Dans un décret publié le 2 juillet 2026, le cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, constate l’excommunication de six évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) qui ont participé aux consécrations épiscopales la veille à Écône (Suisse), célébrées sans le mandat de Rome. Le cardinal argentin demande aux fidèles laïcs et prêtres de la communauté de "ne pas adhérer au schisme" de leur organisation afin de ne pas courir le risque d’être eux aussi excommuniés. Les autorisations spéciales de célébrer les sacrements du mariage et de la confession accordées par François aux prêtres lefebvristes sont révoquées.
Excommunication de six évêques
Comme en 1988, le Saint-Siège n’aura attendu qu’un jour avant de faire connaître sa sentence, après la consécration de quatre évêques, célébrée à Écône sans le mandat du pape – et contre sa volonté, manifestée clairement dans une lettre envoyée à la Fraternité le 30 juin. La réaction romaine est venue du dicastère pour la Doctrine de la foi, qui a mené les discussions avec la FSSPX depuis le 2 février et l’annonce par cette dernière de sa volonté de se doter, coûte que coûte, de nouveaux évêques, comme l’avait fait leur fondateur Mgr Marcel Lefebvre.
Tôt dans la matinée, un décret signé par le cardinal-préfet Victor Manuel Fernández, par Mgr John Kennedy, secrétaire de la section disciplinaire, et par Mgr Armando Matteo, secrétaire de la section doctrinale, a été rendu public. Il fait le constat que "nonobstant les admonestations adressées au Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X", Mgr Alfonso de Galarreta, comme évêque consécrateur, et Mgr Bernard Fellay, comme évêque co-consécrateur, ont réalisé un "acte schismatique" – ou du moins "adhéré publiquement" à cet acte pour Mgr Fellay. Ils sont donc de facto excommuniés pour la seconde fois, après l’avoir été en tant qu’évêques consacrés illicitement par Mgr Lefebvre en 1988 – et jusqu’à la levée de l’excommunication par Benoît XVI en 2009.
Le dicastère constate aussi que sont excommuniés Mgr Pascal Schreiber, Mgr Michael Goldade, Mgr Michel Poinsinet de Sivry et Mgr Marc Hanappier, les quatre nouveaux évêques de la Fraternité, consacrés dans la plaine d’Écône dans la matinée du 1er juillet 2026, pour avoir eux aussi participé à l’acte schismatique. Enfin, "les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas adhérer au schisme de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, car ils encourraient ipso facto la peine d’excommunication latae sententiae", souligne le dicastère. La Doctrine de la foi a accompagné le décret d’une note explicative qui souligne combien les "multiples tentatives" de ramener les adhérents du mouvement initié par Mgr Lefebvre sous le pontificat de Paul VI "se sont révélées vaines". Elle affirme que la situation s’est même "aggravée" à cause des nouvelles consécrations épiscopales qui justifient la qualification de schisme – ce que réfute la FSSPX.
Les fidèles qui "adhèrent formellement" sont excommuniés
S’appuyant sur une note publiée par le Conseil pontifical pour les textes législatifs en 1996, le dicastère explique en outre que les prêtres "appartenant à la [FSSPX] sont dans le schisme et doivent être considérés comme schismatiques" et sont sujets eux aussi à l’excommunication. Concernant les fidèles laïcs – la communauté traditionaliste en revendique 600.000 dans le monde – sont schismatiques et excommuniés seulement ceux qui "adhèrent formellement" à la FSSPX. Selon la même note de 1996, cette adhésion vise donc ceux qui en viennent à "partager librement et consciemment la substance du schisme" plutôt qu’à obéir au pape, mais aussi ceux qui ont une participation "exclusive" aux cérémonies religieuses et sacrements dispensés par la FSSPX.
Le dicastère pour la Doctrine de la foi demande à tous les fidèles catholiques de s’abstenir de participer aux cérémonies et activités promues par la FSSPX et affirme que ses prêtres "administrent illicitement les sacrements", en particulier celui de la confession et du mariage. Le Saint-Siège considère que les autorisations accordées aux prêtres lefebvristes par le pape François leur permettant de réaliser ces deux sacrements en 2015 et 2017 sont de facto caduques en raison du nouvel acte schismatique. Enfin, Rome affirme que l’Église catholique, "comme une mère attentionnée", accueillera "avec une affection sincère et une vive sollicitude tous ceux qui désirent revenir à la pleine communion". Ces derniers sont invités à se tourner vers les nonciatures – ambassades du Saint-Siège – qui disposeront de "procédures" pour acter leur retour.










