Curé de la paroisse Notre-Dame de Vincennes, le père Marc Dumoulin commente les lectures du 14<sup>e</sup> dimanche du temps ordinaire. Il y a la prière que Jésus nous enseigne et il y a la prière que Jésus nous adresse, à nous qui portons le poids du fardeau.
Soyons reconnaissants à l’Église de nous donner à entendre l’Évangile de ce dimanche alors que beaucoup se préparent à partir en vacances, en quête d’un repos bien mérité. L’Évangile nous rend témoins de Jésus qui prie son Père dans la joie. Jésus prie le Père, et aussitôt après, il prie ses disciples, et nous-mêmes. Oui, Jésus adresse une prière à ses disciples, et à nous aussi, disciples d’aujourd’hui. Quand nous prions le Seigneur, souvent notre attente d’être exaucé est ardente. Quoi de plus humain ? Mais lorsque c’est Jésus qui nous adresse sa propre prière, quel soin ne devrions-nous pas apporter à lui répondre et à exaucer ce qu’il nous demande ?
"Venez à moi"
Quelle est-elle, cette prière que Jésus nous adresse ? Écoutons-la : "Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau" (Mt 11, 28). Venez à moi ! Nous réjouirons-nous assez de cette invitation que Jésus nous adresse : Venez à moi ! Le Seigneur lui-même nous exhorte et nous prie de venir à Lui.
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À ces petits, à ces pécheurs qui se savent tels, et à ceux que la vie a fatigués et opprimés, Jésus adresse sa prière : Venez à moi ! Si les choses vont mal pour nous, ne restons pas prostrés, ne nous refermons pas sur nous-mêmes, même si la tentation est grande.
À qui le Seigneur adresse-t-il cette demande pressante ? Il le dit : Venez à moi, vous tous. Tous. Quiconque, toi, moi. Tous, mais seulement si nous peinons sous le poids du fardeau. Celui qui ignore la peine, la sienne comme celle des autres, celui-là n’a guère besoin de Jésus et Jésus n’a pas besoin de lui. Point n’est besoin qu’il aille à Lui. Si tout va bien pour moi, si je me fais une excellente opinion de moi-même, si je m’honore de ma bonne conduite et de mes bonnes actions, franchement, ai-je encore besoin du Seigneur ?
Le poids du fardeau
Mais si j’éprouve le poids du fardeau qui m’accable, alors seulement je peux le confier à Jésus et porter avec Lui le joug qui, avec Lui, me fera avancer. Quel est-il ce fardeau ? Les déceptions, les blessures du passé, les poids à porter et les torts à supporter dans le présent — les miens et ceux des autres —, les incertitudes et les préoccupations pour l’avenir. Et aussi, nous le voyons moins, le poids de nos bonnes actions et de nos prétendus mérites dont nous voudrions tant nous éblouir, nous, les autres et le Seigneur, comme le pharisien de la parabole, si satisfait de lui-même. Jésus est venu, non pour ce pharisien, mais bien pour le publicain, retiré au fond du Temple, qui ployait sous le poids de ses péchés. À ce dernier, Jésus a donné le repos.
À ces petits, à ces pécheurs qui se savent tels, et à ceux que la vie a fatigués et opprimés, Jésus adresse sa prière : Venez à moi ! Si les choses vont mal pour nous, ne restons pas prostrés, ne nous refermons pas sur nous-mêmes, même si la tentation est grande. Il ne suffit pas non plus de sortir de nous-mêmes ; encore faut-il savoir où aller. Quand ça ne va pas, on nous dit parfois : partez en vacances, allez vous changer les idées. Jésus, Lui, nous dit où aller : Venez à moi. Avec moi, vous trouverez le vrai repos ; avec vous, je porterai le fardeau, le joug qui deviendra léger et facile à porter.
"Vous trouverez le repos"
Frères et Sœurs, profitons de ce temps de vacances, certes pour aller à la campagne, à la plage ou à la montagne. Mais si nous cherchons le vrai repos, alors, allons surtout à Jésus : déchargeons sur Lui nos fardeaux. Parlons-Lui comme à cet ami à qui l’on peut tout confier, bien mieux qu’à un expert en psychologie ou en développement personnel. Confions-Lui nos zones obscures. Il ne résoudra pas tous nos problèmes. Simplement, il les portera avec nous. Les problèmes deviendront plus faciles à porter. Ils se feront légers. Exauçons la prière que Jésus nous adresse : allons à Lui. Donnons-Lui de notre temps. Rencontrons-le chaque jour, fidèles dans la prière confiante et personnelle. Sans nous lasser, écoutons sa Parole, redécouvrons son pardon, rassasions-nous de son Pain de vie : nous nous découvrirons aimés, et nous serons consolés par Lui.
Jésus lui-même nous le demande, presque en insistant. Il le dit encore à la fin de l’Évangile : "Vous trouverez le repos pour votre âme" (Mt 11, 29). Alors, en ces mois d’été, allons à Jésus. Si nous cherchons le repos de ce qui fatigue notre corps, n’oublions pas surtout de trouver le vrai repos, le repos dans le Seigneur.
Lectures du 14e dimanche du temps ordinaire (année A) :












