Ernest Hemingway (1899-1961) est l'un des plus grands écrivains américains et une figure majeure de la littérature mondiale du XXe siècle. Ses romans et essais ont connu un tel succès qu'il a reçu le prix Nobel de littérature en 1954. Parmi ses œuvres les plus célèbres, Le Vieil Homme et la Mer, Le Soleil se lève aussi ou encore son récit autobiographique publié à titre posthume Paris est une fête, ont marqué des générations de lecteurs.
Ce que l’on connaît moins de ce grand écrivain issu de l’Illinois, c’est qu’au fondement de sa vie et de son écriture se trouvait une foi et une spiritualité profonde, dissimulées comme un iceberg sous la surface d'un océan. Ernest Hemingway avait hérité de cette foi de sa famille protestante et notamment de son grand-père qui lui avait transmis un sentiment profond de l’amour de Dieu. Un événement décisif de sa vie le fait se convertir à la foi catholique.
Une blessure de guerre en Italie
En 1918, alors qu’il n’a pas encore vingt ans, Hemingway s’engage comme ambulancier pour la Croix-Rouge américaine sur le front italien pendant la Première Guerre mondiale. Le 8 juillet de cette année-là, un obus de mortier autrichien explose près de lui. Grièvement blessé, il reçoit plus de deux cents éclats d’obus dans les jambes, qu’il décrira plus tard comme "de petits diables enfonçant des clous dans la chair à vif".
L’histoire qu’il raconte dans son œuvre L’Adieu aux armes fait écho à la sienne jusque dans les détails, comme son amitié avec le prêtre Don Giuseppe Bianchi. Celui-ci lui administre le viatique alors qu’il est grièvement blessé, ne sachant pas s’il va mourir. À ce moment-là, Hemingway commence à prier "Notre-Dame et divers saints", afin d’être sauvé, écrit-il des années plus tard, et ses prières furent exaucées. Au cours de sa vie, il se tourna souvent vers la Vierge Marie et essaya de conserver la foi catholique à laquelle il s’était converti cet été-là.
"Plusieurs fois, Hemingway m’a dit que s’il n’y avait pas eu la Bible, s’il n’y avait pas eu les lois humaines de l’Église, les apparitions auraient prouvé, sans aucun doute, que l’Église catholique était la véritable Église."
Cependant, il s’éloigne de l’Église à plusieurs reprises, comme lorsqu’il épouse sa première femme, protestante et peu favorable au catholicisme, ou quand il se remarie trois fois. Il se décrivait lui-même comme un "catholique idiot" et ne voulait pas être considéré comme "un auteur catholique". Il s’en explique dans une lettre à un prêtre en 1927 : "je sais l’importance de l’exemple qu’on donne - et je n’ai jamais donné le bon exemple". Cependant, Hemingway semble n’avoir jamais renoncé formellement à sa foi.
Il continue entre autres à manifester sa dévotion envers la Vierge Marie en faisant don de sa médaille d’or du prix Nobel de 1954 à la Vierge d’El Cobre, la sainte patronne nationale de Cuba, ou encore en montrant à plusieurs reprises un réel intérêt pour les apparitions mariales. L’un de ses amis, Herter déclara : "Plusieurs fois, Hemingway m’a dit que s’il n’y avait pas eu la Bible, s’il n’y avait pas eu les lois humaines de l’Église, les apparitions auraient prouvé, sans aucun doute, que l’Église catholique était la véritable Église."
Cependant, il change radicalement après le crash de son avion en Afrique en 1954, où il échappe de l’avion en flammes. Il commence à souffrir de dépression et, après des années de thérapies sans succès, il met fin à ses jours. Seul Dieu peut percer les secrets de son âme. Peut-être s’est-il confié à la miséricorde de Dieu lors de son dernier souffle, se souvenant de la Vierge Marie et des faveurs qu’il avait reçues au cours de sa vie.










