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Changer de vie : le conseil d’un Père du Désert

3 min de lecture
persona en el desierto

Crédit : Openfinal | Shutterstock

Que nous disent les Pères du Désert pour guider notre vie spirituelle, dans les circonstances très concrètes de notre vie ? Changer de vie, c’est possible, enseigne saint Sisoès, et même très rapidement !

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Se convertir, changer de vie, pourquoi cela paraît-il insurmontable ? Et pourquoi faudrait-il que ce soit long ? La conversion se dit en grec métanoïa, c’est-à-dire changement d’esprit. L’hébreu est plus concret : shouv signifie se retourner, revenir (sur ses pas). Le repentir, la conversion n‘est au fond pas autre chose que remplacer une mauvaise orientation par une bonne. Comment se fait-il que cette chose simple puisse demander tant d’efforts qui nous découragent avant d’avoir commencé ?

"Si l’homme le veut"

Écoutons l’abba Sisoès, qui était un ermite du Ve siècle, vivant dans le désert de Scété en Égypte. Considéré comme le modèle du moine, "digne successeur d’Antoine le Grand, il est cité dans plusieurs Apophtegmes des Pères du Désert, dont celui-ci qui rapporte ce conseil aux hommes qui veulent changer de vie :

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"L’abbé Sisoès avait l’habitude de donner cette réponse au sujet de la pénitence : "Si l’homme le veut, entre le matin et le soir il peut parvenir à la perfection du précepte divin, c’est-à-dire s’il fait pénitence en pleurant ses fautes passées et s’il conclut avec Dieu l’engagement de ne plus pécher."

Ce que nous imaginons des exigences de Dieu

Le conseil paraît simple, mais il faut décomposer les difficultés. La première peut venir de ce que nous imaginons concernant Dieu et ses exigences. Quand nous voyons la folie qui se cache derrière chacune de nos mauvaises orientations, la bêtise qui nous a si souvent poussé à refuser la main qui nous était tendue, on pense que c’est fini, que nous avons trop tiré sur la corde : Dieu est bon, c’est entendu, mais il ne nous rattrapera pas toujours au bord du gouffre ! Nous avons peine à croire à cet attachement tenace qui pousse le Christ à rejoindre le pécheur endurci et à lui proposer jusqu’au bout de faire le pas.

La difficulté vient aussi de nous, d’une évaluation réaliste de nos possibilités. Trop d’exemples négatifs nous ont appris que nous ne tenons pas nos promesses, que notre courage fond comme neige au soleil devant certaines privations, pourtant nécessaires. Alors, pour ne pas connaître un échec de plus, pour ne pas mordre encore une fois la poussière, nous disons "non ! ce n’est pas pour moi". 

C’est possible !

Et pourtant, résume Sisoès, la pénitence est à la portée de tous. Le Seigneur sait bien ces replis où nous essayons de nous cacher, pour esquiver le geste, le tout petit geste, qui mettrait tout en branle et éloignerait de nous la tentation, peut-être pour toujours. S’il le demande, c’est que c’est possible et plus vite ce sera fait, plus tôt nous serons délivrés de nous-même, de ce fardeau incompréhensible qui nous maintient au sol : "Zachée, descends vite, car il me faut aujourd’hui demeurer chez toi !" (Lc 19,5).