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Fin de vie : le “doux mépris” de certains députés pour la religion

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Les députés ont achevé l'examen de la proposition de loi sur la fin de vie avant le vote solennel prévu ce mardi.

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Anne-Sophie Retailleau - publié le 29/06/26
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L’examen du texte sur la fin de vie s’est achevé samedi à l’Assemblée nationale, après une dernière journée de débats tendus. Certains ont dénoncé des moqueries et un mépris pour les convictions religieuses, aussi bien dans les couloirs que sur les bancs de l’hémicycle.

Il ne reste que quelques heures avant que la proposition de loi Falorni sur la fin de vie ne soit définitivement adoptée par les députés. Le vote solennel qui doit avoir lieu ce mardi mettra fin à un troisième chapitre mouvementé de l’examen de la loi à l’Assemblée nationale. Tout au long de cette troisième lecture, les passes d’armes se sont enchaînées dans l’hémicycle, mais aussi en dehors. Électrique, l’atmosphère a parfois été alourdie par des remarques et des propos peu courtois.

"Du mépris et des railleries"

Minoritaires, les opposants au texte ont parfois dû faire face à des attaques directes. "Je ne suis pas d’accord avec les éléments de langage que répètent les promoteurs du texte, à savoir que le débat s’était fait dans le respect, souligne Charles Sitzenstuhl, député Renaissance et opposant à la proposition de loi. J’ai ressenti, dans toutes les lectures du texte, du mépris, des railleries fréquentes dans les travées, des interjections, que l’on n’entend pas forcément au micro ou à la télévision, souvent venues de collègues favorables au texte et qui soufflent, ricanent, s'époumonent. C’était ça le climat." Au cours de la dernière journée d’examen, il a tenu à dénoncer au micro "le doux mépris qui bruisse dans les travées [et qui] ne respecte pas les convictions profondes de nombreux de nos compatriotes."

"Il y avait une déconsidération du fait qu’on puisse avoir un avis, qui peut être motivé notamment par une culture religieuse"

Il note aussi que beaucoup des remarques lancées aux opposants du texte étaient en réalité liées à des convictions religieuses supposées. "Aucun parlementaire n’a formulé son opposition au texte sur des préceptes religieux, rappelle pourtant le député. Et cependant, j’ai souvent entendu dans les travées des "ah ça suffit", "ah les cathos", en off. Des collègues m’ont fait des allusions sur la messe ou le fait de prier, des "alors tu vas prier pour moi"... C’est dit de façon caustique, ça n’apparaît pas à la télévision ou dans le compte-rendu écrit. Il y avait une déconsidération du fait qu’on puisse avoir un avis, qui peut être motivé notamment par une culture religieuse, ce qui de toute façon est respectable."

"Pourquoi cette assignation de la religion à l'extrémisme ?"

Au cours des débats, des élus ont aussi pointé du doigt l’initiative lancée sur Internet invitant à prier pour les députés. "Une  pression extrêmement grave de la part d’une organisation intégriste religieuse", a même considéré la députée de gauche Danielle Simonnet. De quoi prouver la nécessité, selon l’élue, de rétablir le délit d’entrave à l’aide à mourir. Sa collègue Sandrine Rousseau a défendu le même avis. "La pression est déjà réelle : il n’y a qu’à voir le site priepourundepute.fr. Des groupes religieux protesteront devant les hôpitaux et les cliniques. Si nous ne voulons pas connaître une dérive à l’américaine, il faut voter la création de ce délit d’entrave !" "J’ai du mal à comprendre ce discrédit sur des points de vue qui viennent de sensibilité religieuse quand on est sur un sujet éthique, considère quant à lui Charles Sitzenstuhl. Pourquoi cette assignation de la religion à l'extrémisme ? Ces points de vue ont le droit d’exister, et le président de la République avait d’ailleurs reçu les représentants des religions sur cette question."

Si l’élu "ne se fait plus d’illusion" sur la très probable adoption du texte par l’Assemblée nationale, il aura tenu à défendre jusqu’au bout son opposition au suicide assisté et à l’euthanasie, conviction "dictée par son for intérieur". "Il nous a semblé fondamental que ce point de vue opposant ait été dit, redit, et figure dans des compte-rendus, car c’est essentiel dans un débat."

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