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Au Rocher, le service civique comme école de fraternité 

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Cécile Séveirac - publié le 29/06/26
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Dans les quartiers prioritaires de France, Le Rocher propose depuis 25 ans une expérience unique aux jeunes volontaires : vivre une fraternité en actes, au service des habitants. Soutien scolaire, ateliers créatifs, présence quotidienne, prière… Une immersion qui transforme durablement ceux qui s’y engagent.

Alors que des milliers de lycéens découvrent ces jours-ci les réponses de Parcoursup, certains voient leurs projets d'études repoussés ou bouleversés. Au Rocher, cette année de transition peut devenir une année de service. Être une oasis au cœur des cités : tel est le pari que s’est donné Le Rocher il y a vingt-cinq ans. Créée en 2001, cette association catholique d’éducation populaire s’engage dans les quartiers prioritaires de France avec l’objectif de tisser des liens uniques avec les habitants et de vivre "une fraternité en actes". 

Dans ces zones où vivent près de cinq millions de personnes, 44% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté et 27% des 16-25 ans sont sans emploi ou sans scolarité. Pour répondre à ces défis, Le Rocher propose chaque année à des jeunes de 18 à 25 ans de s’engager en service civique, une mission de 6 à 9 mois au cœur des quartiers. Les jeunes vivent dans un appartement au cœur de la cité, en colocation avec d’autres volontaires, sous l’accompagnement d’un couple responsable de l’antenne. Cette présence 24h sur 24 dans le quartier permet de mieux comprendre et percevoir toute la réalité de la vie locale, et de tisser des liens authentiques avec les habitants. 

Joseph, 24 ans, vient de terminer l’ICAM, une école d’ingénieur : "J’avais soif d’ouverture. Avec la relecture de mon parcours, je me suis rendu compte que j’avais grandi dans un cadre très privilégié, donc je voulais aller à la rencontre de ceux qui n’ont pas eu cette chance", explique-t-il à Aleteia. Son service civique à Rillieux-la-Pape est "une aventure complète et entière" : soutien scolaire, organisation d’activités, visites à domicile, animations de rue…

Education et présence fraternelle 

Cette pluralité des missions ravit aussi Colombe, bénévole depuis fin février à Rillieux-la-Pape, en banlieue de Lyon. Titulaire d’une licence de droit, la jeune femme de 22 ans a choisi de consacrer son temps d’attente avant d‘intégrer un master  au Rocher. "On touche à plein de choses différentes et on rencontre des profils très variés : des femmes, des enfants, des personnes isolées, des jeunes… L’objectif est surtout d’assurer une présence fraternelle et d’offrir une véritable écoute dans un cadre parfois violent", confie -t-elle. Son moment préféré : le café des femmes, qui consiste à se réunir tous les jeudis sans enfant et sans mari autour d’un atelier créatif. 

À Marseille, Cyprien, en service civique depuis octobre, trouve dans la pédagogie du scoutisme un moyen d’accompagner les jeunes. "Je suis responsable d’un groupe de 14 enfants scolarisés en primaire, avec lesquels nous reprenons les codes du scoutisme pour valoriser l’effort, préparer des défis, vivre l’aventure", explique-t-il. L’éducation et le soutien à la parentalité sont parmi les actions phares du Rocher. Les bénévoles aident ainsi les enfants à lutter contre le décrochage en organisant du soutien scolaire.

C’est pour être au plus près de ces jeunes que Blanche a choisi de quitter son métier de juriste en droit de la famille pour rejoindre un quartier prioritaire à Nîmes avec Le Rocher, où elle effectue son service civique depuis septembre. "J’avais envie de découvrir le métier d’éducateur, de vivre une immersion radicale, et Le Rocher répondait à ça en nous envoyant dans les cités," confie-t-elle. Et si elle ne regrette pour rien au monde ce changement drastique de quotidien, la jeune femme reconnaît que dans les quartiers, la réalité peut être rude : tensions, précarité, barrières de langue, violence et trafic de drogue.

Formation et compétences 

Pour préparer les volontaires à ce contexte exigeant, Le Rocher propose une formation solide dès le début de la mission : "Nous sommes très bien formés pour accompagner, écouter, oser aller vers l’autre. Un mois de formation nous permet de découvrir le cadre de la cité, d’apprendre des techniques de pédagogie, de développer notre pouvoir d’agir. On ne nous envoie pas la fleur au fusil : on nous donne des outils concrets pour répondre aux défis du quartier," ajoute Cyprien. Au fil des mois, les volontaires élargissent aussi leur carnet de compétences : "On acquiert des capacités précieuses pour la suite, que ce soit l’organisation d’activités, l’anticipation des tensions, l’adaptation à des publics variés, l’écoute ou le travail en équipe. Le Rocher nous propose même un temps de bilan, où l’on relit sa mission et apprend à la présenter dans un cadre professionnel," raconte Colombe.

Au Rocher, la foi occupe une place discrète mais essentielle. Issue d’une famille très pratiquante, Blanche découvre une manière nouvelle de vivre sa spiritualité : "Tous les matins, nous avons la possibilité de vivre 1h30 de prière avec une adoration et de la louange, mais ici, la foi se vit surtout dans les actes, dans la façon d’être présent, d’écouter, de rayonner auprès des habitants." Clotilde précise : "Le Rocher est une association d’identité catholique, mais notre mission est laïque et ouverte à tous." Cette dimension spirituelle, vécue dans la simplicité et le respect, porte les volontaires tout au long de leur mission. "On est portés par la prière et la vie en communauté, et cette force intérieure nous aide à traverser les moments difficiles, à garder l’espérance même quand le contexte est éprouvant," confie Blanche.

"J’ai tellement aimé cette année que je ne peux plus envisager ma vie sans ce pas vers l’autre."

Une aventure humaine qui transforme durablement ceux qui s’y engagent, comme le montrent ces volontaires. "On repart changé", confie Joseph qui n’imagine pas la suite de sa vie sans engagement du même type. "J’ai tellement aimé cette année que je ne peux plus envisager ma vie sans ce pas vers l’autre", confie quant à elle Colombe. 

Pour ceux qui n'ont pas trouvé leur voie sur Parcoursup, une année "hors parcours" peut parfois devenir la plus formatrice de toutes. Au Rocher, les volontaires ne repartent pas qu'avec une ligne de plus sur leur CV. Ils repartent surtout avec un autre regard sur la fragilité, sur la rencontre et sur leur propre vocation. Une expérience qui, pour beaucoup, compte autant qu'un diplôme.

Pratique

Être volontaire en service civique au Rocher, c’est :
Avoir entre 18 et 25 ans et être disponible pendant 6 à 9 mois
Recevoir une indemnité d’environ 620 euros par mois
Être logé en colocation au cœur du quartier

D’autres manières de s’engager (pour les plus de 25 ans) :
Volontariat associatif (25–30 ans)
Bénévolat, de quelques heures par semaine à plusieurs mois (possibilité de logement pour les engagements de moins de 6 mois)
Stages en antenne, de quelques semaines à quelques mois

En savoir plus : assolerocher.org et [email protected].

En partenariat avec l'Association Le Rocher

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