no kids" avait été signalé en janvier dernier, après l'annonce d'une nouvelle offre de la SNCF, "qui excluait les enfants de moins de 12 ans" en promettant "calme" et "confort aux passagers", est-il rappelé dans le rapport de cette commission consultative.

Saisie par la haute-commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry, la commission invite, à travers plusieurs recommandations, à "interdire les espaces no kids lorsqu'ils ne sont pas justifiés par la nécessité de protéger l'enfant". "Aujourd'hui, je pense que ça tombe sous le coup de la loi", a-t-elle estimé ce 6 juillet sur RMC, évoquant une situation de "discrimination". Dans une déclaration du Ministère de la Santé parue ce jour, Sarah El Haïry a aussi affirmé que "la place des enfants dans notre société n'est pas une variable d'ajustement" et qu'"un enfant n'est ni une nuisance, ni un problème à tenir à distance." Concédant la "liberté d'entreprendre", elle a cependant exprimé son refus de voir "l'exclusion des enfants" devenir "un argument commercial ou un marqueur de modernité." Et d'abonder qu'"une société apaisée n'est pas une société où l'on cache les enfants ; c'est une société qui apprend à vivre avec eux", avant de conclure qu'"ils ne sont pas des citoyens de seconde zone."

Une "exclusion sociale" des plus jeunes

Parmi les autres suggestions de la commission figurent la réduction "de la vitesse de la circulation en ville et zones habitées" et la conception d'aires de jeux "en concertation avec les enfants", illustrant sa volonté de voir se "créer des villes à hauteur d'enfant". En matière de citoyenneté, la CNCDH "estime utile de réfléchir à l'abaissement de l'âge du droit de vote dans certaines élections locales ou même nationales", pour mettre en valeur la place des mineurs dans les politiques publiques. Plus globalement, l'institution déplore une exclusion sociale des plus jeunes, perçue davantage "comme des personnes à surveiller, contrôler, récompenser ou punir plutôt que comme des êtres dont la dignité serait égale à celle des adultes". Pour mémoire, en 2025, 644.000 bébés ont vu le jour en France, soit près d'un quart de moins qu'en 2010, date du dernier pic des naissances, selon l'Institut national de la statistique (Insee).

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