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Le gouvernement israélien reconnaît le génocide arménien

4 min de lecture
Le gouvernement israélien a approuvé le 28 juin 2026 à l'unanimité la reconnaissance du génocide arménien, un terme réfuté par Ankara, dans un contexte de vives tensions avec la Turquie.

Crédit : RONEN ZVULUN / POOL / AFP

Le gouvernement israélien a approuvé le 28 juin 2026 à l'unanimité la reconnaissance du génocide arménien, un terme réfuté par Ankara, dans un contexte de vives tensions avec la Turquie.

Dans un contexte de tensions croissantes avec la Turquie, le gouvernement israélien a approuvé à l’unanimité le 28 juin la reconnaissance du génocide arménien, rompant avec des décennies de prudence diplomatique. Une décision qualifiée d’"historique" par le ministre Gideon Saar.

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Une annonce qui fera date. Le gouvernement israélien a approuvé le 28 juin 2026 à l'unanimité la reconnaissance du génocide arménien, un terme réfuté par Ankara, dans un contexte de vives tensions avec la Turquie. "Décision historique : le gouvernement israélien a approuvé à l'unanimité la proposition du ministre Gideon Saar de reconnaître le génocide arménien", a annoncé dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères.

La mesure doit encore être entérinée par le Parlement. Les gouvernements israéliens successifs avaient jusqu'à présent empêché de reconnaître effectivement le génocide arménien, notamment afin de préserver leurs relations avec la Turquie, autrefois l'un des plus proches partenaires stratégiques du pays dans la région. "Il n'est jamais trop tard pour faire ce qui est juste (...), c'est à la fois un devoir moral et un devoir historique", a justifié Gideon Saar.

"Le génocide arménien reste à ce jour l'objet d'une campagne institutionnalisée de négation et de minimisation, incluant une réécriture manipulatrice de l'histoire, principalement menée par le gouvernement turc", a-t-il accusé. La Turquie, qui accuse régulièrement Israël de perpétrer un génocide dans la bande de Gaza - ce qu'il réfute -, rejette catégoriquement ce terme pour qualifier les massacres des Arméniens sous l'Empire ottoman pendant la Première guerre mondiale. Ce génocide est toutefois reconnu par les gouvernements ou les parlements de nombreux pays, dont les États-Unis, la France et l'Allemagne. Le nombre des Arméniens ayant trouvé la mort est évalué à entre 600.000 et 1,5 million.

"Pas d'immunité"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est imposé comme l'un des plus virulents critiques de la guerre à Gaza, envisage en représailles de l'attaque du Hamas sur le sol israélien du 7 octobre 2023, comparant à plusieurs reprises les dirigeants israéliens aux responsables nazis.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a régulièrement riposté à ses attaques, le qualifiant de "dictateur antisémite qui commet un génocide contre les Kurdes". La Turquie a suspendu le plus gros de ses relations commerciales avec Israël, se faisant l'un des plus fervents soutiens diplomatiques du mouvement islamiste palestinien.

"Il ne s'agit pas d'un acte de représailles face à l'hostilité ouverte, ainsi qu'à la terrible rhétorique et aux actes hostiles de la Turquie, sous la direction d'Erdogan, à la rencontre d'Israël", a encore ajouté Gideon Saar, en référence à cette reconnaissance. "Le fait que la Turquie fait la promotion de mensonges sur Israël ne lui accorde pas une immunité face aux vérités historiques". Les relations entre Israël et l'Arménie s'étaient elles dégradées lorsque le ministère arménien des Affaires étrangères avait annoncé en juin 2024 la reconnaissance de l'État de Palestine.

Berceau du christianisme

Première nation chrétienne de l’histoire, l’Arménie demeure aujourd’hui un bastion de la foi, avec une écrasante majorité de croyants : près de 6 millions fidèles à l’Église arménienne apostolique et environ 400.000 catholiques. Ce petit pays du Caucase a constamment dû défendre son identité chrétienne, traversant des épreuves majeures, dont le génocide de 1915 qui a coûté la vie à au moins 1,5 million d’Arméniens sous l’Empire ottoman. Aujourd’hui encore, encerclée par la Turquie et l’Azerbaïdjan, l’Arménie vit sous la menace et voit sa paix toujours fragile. En septembre 2023, l'offensive militaire de l'Azerbaïdjan sur le Haut-Karabakh a contraint quelque 120.000 Arméniens chrétiens à fuir leurs terres, leurs églises et leurs monastères, vidant la région de toute présence chrétienne. Depuis, plusieurs organisations alertent sur la destruction du patrimoine chrétien arménien dans la région et réclament la libération de prisonniers arméniens toujours détenus à Bakou. À la mi-avril 2026, plusieurs médias arméniens ont relayé l'information selon laquelle la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu à Stepanakert avait été entièrement rasée. "Il est évident que le gouvernement azerbaïdjanais continue de cibler les lieux saints chrétiens arméniens dans le but d’effacer toute trace arménienne d’Artsakh", avait alors déclaré l’Église apostolique arménienne dans un communiqué.