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Vinted visé par une enquête après des soupçons de trafic d’enfants

4 min de lecture
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Crédit : Shutterstock | Blossom Stock Studio

La justice ouvre une enquête préliminaire après des signalements d'annonces suspectes sur Vinted.

Suspectées par de nombreux internautes sur les réseaux sociaux de dissimuler un trafic d'enfants, plusieurs annonces publiées sur la plateforme de revente Vinted ont conduit la justice française à ouvrir une enquête préliminaire le 25 juin à la suite de signalements répétés.

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Simple rumeur ou réalité sordide ? Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Nanterre jeudi 25 juin après une vague de signalements concernant des annonces publiées sur Vinted, soupçonnées par les internautes de servir de couverture à un trafic d'enfants. Selon une enquête de 20 Minutes, publiée le même jour, l'Office mineurs (Ofmin) de la police judiciaire est désormais chargé des investigations. À ce stade toutefois, les premiers éléments recueillis n'ont pas permis de mettre en évidence l'existence d'un réseau de trafic d'enfants sur la plateforme.

L'affaire a pris une ampleur nationale après la publication, le 15 juin, d'une vidéo virale sur TikTok par l'influenceuse Djena, suivie par près de 370.000 abonnés. Affirmant que "personne ne parle du fait qu'il y a du trafic d'enfants sur Vinted", Djena présente plusieurs annonces d'objets vendus à des prix exorbitants, accompagnées d'indications de taille ou d'âge qu'elle interprète comme des "codes" utilisés par des trafiquants.

À la suite de cette publication, vue plus de 10 millions de fois au total sur TikTok et Instagram, de nombreux utilisateurs ont multiplié les signalements sur la plateforme gouvernementale Pharos. La Haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, a annoncé vendredi 19 juin sur X avoir saisi Pharos ainsi que l'Arcom "pour que toute la lumière soit faite sur les annonces suspectes sur Vinted". "Quand des annonces en ligne peuvent servir de couverture à des trafics visant des enfants, il n'y a pas une seconde à perdre", a-t-elle déclaré dans un communiqué, saluant également "la vigilance des internautes".

Une enquête troublante

Pour tenter de vérifier ces soupçons, 20 Minutes a mené sa propre enquête en contactant plusieurs vendeurs à l'origine d'annonces jugées suspectes. La plupart ont expliqué avoir commis une erreur sur le prix affiché ou ont indiqué que les informations relatives à l'âge correspondaient simplement à la tranche d'âge à laquelle le jouet était destiné.

De son côté, Vinted a avancé les mêmes explications auprès de France Inter. Le site de revente a ainsi affirmé que l'âge mentionné dans ces annonces "fait référence à la tranche d'âge à laquelle le jouet est destiné" et que les prix très élevés "reflètent soit une véritable valeur de collection, soit des provocations, soit des tactiques de négociation". La plateforme a de plus assuré que son enquête interne n'avait trouvé "aucun élément permettant de les relier à des activités de trafic d'enfants" et a déploré une augmentation des insultes et du harcèlement visant certains vendeurs depuis la diffusion de la vidéo, que l'entreprise a qualifiée de fondée sur des "fausses informations et théories infondées".

L'enquête de 20 Minutes a toutefois mis au jour un cas particulièrement inquiétant. Les journalistes sont entrés en contact avec le vendeur d'une télécommande de climatisation affichée à 20.000 euros. Après plusieurs échanges sur Vinted, sans jamais employer le mot "enfant", leur interlocuteur les a invités à poursuivre la conversation sur une messagerie chiffrée. C'est alors qu'il leur aurait proposé d'acheter une fillette de 7 ans pour 12.000 euros, photo à l'appui, avant d'évoquer d'autres enfants qu'il conserverait dans son "entrepôt". Les journalistes ont néanmoins relevé plusieurs incohérences. En effet, la photographie d'un second enfant proposé s'est révélée être une ancienne image vraisemblablement volée sur Internet. Si ces éléments ne permettent pas d'établir l'existence d'un trafic, ils ont conduit 20 Minutes à effectuer un signalement immédiat aux autorités, laissant ouverte l'hypothèse d'une escroquerie particulièrement sordide.

Si les experts estiment que l'hypothèse d'un réseau mondial organisé apparaît infondée, l'enquête judiciaire ouverte permettra désormais de déterminer si certaines annonces relèvent d'escroqueries isolées ou d'infractions plus graves. À ce stade, les investigations se poursuivent.