Sept ans après l’incendie qui a bouleversé le monde entier, une nouvelle page s’ouvre pour Notre-Dame de Paris. Si la cathédrale a retrouvé ses fidèles et ses visiteurs depuis sa réouverture en décembre 2024, son chantier est loin d’être achevé. En effet, l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris a annoncé ce vendredi 3 juillet le lancement d’une nouvelle étape de restauration, avec deux chantiers emblématiques : la grande rose occidentale, située sur la façade donnant sur le parvis, et l’ensemble de la façade nord donnant sur la rue du Cloître Notre-Dame.
"Nous voulons lui permettre de montrer au monde entier le visage qu’elle mérite : sans dégradation liée au temps, sans encrassement, entièrement restaurée, à l’extérieur comme à l’intérieur."
Ces travaux, qui débuteront en 2027 et devraient s’achever en 2029, ne concernent pas les dégâts provoqués par l’incendie de 2019 mais des dégradations plus anciennes, causées par le temps et les intempéries. Ils s’inscrivent dans un vaste schéma directeur qui prévoit une douzaine d’opérations jusqu’en 2033 afin de restaurer l’ensemble du monument. "Depuis le drame de l’incendie et la réouverture de la cathédrale en décembre 2024, nous avons l’ambition de donner à la cathédrale tous les soins qu’elle réclame", explique à Aleteia Philippe Jost, président de l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris. "Nous voulons lui permettre de montrer au monde entier le visage qu’elle mérite : sans dégradation liée au temps, sans encrassement, entièrement restaurée, à l’extérieur comme à l’intérieur."
Une restauration complète que Notre-Dame "n’a pas connue depuis la grande restauration du XIXe siècle", rappelle le président. "Ce drame a permis une prise de conscience : cette cathédrale est un bien formidable, précieux, que l’on pouvait perdre." Une prise de conscience qui s’est accompagnée d’un élan de générosité inédit après l’incendie, permettant aujourd’hui de poursuivre la restauration du monument. "Nous voulons aller plus loin, nous voulons aller jusqu’au bout. C’est un signal très fort d’optimisme et d’espérance", poursuit-il.
La grande rose occidentale, "le visage" de Notre-Dame
Au cœur de cette nouvelle étape figure, entre autres, la grande rose occidentale, l’un des éléments les plus célèbres de la cathédrale. Située au centre de la façade principale donnant sur le parvis, elle n’a ainsi pas été restaurée depuis le XIXe siècle. "Cette façade de Notre-Dame de Paris, c’est vraiment son visage et son identité dans le monde entier", souligne Philippe Jost. En grande partie médiévale, elle nécessite aujourd’hui une intervention afin de préserver ses vitraux, fragilisés par le temps et les intempéries, notamment par un épisode de grêle survenu en mai 2025 qui a provoqué certains dommages. "Elle est exposée à l’ouest, aux orages de grêle et aux bourrasques parisiennes. Il est temps de la mettre à l’abri", précise Philippe Jost, avant d’expliquer qu’une verrière de doublage sera installée à l’extérieur pour mieux protéger l’ensemble.

La façade nord du transept, édifiée au XIIIe siècle par Jean de Chelles, fera également l’objet d’une importante restauration. Très encrassée, elle abrite un ensemble de sculptures médiévales, dont une imposante Vierge à l’Enfant située au centre du portail du cloître. Cette dernière est la plus grande statue d’origine conservée parmi les portails de la cathédrale.
Des artisans au chevet d’un patrimoine exceptionnel
Cette nouvelle étape mobilisera une nouvelle fois des savoir-faire d’exception. Échafaudeurs, maîtres verriers, maçons-tailleurs de pierre, sculpteurs ou encore spécialistes de la serrurerie métallique interviendront sur les différentes parties du monument. Un travail d’une grande délicatesse, insiste Philippe Jost. "Des éléments patrimoniaux de très grande valeur vont être restaurés. Il faut une intervention extraordinairement respectueuse et de la plus grande qualité."
Le défi est autant technique que patrimonial. Certains arcs-boutants devront notamment être restaurés ou reconstruits, une opération particulièrement délicate. "Dans les constructions médiévales, tout a une fonction, tout a une utilité", rappelle Philippe Jost. Loin d’être de simples éléments décoratifs, les arcs-boutants permettent de compenser la poussée exercée par le poids considérable des voûtes en pierre et garantissent ainsi la stabilité du monument. "Au moment où vous reconstruisez un arc-boutant, il n’assure plus sa fonction. Il faut donc, par des éléments calculés au plus juste, remplacer temporairement l’équilibre qu’il assurait", détaille-t-il.
"Nous n'imaginons même pas fermer la cathédrale pour des travaux. Ce n’est pas envisageable."
Une cathédrale vivante pendant les travaux
Contrairement aux cinq années qui ont suivi l’incendie, cette nouvelle phase de travaux se déroulera alors que Notre-Dame a retrouvé sa vocation première : accueillir chaque jour fidèles, pèlerins et visiteurs. Une situation qui impose une organisation particulière. "C’est une cohabitation où il faut de l’attention à l’autre et de la compréhension réciproque. C’est pourquoi nous entretenons un dialogue permanent avec le recteur-archiprêtre de la cathédrale et ses équipes. "Il y a des travaux que l’on ne fait que la nuit, en tenant compte bien sûr des riverains, d’autres que l’on évite pendant les offices." Néanmoins une chose est certaine… Notre-Dame ne refermera pas ses portes. "Nous n'imaginons même pas fermer la cathédrale pour des travaux. Ce n’est pas envisageable", affirme Philippe Jost.
Depuis 2019, les travaux réalisés ou engagés représentent 845 millions d’euros, financés grâce à la souscription nationale. Pour achever l’ensemble des restaurations prévues d’ici 2033, près de 130 millions d’euros restent encore à réunir.
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