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Simon et Anja, une vie de famille au rythme de la musique

Simon in Anja Plemenitaš

Simon et Anja Plemenitaš.

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Dušan Poslek - Laura Marchais - publié le 01/07/26
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Mariés, parents et cofondateurs d'une école de musique en Slovénie, Simon et Anja Plemenitaš ont fait de leur vie de couple et de leur vocation d'enseignants un même projet. Dans un entretien accordé à Aleteia Pologne, ils partagent leur parcours et leur vision d'une éducation fondée sur la confiance, la persévérance et la transmission.

Une histoire d'amour, de musique… et de transmission. Simon et Anja Plemenitaš sont aujourd'hui mariés, parents de deux filles et cofondateurs d'une école de musique qui accueille chaque année de nombreux élèves en Slovénie. Mais lorsqu'ils évoquent leur plus grande réussite, ils ne parlent ni de chiffres ni de résultats. Ils parlent de relations humaines.

Pourtant, rien n'était écrit d'avance. Il y a quatorze ans, alors qu'ils jouaient chacun dans leur propre groupe de musique, leurs chemins se sont croisés à l'occasion du tournage d'une émission de télévision slovène. "À l'époque, je ne l'avais même pas remarqué", raconte aujourd'hui Anja en souriant. Simon, lui, l'avait repérée dès leur première rencontre. Quelques années plus tard, ils fondent ensemble une famille, puis une école de musique devenue un véritable lieu de vie.

"Avant d'être parents, nous étions un couple, et nous voulons le rester"

Pour Simon et Anja, prendre soin de leur couple est une priorité. Malgré les journées rythmées par leur école de musique, leurs enfants et les nombreuses obligations du quotidien, chaque vendredi soir est exclusivement consacré à leur vie à deux. "Depuis cinq ans, tous les vendredis soir nous sont exclusivement consacrés", confie Anja. Leurs filles passent alors la soirée chez leurs grands-parents, tandis que le couple s'accorde un moment pour dîner, échanger ou simplement profiter d'un temps ensemble, loin des préoccupations du quotidien. Convaincus que la solidité de leur relation est le fondement de leur famille, ils gardent à l'esprit une conviction qui les guide depuis le début de leur mariage : "Avant d'être parents, nous étions un couple, et nous voulons le rester."

"Les enfants sont heureux lorsque nous sommes heureux"

Trouver cet équilibre n'a pourtant pas toujours été une évidence. "Au début, nous avions organisé nos emplois du temps de manière à ce que je travaille le matin à l'école, tandis que Simon donnait ses cours l'après-midi. Nous nous sommes rendu compte que moins nous passions de temps ensemble, moins nous prenions le temps d'échanger. Depuis cinq ans, les choses sont donc beaucoup plus simples. Je travaille encore à l'école, dans le cadre de l'accueil périscolaire, mais notre organisation nous permet désormais de passer beaucoup plus de temps ensemble", raconte Anja. Pour le couple, cette attention portée à leur relation bénéficie aussi à leurs filles. "Les enfants sont heureux lorsque nous sommes heureux, tous les deux", résume Simon.

Mêler mariage, vie de famille et activité professionnelle peut paraître risqué, mais chez les Plemenitaš cette combinaison s'est révélée être une réussite. Au fil des années, leur aventure commune s'est ainsi construite autour de la musique. L'école qu'ils dirigent ensemble fait désormais partie intégrante de leur vie familiale. "Pour nous, l'école de musique, c'est la famille. Je ne pourrais pas imaginer une plus belle harmonie entre les deux", souligne Anja.

Lorsque le couple s'est rencontré, Simon dirigeait seul son école. Cependant, face à l'augmentation constante du nombre d'élèves, il a rapidement compris qu'il ne pourrait plus tout gérer seul et a confié à Anja les cours de guitare. Cette année-là, la professeure débute avec seulement six élèves. Quelques mois plus tard, ils sont déjà plus de quarante. Aujourd'hui, leur école de musique accueille plus de 200 élèves et cinq autres professeurs enseignent à leurs côtés.

Simon in Anja Plemenitaš
Simon et Anja Plemenitaš sur scène.

"Chacun doit découvrir ce pour quoi il est doué"

Bien avant de fonder son école de musique, Simon semblait déjà savoir quelle voie il voulait suivre. Alors qu'il était encore à l'école primaire, le professeur de musique raconte à Aleteia Pologne avoir rédigé dans un cahier son emploi du temps idéal. Il y imaginait le nombre d'élèves auxquels il enseignerait un jour l'accordéon, ainsi que l'organisation de ses semaines de travail. Un simple rêve d'enfant, jusqu'au jour où, des années plus tard, en rangeant son garage, il retombe sur ce même cahier. "Je l'ai ouvert et j'y ai vu que j'avais écrit que j'aurais 100 élèves. Au moment où je l'ai retrouvé, j'en avais 98."  Une anecdote qui révèle combien Simon savait, dès son plus jeune âge, ce qui l'animait profondément.

Cette vocation, Simon la vit désormais chaque jour auprès de ses élèves. De fait, pour le couple, la musique n'est pas seulement l'apprentissage d'un instrument, elle permet à chaque enfant de découvrir ses talents et de prendre confiance en lui. Anja se souvient notamment d'un garçon qui rencontrait de grandes difficultés à l'école et dont l'entourage ne voyait souvent que les échecs. Tout a changé lorsqu'il a commencé les cours d'accordéon avec Simon. "En deux semaines, il avait appris à jouer de l'accordéon autant que d'autres mettent plusieurs mois à maîtriser. Au bout de deux ans, il interprétait plus d'une cinquantaine de morceaux. Il s'entraînait chez lui avec une implication extraordinaire, progressait sans cesse et découvrait qu'il en était capable." Cette métamorphose n'est pas passée inaperçue. Ses parents comme ses enseignants ont constaté qu'il avait gagné en confiance et que ses résultats scolaires s'étaient améliorés. Une expérience qui conforte Anja dans sa conviction. "Chacun doit découvrir ce pour quoi il est doué, ce qui le fait réussir, ce qui le passionne. Certains enfants ne sont pas faits pour le sport, d'autres rencontrent des difficultés à l'école. Mais ici, ils trouvent un espace où ils peuvent découvrir un domaine dans lequel ils réussissent", affirme la mère de famille.

Cette attention portée à chaque enfant trouve également son origine dans le parcours de Simon. À ses yeux, la réussite ne se mesure ni au nombre de concerts, ni aux récompenses, ni aux concours remportés. Aujourd'hui, il dit enseigner avec beaucoup de bienveillance et de simplicité, une approche façonnée par les souvenirs parfois difficiles de ses années d'élève en école de musique. "Pour moi, y aller était une véritable corvée", reconnaît Simon. Désormais, selon le professeur, ce qui compte avant tout, c'est que les enfants viennent avec plaisir et repartent heureux.

"Le plus important, c'est qu'ils jouent avec le coeur"

Derrière le musicien se cache avant tout un pédagogue qui préfère mettre ses élèves en lumière. En effet, Simon n'a jamais cherché à être au centre de l'attention. "Je ne suis pas quelqu'un qui aime me mettre en avant", précise-t-il. Bien qu'il soit habitué à monter sur scène, il se sent bien davantage à sa place dans son rôle de professeur. Lors des concerts organisés par son école de musique, Simon se place souvent en retrait, là où il préfère être afin d'aider, guider et veiller à ce que tout se déroule bien. "Je laisse la place à mes élèves pour qu'ils puissent montrer ce dont ils sont capables. Moi, je suis simplement là pour les accompagner. Ce sont eux qui doivent être au premier plan." À ses côtés, sa femme veille elle aussi au bon déroulement des concerts, en particulier de leur préparation. "Moi, j'aime ce que lui n'aime pas", sourit-elle. Plus à l'aise face au public, elle prend volontiers le micro et s'adresse à l'assemblée. Cette complémentarité est devenue l'une des grandes forces de leur collaboration, selon Simon et Anja.

"Si nous pouvons transmettre à au moins certains de ces enfants le goût de la scène, leur donner envie de monter sur scène avec joie et d'y prendre confiance, alors nous aurons atteint notre objectif"

Ces concerts occupent une place particulière dans leur école de musique. Bien plus qu'un simple rendez-vous devant un public, ils constituent une étape importante dans le parcours des élèves. Tout au long de l'année, le couple de professeurs participe avec eux à de nombreux événements organisés dans leur région, avant le traditionnel concert annuel qui réunit l'ensemble des jeunes musiciens de l'école. Forts de leur propre expérience de la scène, Simon et Anja savent combien un concert peut être source de stress et de pression. "Nous avons tous les deux une longue expérience de la scène. Nous savons ce qu'elle implique : le stress, la pression… Tout cela peut même finir par faire perdre le plaisir de jouer et de se produire devant un public. Si nous pouvons transmettre à au moins certains de ces enfants le goût de la scène, leur donner envie de monter sur scène avec joie et d'y prendre confiance, alors nous aurons atteint notre objectif", explique Anja.

Les concours, en revanche, n'occupent pas la même place dans leur pédagogie. Si un élève souhaite y participer, les deux époux l'encouragent volontiers, sans jamais en faire un objectif. "Nous ne poussons pas les enfants à participer à des concours. Si un élève en a envie, nous le soutenons. Mais le plus important, c'est qu'ils jouent avec leur cœur", explique Simon. À ses yeux, la plus belle récompense est ailleurs. Il éprouve une joie toute particulière lorsqu'il apprend que d'anciens élèves continuent de jouer chez eux, lors de fêtes de famille ou entre amis. C'est le signe que la musique a trouvé sa place dans leur quotidien. Anja évoque, elle aussi, ces petits instants qui les remplissent de fierté. Assis sur la terrasse de leur maison, il leur arrive d'entendre, au loin, un accordéon résonner depuis un village voisin. Ils échangent alors un sourire et se disent avec émotion : "Celui-là, c'est l'un de nos élèves."

Družina Plemenitaš
La famille Plemenitaš.

"Lorsqu'on choisit une activité, il faut persévérer"

L'adolescence est souvent une période où les priorités changent. La musique cède parfois sa place aux amis, aux études et aux nouvelles découvertes. Une étape que Simon et Anja accueillent avec sérénité. "La plupart reviennent vers 18 ou 19 ans", explique Simon. L'essentiel est que chaque enfant garde de son passage dans leur école un souvenir heureux.

Ainsi, si certains élèves s'éloignent un temps de la musique, les habitudes qu'ils acquièrent, elles, demeurent. C'est même l'un des enseignements auxquels Simon et Anja attachent le plus d'importance. "Dans la vie, les habitudes de travail sont vraiment importantes", souligne Anja. Une conviction qu'ils mettent également en pratique dans l'éducation de leurs deux filles. À leurs yeux, la persévérance et la discipline restent bien après les partitions, les concerts et les années d'école. Tous deux estiment qu'il faut savoir écouter un enfant, sans pour autant céder immédiatement à toutes ses envies. "Nos deux filles savent aussi que, lorsqu'on choisit une activité, il faut persévérer. Non pas parce que nous la payons, mais parce que c'est bon pour elles. Si l'on décide d'apprendre un instrument ou de chanter, alors il faut s'entraîner", explique Anja. Une conviction qu'ils disent devoir à leurs propres parents, reconnaissants de leur avoir transmis le goût de l'effort, le sens des responsabilités et l'importance de la persévérance.

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