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Au Festival d’Avignon, on ne badine pas avec la foi

Cette année encore, pour le Off du festival d'Avignon, ce rendez-vous culturel dédié au spectacle vivant créé en 1947 qui se tient chaque année en juillet dans la cité des Papes, plusieurs pièces à "thème chrétien" sont proposées au grand public.

Cette année encore, pour le Off du festival d'Avignon, ce rendez-vous culturel dédié au spectacle vivant créé en 1947 qui se tient chaque année en juillet dans la cité des Papes, plusieurs pièces à "thème chrétien" sont proposées au grand public.

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Domitille Farret d'Astiès - publié le 06/07/26
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Le Festival d'Avignon 2026, l'un des plus grands festivals de théâtre du monde, se déroule jusqu’au 25 juillet 2026 dans la cité des Papes. Et cette année, les pièces à thème chrétien semblent s'être données le mot et bénéficier d’une visibilité nouvelle. Petit tour d’horizon.

Une Zélie Martin sur les planches ? Un saint Augustin côté cour ? Une sainte Hildegarde de Bingen côté jardin ? Ou encore une sainte Marguerite-Marie Alacoque en coulisses ? Cette année encore, pour le Off du festival d'Avignon, ce rendez-vous culturel dédié au spectacle vivant créé en 1947 qui se tient chaque année en juillet dans la cité des Papes, plusieurs pièces à "thème chrétien" sont proposées au grand public. Peut-on pour autant parler d’un boom ? "J’ai l’impression qu’on en entend davantage parler", avance prudemment Marie Bailer auprès d’Aleteia. Représentante du secteur interparoissial du centre-ville d’Avignon pour le festival, elle est chargée de la programmation à la chapelle de l’Oratoire pour le festival depuis quinze ans. Dans ce lieu historique et spirituel qui ouvre exceptionnellement ses portes en juillet, quinze spectacles différents sont proposés au grand public. "Avant, on en parlait moins. Aujourd’hui, ces propositions sont plus visibles. Je suis agréablement surprise : je n’ai jamais été autant sollicitée que cette année pour parler des pièces que nous proposons". Dans cette chapelle, "on fait le choix de ne pas présenter uniquement des spectacles "cathos". C’est plutôt la dimension humaine et fraternelle que nous mettons en avant dans nos choix de programmation". Et de s’émerveiller de l’engagement des troupes et des compagnies : "Pour toutes ces troupes, c’est vraiment en engagement financier et humain de venir à Avignon", s’émerveille Marie Bailer. À noter qu’une messe d’ouverture du festival a été célébrée dans la chapelle le 2 juillet à 18h30.

Quelques chiffres. En 2025, le Off, c’était quelque 1.700 spectacles, plus de 27.000 levers de rideau dans 241 salles et 1,6 million de billets vendus. Des chiffres qui donnent le vertige. Quid des spectacles à dimension spirituelle là-dedans ? "Nos compagnies chrétiennes essaient d’exister dans un environnement qui n’est pas facile, avec des enjeux économiques, des enjeux sociétaux, des enjeux de lieux. Notre grand défi, c’est d’exister dans la durée" analyse quant à lui Serge Sarkissian, qui a co-créé avec Dominique Rey Au nom du père ou l’audace de la vérité, une pièce qui sera jouée au théâtre Au coin de la Lune du 5 au 21 juillet. "Cette pièce, qui traite de la question de la paternité avec une optique chrétienne, touche à la question du père dans la société. Qu’est-ce qu’être père signifie ?", questionne le metteur en scène. Au cœur de la pièce, un dialogue à plusieurs voix entre un père, un grand-père et un fils qui se parlent, s’écoutent et confrontent leurs points de vue, parfois jusqu’au clash. "Nous traitons des questions de la transmission, de l’héritage, de l'identité. Cette pièce ne se raconte pas, elle se voit. Notre démarche est de type apologétique ; les spectateurs sont invités ensuite à un bord de scène". Dans le même théâtre, du 4 au 25 juillet, avec Vivre d’amour, c’est Zélie Martin, canonisée par le pape François en 2015 avec son époux Louis, qui nous parle de sa fille Thérèse à travers des lettres. Ce seul-en-scène centré sur la relation entre la "petite Thérèse" et sa mère nous propose ainsi un regard sur la vocation universelle de la maternité.

"Nous nous disons que nous chrétiens, nous avons la possibilité de proposer aux spectateurs de quoi nourrir leur réflexion"

Dans un autre registre, à la chapelle de l’Oratoire, du 5 au 12 juillet, Brigitte Fossey interprétera un dialogue avec Dieu tiré des Confessions de saint Augustin. "Je lis des passages des Confessions, dans lesquels Augustin raconte sa vie, sa solitude et son chemin de conversion. Et l’orgue me répond, comme un écho céleste et puissant", soufflait-elle au magazine Le Pèlerin en mai 2026. "C’est une religieuse augustinienne qui m’a transmis, enfant, les mystères de la foi avec évidence et clarté. Grâce à elle, c’était une vérité accessible ! Je n’ai lu saint Augustin que bien plus tard". Dans ce même théâtre, du 3 au 25 juillet, une comédienne incarnera Hildegarde de Bingen, docteur de l’Église et figure féminine majeure du douzième siècle, dans une pièce en monologue mêlant chant, danse et musique. Et du 4 au 19 juillet, dans Marguerite-Marie et Moi, mis en scène par Laurence Bohec, le spectateur pourra cette fois assister à une rencontre inattendue et pleine d’humour entre une jeune femme contemporaine en recherche de sens et une sainte d'hier, sainte Marguerite-Marie Alacoque. Encore à la chapelle de l’Oratoire, la compagnie Le Puits fera résonner les mots d’Etty Hillesum, jeune juive morte à Auschwitz dont l’itinéraire et la conversion bouleversants ont inspiré de nombreux chrétiens. Une telle variété de spectacles donne à réfléchir. "Nous nous disons que nous chrétiens, nous avons la possibilité de proposer aux spectateurs de quoi nourrir leur réflexion", conclut Serge Sarkissian. Alors nourrissons-nous.

Pratique :

- Au nom du Père à 19h20 au théâtre Au coin de la Lune du 5 au 21 juillet. Jours impairs. 
- Vivre d’amour à 19h20 au théâtre Au coin de la Lune du 4 au 25  juillet. Relâche les 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21 juillet.
- Saint Augustin ou dialogue avec Dieu à 14h à la chapelle de l’Oratoire du 5 au 12 juillet. Relâche le 9 juillet.
- Hildegarde de Bingen, messagère de l'Invisible à 20h30 à la chapelle de l’Oratoire du 3 au 25 juillet. Relâche les 9, 16, 23 juillet.
- Marguerite-Marie et moi à 20h30 à la chapelle de l’Oratoire du 4 au 19 juillet. Relâche les 9, 16 juillet
- Le souffle d’Etty à 18h15 à la chapelle de l’Oratoire du 4 au 24 juillet. Jours pairs. 
- Lecture des six premiers chapitres de l’Évangile selon saint Jean vendredi 3 juillet à 20h30 à l’église Notre-Dame-des-Doms. 
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