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Birmanie : plus de 100.000 morts depuis le début de la guerre

Plus de 100.000 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre civile en Birmanie. Un chiffre glaçant révélé ce 1er juin par une organisation spécialisée dans les conflits armés.

Plus de 100.000 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre civile en Birmanie. Un chiffre glaçant révélé ce 1er juin par une organisation spécialisée dans les conflits armés.

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Hortense Leger - avec AFP - publié le 01/07/26
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Plus de 100.000 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre civile en Birmanie. Un chiffre glaçant révélé ce 1er juillet par une organisation spécialisée dans les conflits armés.

100.000. C'est le nombre de personnes tuées, tous camps confondus, depuis le début de la guerre civile en Birmanie, déclenchée à la suite d'un coup d'État militaire en 2021. Un chiffre révélé le 1er juillet 2026 par une organisation spécialisée dans le suivi des conflits armés.

L'armée a mis fin il y a cinq ans à une décennie d'expérience démocratique dans le pays d'Asie du Sud-Est, renversant le gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi et arrêtant la lauréate du prix Nobel de la paix. Des manifestations anti-putsch ont alors été réprimées par les forces de sécurité, mais des militants pro-démocratie ont quitté les villes pour combattre la junte aux côtés de mouvements armés de minorités ethniques longtemps hostiles au pouvoir central. Selon les dernières données de l'ONG américaine ACLED (Armed Conflict Location and Event Data), qui répertorie les incidents rapportés par les médias, les affrontements ont fait 100.114 morts au total.

Il n'existe pas de bilan officiel et les estimations varient largement, mais les analystes considèrent ce conflit comme le plus meurtrier actuellement en Asie. "C'est une douleur sans fin", a déclaré Thein Aye Nu, 49 ans, dont le mari a été tué en juin lors d'une frappe aérienne. "Je suis très en colère, mais je ne sais même plus contre qui la diriger".

Conflit fragmenté

Le chef des putschistes, Min Aung Hlaing, est récemment devenu président à l'issue d'un processus électoral qualifié à l'étranger de manœuvre pour prolonger le régime militaire sous une apparence de pouvoir civil. Selon l'ONU, plus de 3,7 millions de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays et plus d'une personne sur cinq se trouve en situation d'insécurité alimentaire. La plus grande ville, Rangoun, connaît une relative normalité, mais la violence peut y prendre la forme d'assassinats sporadiques. D'autres régions sont pilonnées quotidiennement par des frappes aériennes menées par des avions militaires fournis par la Russie et la Chine.

L'ACLED, organisme indépendant de surveillance des conflits, a recensé plus de 1.200 groupes armés distincts acteurs de cette guerre civile, le qualifiant de "conflit le plus fragmenté au monde". "Le conflit s'est propagé dans tout le pays", a commenté Sun Mon Thant, analyste de l'ACLED. "Nous assistons à davantage de massacres. L'armée a pris pour cible des écoles, des cliniques, des prisons..."

"Envoyés à la mort"

La dynamique du conflit a basculé d'un camp à l'autre au cours des cinq dernières années. Une offensive conjointe de plusieurs groupes rebelles leur a permis de réaliser des avancées spectaculaires fin 2023, se rapprochant de Mandalay, la deuxième ville du pays. Mais la situation a de nouveau tourné en faveur de l'armée l'an dernier, selon les analystes, après que la Chine lui a apporté son soutien et favorisé la signature de trêves avec deux des plus puissants groupes armés ethniques. L'État-major a instauré en février 2024 la conscription pour renforcer ses rangs, enrôlant de force quelque 50.000 civils. "Ces conscrits ne peuvent rien faire. C'est comme s'ils étaient simplement envoyés à la mort", témoigne un homme de 20 ans, qui a déserté après six mois sur la ligne de front. "Si tu ne meurs pas à un endroit, ils t'envoient ailleurs".

La guerre a principalement touché les pays voisins, où ont fui de nombreux réfugiés, accueillis dans des camps en Thaïlande et au Bangladesh. Selon des observateurs, des groupes armés de tous bords financent leur effort de guerre grâce aux profits du trafic de drogues comme l'héroïne et la méthamphétamine. Les zones frontales faiblement contrôlées sont par ailleurs devenues un foyer pour des centres d'arnaques en ligne opérant souvent depuis des complexes fortifiés gardés par des milices.

Répression des chrétiens

En janvier 2026, l'AED rappelait que, malgré la répression, l’Église en Birmanie continue de jouer un rôle crucial dans l’aide humanitaire, l’éducation et le soutien spirituel aux communautés touchées. Si les chrétiens sont minoritaires dans le pays, où ils ne représentent que 6% de la population (dont 3% de catholiques), ils sont localisés principalement au nord du pays où a lieu l’essentiel des combats. Léon XIV a régulièrement lancé des appels publics en faveur d’un cessez‑le‑feu immédiat en Birmanie et d’un dialogue, priant spécialement pour la paix dans les zones affectées par le conflit et exprimant sa profonde préoccupation pour les populations civiles et leur souffrance. En octobre 2025, il avait notamment demandé que les "instruments de la guerre cèdent la place à ceux de la paix" et que toutes les parties trouvent un chemin vers une réconciliation durable.

Un bilan éclairé par une lueur d'espérance à Pâques 2026, lorsqu'après plusieurs années d'occupation par la junte, la cathédrale de Loikaw, dans le nord du pays, avait été rendue aux fidèles. Depuis 2023, l'édifice avait été réquisitionné par la junte birmane, qui l'utilisait comme une base militaire dans sa lutte contre les Forces de défense populaires. Au début du mois d'avril, les fidèles avaient pu réintégrer ces lieux sacrés afin d'y fêter la Résurrection du Christ, selon l'agence Fides.

Le diocèse de Loikaw comporte une forte présence chrétienne, et au moins 41 de ses paroisses ont connu des dégradations, certaines même entièrement détruites. Malgré la dispersion des fidèles en quête d'abris, les prêtres et les évêques ont continué de rendre possible la pratique des sacrements, parfois dans des circonstances extrêmement difficiles.

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