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Liechtenstein : le prince héritier promet son veto à la légalisation de l’avortement

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Crédit : Shutterstock | yakub88

Le prince héritier du Liechtenstein, Alois.

Le prince héritier du Liechtenstein, Alois, a annoncé qu'il opposerait son veto si un référendum venait à approuver une légalisation de l'avortement dans la Principauté. Cette déclaration est intervenue deux jours avant le lancement par un comité citoyen, le 19 juin, d'une initiative populaire visant à dépénaliser l'interruption volontaire de grossesse jusqu'au troisième mois.

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Le débat sur l'avortement s'invite de nouveau au cœur de la Principauté du Liechtenstein. Lors d'un entretien accordé au quotidien Vaterland le 17 juin, le prince héritier Alois a prévenu qu'il ferait usage de son droit de veto si un référendum approuvait une légalisation de l'avortement. Celui qui dirige les affaires de la Principauté depuis 2004 au nom de son père, le prince Hans-Adam II, a déclaré que le projet actuellement porté par une initiative populaire ne protège pas suffisamment "le bien juridique fondamental que constitue la protection de la vie".

Cette déclaration est intervenue deux jours avant le lancement, le 19 juin, d'une collecte de signatures par le comité Fristenlösung für Liechtenstein, en vue de soumettre la question au vote des citoyens. Par cette proposition, les initiateurs souhaitent rendre l'interruption volontaire de grossesse non punissable jusqu'au troisième mois de grossesse, lever l'interdiction d'informer sur l'avortement et faire prendre en charge les frais par l'assurance maladie. Pour qu'un référendum puisse être organisé, ils doivent recueillir 1.000 signatures valides en six semaines. Si ce seuil est atteint, le scrutin pourrait avoir lieu dès le mois de novembre.

Un droit de veto prévu par la Constitution

Au Liechtenstein, où l'interruption volontaire de grossesse est interdite, le prince dispose de prérogatives constitutionnelles. Ainsi, un texte approuvé par référendum peut être invalidé par le souverain. Par ailleurs, pour entrer en vigueur, une loi doit être adoptée par le Parlement puis recevoir l'approbation du chef de l'État ou de son représentant.

Si le prince héritier a réaffirmé son opposition à la légalisation de l'avortement, il a toutefois indiqué qu'il pourrait accepter une évolution concernant l'interdiction d'information sur l'avortement. Les promoteurs de l'initiative populaire ont réagi à cette annonce sur leur site, estimant que cette prise de position du prince héritier est susceptible d'influencer le scrutin, tout en affirmant poursuivre leur campagne. "Nous continuons comme avant. Il est désormais d'autant plus important de recueillir l'avis du peuple", ont-ils écrit, ajoutant que "la population liechtensteinoise doit pouvoir exprimer son opinion sur ce sujet".

Ce n'est pas la première fois que la question de l'avortement donne lieu à un débat au Liechtenstein. En 2011, une initiative populaire similaire avait déjà été soumise aux électeurs. Un mois avant le vote, le prince héritier Alois avait annoncé qu'il mettrait son veto en cas de victoire du "oui". Finalement, avec une participation faible, 52 % des votants s'étaient prononcés contre la légalisation de l'avortement.