separateurCreated with Sketch.

Lire, c’est bon pour la culture… et la vie spirituelle

Kobieta w słomkowym kapeluszu leży w hamaku w pobliżu plaży w słoneczny letni dzień i czyta książkę
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Valdemar de Vaux - publié le 04/07/26
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Avec l’été et les vacances, le rythme est plus propice à la lecture. Ouvrir un classique ou découvrir un roman contemporain n’est pas seulement un divertissement, c’est aussi une activité spirituelle. Un point que François et son successeur Léon XIV n’ont pas hésité à rappeler.

Peut-être l’été, et les vacances, donneront-ils l’occasion à l’un ou l’autre d’avoir davantage de temps qu’à l’ordinaire pour dévorer un bon roman contemporain ou redécouvrir un classique de la littérature. Certes, cette activité, moins répandue qu’avant, est un bon moyen de parfaire sa culture ou, tout simplement, de se divertir. Passer des heures entières dans un univers inventé de toute pièce n’a pas de prix lorsqu’il s’agit de faire oublier le train-train quotidien.

Mais la lecture n’a pas comme seul pouvoir de divertir ou de cultiver.  Et ce sont deux papes qui l’affirment, François et son successeur Léon XIV. Le premier a effectivement publié un texte malheureusement passé sous de nombreux radars, une lettre sur le rôle de la littérature dans la formation des prêtres. C’était justement au cœur de l’été 2024, le 4 août. Au-delà des destinataires cléricaux, les mots du pape jésuite ont rejoint le monde des lettres, à commencer par le professeur au Collège de France William Marx, qui a préfacé l’édition de la lettre aux Équateurs.

Lire pour discerner et se décentrer

Il faut dire que François, qui enseigna un temps la littérature, s’adonne dans ces lignes à un magnifique plaidoyer pour la lecture, à ne pas manquer de lire entre deux romans : " La littérature a donc à voir, d’une manière ou d’une autre, avec ce que chacun désire de la vie, puisqu’elle entre en relation intime avec son existence concrète, avec ses tensions essentielles, ses désirs et ses significations " (§6). Il y explique comment " l’acte de lecture s’apparente à un acte de ‘discernement’ " (§29), acte éminemment spirituel et tellement jésuite. Plus profondément, explique le Saint-Père, " Le regard de la littérature forme le lecteur au décentrement, au sens de la limite, au renoncement à la domination cognitive et critique sur l’expérience, lui apprenant une pauvreté qui est source d’une extraordinaire richesse. " (§40)

Sûrement n’y prend-on pas conscience lorsque l’on dévore un polar sur le sable chaud, mais " en reconnaissant l’inutilité et peut-être même l’impossibilité de réduire le mystère du monde et de l’être humain à une polarité antinomique vrai/faux, ou juste/injuste, le lecteur accepte le devoir de juger non pas comme un instrument de domination mais comme un élan vers une écoute incessante et comme une disponibilité à s’impliquer dans cette extraordinaire richesse de l’histoire due à la présence de l’Esprit qui se donne aussi comme Grâce : c’est-à-dire comme un événement imprévisible et incompréhensible qui ne dépend pas de l’action humaine, mais qui redéfinit l’humain comme espérance de salut. " Lire, dit François, ouvre à l’œuvre de la grâce. Peut-on élever la littérature à plus haute dignité ?

Quelques conseils de lecture papaux

Le pape Léon XIV, s’il n’a pas (encore) si clairement exprimé son intérêt pour la lecture, n’a pas manqué de redire son importance lors d’une rencontre avec les dirigeants de la Librairie éditrice vaticane, le 7 mai dernier, à l’occasion du centenaire de sa fondation. Pour le religieux augustin, " le livre est une occasion de penser, […] une occasion de rencontre " et, même, " d’annoncer le Christ ". " Nous voyons souvent, explique le Pape, saint Augustin assis à un bureau devant un grand livre et, parfois, tenant un cœur dans sa main : vérité et charité ". Une image que reprennent les armes de ce fidèle disciple de l’évêque d’Hippone.

Ces deux successeurs de saint Pierre sont-ils allés jusqu’à prodiguer des conseils de lecture ? Lisez le frère Laurent de la Résurrection pour comprendre Robert Prévost a expliqué Léon XIV dans l’avion qui le ramenait de Beyrouth l’an passé. François, lui, cite de nombreux auteurs tels Cocteau, Borges, Proust ou Corneille, mais donne surtout le conseil suivant : " Chacun trouvera des livres qui parlent à sa propre vie et qui deviendront de véritables compagnons de route. Il n’y a rien de plus contre-productif que de lire par obligation, de faire un effort considérable juste parce que d’autres ont dit que c’est essentiel. Non, nous devons choisir nos lectures avec ouverture, surprise, souplesse, en nous laissant conseiller, mais aussi avec sincérité, en essayant de trouver ce dont nous avons besoin à chaque moment de notre vie " (§7). Alors, à vos livres !

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)